Invité du candidat LFI Bruno Gagne jeudi 29 janvier, le maire de Grabels, vice-président délégué à l’eau à Montpellier Méditerranée Métropole, a donné des pistes pour placer l’eau au cœur du débat citoyen.

Le maire LFI de Grabels René Revol était en terrain conquis, ce jeudi 29 janvier en début de soirée, à la permanence du candidat lunellois Union populaire Bruno Gagne. Mais l’artisan du passage en régie publique de l’eau potable puis de l’assainissement à la Métropole de Montpellier a déroulé un exposé brillant et convaincant qui a sans doute éclairé ceux qui, parmi la cinquantaine de personnes présentes, n’avaient pas encore totalement saisi « les avantages d’une gestion publique de l’eau. »
René Revol en a détaillé trois : avantage social, écologique et économique. « Contrairement aux multinationales privées, nous n’avons pas pour objectif de vendre davantage d’eau. Au contraire. Ce qui domine dans une régie, c’est la préservation de la ressource et la qualité de l’eau. Garantir l’accès à l’eau pour tous est une priorité. On a ainsi rétabli 40 fontaines publiques, on a aussi généralisé les compteurs individuels pour que chacun maîtrise sa consommation et on a approuvé une nouvelle tarification progressive. Les 15 premiers m3 sont gratuits puis c’est moins d’1 € jusqu’à 120 m3, un peu plus jusqu’à 240 m3 et au-delà, on frappe. »

Des résultats sur la consommation et le rendement du réseau

Le résultat est sans appel : la consommation d’eau a baissé de 3,5 % dans la Métropole alors que Montpellier gagne 6 000 habitants par an. René Revol a aussi insisté sur l’efficacité économique de la régie. « Sur 100 € de recettes, j’en ai 55 pour payer les salaires, les factures, les petites réparations et les 45 restants sont totalement investis. » Sur ce point aussi, la conclusion de René Revol est sans appel : « Quand nous avons basculé en régie, 21 litres d’eau sur 100disparaissaient du réseau aujourd’hui on a réduit à 13 litres. »
L’élu a également donné quelques éléments de langage à son auditoire concernant les reproches qui pourraient être faits au projet de passage en régie publique. « On va vous dire qu’on va mettre des fonctionnaires qui n’y comprennent rien. Or il s’agit d’un établissement ou la gouvernance est 100 % publique mais où tous les métiers, du prélèvement de la ressource à la facturation à l’usager, relèvent du droit privé », a lancé l’élu.Et avant toute chose, René Revol a insisté : « La priorité c’est d’abord de mobiliser les citoyens sur cet enjeu transversal qui touche toutes les activités humaines. »