l’essentiel
Une carte d’identité volée, celle d’une victime de l’attentat de Nice, a été utilisée pour frauder le RER D, indique « Le Parisien ». Le jeune fraudeur, interpellé, sera jugé en mars. La famille de la victime est consternée.
C’est lors d’un banal contrôle d’identité dans le RER-D, à Corbeil-Essonnes, que la supercherie a été découverte. Mercredi 21 janvier dernier, un jeune homme sans titre de transport a tenté de se justifier en présentant une carte d’identité qui ne lui appartenait pas. Pire : c’était celle de Ludovic Rodier, un adolescent tué lors de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, comme le rapporte Le Parisien.
Les agents ont rapidement repéré l’anomalie : la pièce d’identité, numérisée sur téléphone, était connue des forces de l’ordre, qui avaient constaté ces dernières semaines que ce même document circulait déjà dans différents secteurs pour tenter de frauder les transports en commun.
Ludovic Rodier, âgé de 15 ans au moment de l’attentat, figure avec sa sœur aînée parmi les victimes mortellement fauchées sur la Promenade des Anglais, un drame qui avait causé la mort de 86 personnes et fait plusieurs centaines de blessés.
L’image de la carte d’identité circule sur Internet
Sa famille, qui avait diffusé un appel à témoins avec la photo de sa carte d’identité lors des recherches après l’attaque, a appris la nouvelle avec consternation. C’est cette photo, justement, qui a été reprise et qui circule en masse.
Pour le cousin de la victime, alerté par les autorités de ces usurpations d’identité en série, ce détour macabre est un coup de massue supplémentaire : « Ça nous replonge dans ce cauchemar, c’est une deuxième douleur », confie-t-il en évoquant le ressenti des proches face à cet usage irrespectueux de la mémoire de Ludovic.
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Interpellé par la police d’Évry-Courcouronnes, le jeune fraudeur a admis avoir téléchargé l’image de la carte sur internet sur les conseils d’un ami. Il doit être présenté en mars prochain devant le tribunal, dans le cadre d’une procédure simplifiée.
Les victimes de l’attentat de Nice ont-elles été dépouillées au moment de l’attaque ?
En octobre 2022, au procès de l’attentat de Nice, un survivant d’une famille décimée avait raconté que des badauds avaient pris des photos plutôt que de porter secours aux blessés et des « enculés » avaient dépouillé les victimes. « Il y en avait un sur ma mère… L’horreur de l’humanité », avait confié cet homme qui avait perdu six membres de sa famille le soir de l’attentat.
Par ailleurs, un homme de 39 ans avait été condamné quelques jours après le drame à dix mois d’emprisonnement pour avoir voulu revendre, notamment sur leboncoin, des objets ramassés sur la promenade des Anglais. Lors de la perquisition à son domicile, les enquêteurs avaient découvert de nombreux objets à l’origine douteuse : bracelet, bague, lunettes, drapeaux…