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Mais la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) semble avoir remis le pied sur l’accélérateur dans cette affaire, en procédant, courant janvier, à de nouvelles gardes à vue et auditions de proches de la mise en cause.
Soupçons d’espionnage économique
Pour rappel, Anna Novikova, 40 ans, est mise en examen pour intelligence avec une puissance étrangère, exercice d’activité pour s’informer sur les intérêts de la Nation pour une puissance étrangère, association de malfaiteurs et complicité de dégradation de bien classé ou inscrit en réunion pour servir les intérêts d’une puissance étrangère.
Cette dernière infraction fait suite à la découverte d’affiches prorusses sur l’Arc de triomphe, en septembre 2025. Un Russe de 40 ans, Vyacheslav Prudchenko, est reconnu par vidéosurveillance en train de coller ces tracts. L’homme en aurait ensuite rendu compte au téléphone à l’association SOS Donbass dont il est membre, et à sa fondatrice. Le troisième suspect écroué est d’ailleurs le président actuel de l’association, Vincent Perfetti, un Corse âgé de 63 ans.
Dans ce dossier à tiroirs, il se trouve que la DGSI avait déjà dans le collimateur, « au moins depuis le début de l’année » 2025, l’association fondée après le début de la guerre en Ukraine. Le contre-espionnage avait détecté « des agissements susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation » et sa fondatrice était soupçonnée d’avoir approché des cadres d’entreprises françaises pour obtenir des renseignements économiques.
« Elle clame son innocence »
« Elle clame son innocence et je ferai tout pour la prouver », réagit Me Philippe De Veulle, l’avocat parisien d’Anna Novikova, que nous avons pu joindre ce lundi. « Tant qu’elle n’a pas été jugée, elle est présumée innocente, rappelle l’avocat. C’est un dossier que j’estime éminemment politique et moi je dis qu’elle n’est pas une espionne ! Ce dossier, c’est le Canada dry de l’espionnage : ça en a la couleur mais certainement pas la saveur. Je trouve tout ça disproportionné. Elle est inconnue de la justice. »
Il confirme à demi-mot les récentes gardes à vue, et autres auditions, par les services de la DGSI, dans l’entourage d’Anna Novikova. Celle de son mari et père de leurs deux enfants, mais également celle d’une amie « franco-russe». Dans le même temps, toujours selon nos informations, un cadre de l’entreprise Safran à Bidos, en lien avec cette « amie russe », aurait été interpellé à Paris alors qu’il se rendait au siège de la société de métallurgie Aubert & Duval.
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Contacté, le mari n’a souhaité faire « aucun commentaire ». Me De Veulle pointe pour sa part « un durcissement » voire « un coup de pression » alors que le dossier d’instruction aurait déjà atteint les 3 000 pages. Ces gardes à vue n’ont visiblement pas donné lieu à de nouvelles mises en examen.
La défense d’Anna Novikova affirme travailler à une prochaine demande de remise en liberté qui sera adressée, « une fois toutes les pièces réunies », au juge d’instruction en charge de l’affaire. Notons par ailleurs que le procureur de Pau, Rodolphe Jarry, nous confirmait récemment le classement sans suite de l’enquête ouverte sur des soupçons d’escroquerie visant l’association SOS Donbass, en mars dernier, “pour infraction insuffisamment caractérisée”.