Initialement prévu dimanche, le second cycle des négociations directes entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis aux Émirats arabes unis a été repoussé au 4 et 5 février. Le porte-parole présidentiel, Dmitri Peskov a confirmé, ce lundi, leur tenue à Abou Dhabi afin de parvenir à un accord pour mettre un terme à la guerre en Ukraine. Le même jour aura lieu la fin du traité de désarmement nucléaire russo-états-unien New Start.

Ce report a été souhaité par la nécessité d’harmoniser les agendas de travail des trois parties a indiqué le Kremlin. A Miami, l’émissaire russe Kirill Dmitriev a tenu de nouvelles négociations, samedi, sur l’aspect économique notamment avec l’émissaire américain Steve Witkoff, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, et le conseiller de la Maison Blanche Josh Gruenbaum. Les deux parties ont salué des discussions « constructives ». Rien n’a filtré.

Un mois intense sur le plan diplomatique

Sur le terrain, les bombardements russes se poursuivent. Les régions de Tcherkassy, Zaporijjia, Kharkiv ont essuyé des nouvelles attaques de drones sur diverses infrastructures. Dans celle de Dnipropetrovsk, un bus qui transportait les employés d’une mine a été touché, faisant une quinzaine de morts. De son côté, la région frontalière russe de Belgorod a également été touchée par une frappe de drone ukrainienne qui a tué deux civils. 

Selon une analyse AFP des données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), qui collabore avec le Critical Threats Project, deux centres de réflexion américains, les troupes russes ont accéléré leurs avancées en Ukraine au cours du mois de janvier. La Russie a conquis 481 kilomètres carrés en janvier, contre 244 kilomètres carrés en décembre 2025, ce qui représente l’une des plus importantes progressions enregistrées lors d’un mois d’hiver depuis le début de l’invasion russe en 2022.

Avant la rencontre à Abu Dhabi, le président ukrainien a affirmé que  « l’Ukraine est prête pour une discussion de fond, et nous souhaitons que le résultat nous rapproche d’une fin réelle et digne de la guerre ». Volodymyr Zelensky a annoncé s’attendre à un mois intense sur le plan diplomatique, l’équipe américaine travaillant activement à réduire le nombre d’attaques.

Dans le quotidien The Independent, le gouverneur de la région du sud de l’Ukraine, Mykolaïv réputé proche du président a appelé à un accord de paix qui donne la priorité aux personnes plutôt qu’aux territoires. Les négociations butent en particulier sur cette question. Quatre ans après l’invasion russe, Moscou exige notamment que les forces ukrainiennes se retirent du Donbass et de ses deux régions de Donetsk et Lougansk.

Pour Volodymyr Zelensky, les pourparlers sur les territoires ne sauraient être réglés sans une rencontre directe avec Vladimir Poutine. Le président russe a répété y être favorable, une fois le cadre de l’accord prêt à être adopté.

Incongruité de l’agenda, le jeudi 5 février marquera la fin du dernier pacte de contrôle des armes nucléaires entre les États-Unis et la Russie, New Start. L’administration Trump qui n’a pas souhaité le renouveler met un terme à un demi-siècle de collaboration entre les deux plus grandes puissances nucléaires mondiales.

Avant de partir, une dernière chose…

Contrairement à 90% des médias français aujourd’hui, l’Humanité ne dépend ni de grands groupes ni de milliardaires. Cela signifie que :

  • nous vous apportons des informations impartiales, sans compromis. Mais aussi que
  • nous n’avons pas les moyens financiers dont bénéficient les autres médias.

L’information indépendante et de qualité a un coût. Payez-le.
Je veux en savoir plus