Se reconvertir, c’est toujours possible ? C’est un grand oui, en tout cas pour Élisa Brun. Elle qui a un bac + 8 et a passé une partie de sa vie en tant que docteure en Géosciences spécialisée en matériaux est désormais… architecte et décoratrice d’intérieur ! « Suite à un licenciement économique, j’ai fait une reconversion professionnelle à 36 ans », raconte-t-elle depuis son agence DéliDéco qu’elle gère à Poitiers, dans la Vienne. « Je voulais être mon propre patron, alors j’ai repris une formation d’architecte décorateur d’intérieur, à distance, avec l’école d’arts appliqués EDAA, de Reims (Marne). On a trois ans pour la faire, mais je l’ai effectuée en dix-huit mois. On a des documents à lire, des projets à travailler, puis on est notés : en dessous de 14 sur 20, on doit recommencer. Il n’y a pas vraiment de diplôme en tant que tel à la sortie, mais une certification validée et notée. »
Une nouvelle vie toute trouvée pour Élisa Brun qui, depuis très longtemps, adore peindre et dessiner. « Et puis dans ce métier, il faut être créatif et cartésien, donner une âme à un lieu, l’optimiser. » D’ailleurs, concrètement, comment pourrait-on résumer cette profession ? « Décoration et architecture d’intérieur sont deux aspects complémentaires. La déco, c’est ce qui va apporter une touche personnelle à l’intérieur : tissus, couleurs, revêtements, matières, lumière… Et l’archi, c’est l’aménagement des espaces et de ses différentes fonctions. »
Au quotidien, Élisa Brun, désormais autoentrepreneuse, peut travailler aussi bien avec des particuliers pour leur maison que des professionnels : « Là par exemple, je vais repenser la salle d’attente d’une société, un open space dans une entreprise, ou encore son espace repas-détente. »
Mais dans les deux cas, les compétences et qualités requises sont les mêmes. « Dans ce métier, il faut être à l’écoute, c’est important pour son client, primordial même. On pourra cibler au mieux. Il faut aussi connaître la vision dans l’espace – les plans en 2D, 3D – savoir se projeter dans un intérieur. Il est nécessaire d’être organisé et rigoureux. Ici, pas de place à la procrastination ! »
Des hauts et des bas ?
Dans ce métier, on peut alterner les journées très remplies et les périodes un peu plus creuses. « C’est un métier créativement très très inspirant. Mais c’est un peu aléatoire au niveau financier », souligne Elisa Brun, architecte et décoratrice d’intérieur qui est en autoentreprise. « Ma vitrine, ce sont les réseaux sociaux, mon site, les photos, travailler au bon référencement sur Internet pour être sur la première page… Il y a de la concurrence, donc il faut se démarquer. Malgré tout, il y aura quand même des mois un peu plus creux (juillet août, quand tout le monde est en vacances, ou durant Noël). Et cela fonctionne quand même mieux dans les grandes villes. Se dégager un salaire n’est pas évident au début. Mais il faut rester optimiste. »