« Le service public, c’est un choix et un engagement personnel », explique fermement Léa Salamé face au président, Jérémie Patrier-Leitus (député Horizons), et son rapporteur, Charles Alloncle (député UDR, parti allié du RN).

La commission d’enquête a repris ses travaux, la semaine dernière, après trois semaines d’interruption, suite, notamment, à une accusation d’en faire un « tribunal du service public ». Lundi, si les tensions persistent, elles restent essentiellement entre le président de la commission et son rapporteur. Léa Salamé défend sa vision du service public et son professionnalisme : « J’ai fait plus de 5 000 entretiens » lors de ces dix dernières années passées à la matinale de France Inter, puis aux manettes du journal de France 2. Elle défend aussi sa vie privée, avec l’homme politique Raphaël Glucksmann : « S’il est candidat, je sors de l’antenne immédiatement », précisant s’être déjà mise de côté à deux reprises. « Mais entre chaque élection, j’ai pu continuer mon travail en toute impartialité ».

« Nous produisons six heures d’info par jour ! »

Quand Alloncle lui reproche d’avoir invité Xavier Bertrand plutôt que Philippe de Villiers sur « Quelle époque ! », elle répond : « Il ne m’a jamais répondu. Nous avons reçu Jordan Bardella, Marion Maréchal… Nous sommes ouverts à tous. » Elle souligne la progression de France 2 : « Le JT est en hausse, l’écart s’est resserré avec TF1 et notre journal est différent, plus approfondi ». Elle cite le record de l’interview de Sébastien Lecornu (sept millions de téléspectateurs). Pendant près de trois heures, elle rejette toute collusion politique : « J’évite les déjeuners et les cafés ».

Laurent Delahousse, lui aussi, revendique la « distance » qu’impose sa fonction « tutélaire ». Très calme, il nie tout conflit d’intérêts entre son métier de journaliste et ses sociétés de production, Magneto Presse, placée en liquidation judiciaire au printemps 2024, puis Native Production, lancée après la fin de la précédente. Questionné sur le budget de l’information, deux fois plus important que celui de TF1, le journaliste répond du tac au tac : « Nous produisons six heures d’info par jour, deux à trois fois plus qu’eux ».

Le scoop de cette journée vient peut-être de son avenir. Après 18 ans d’antenne, il ne restera pas à ce poste, passionnant mais très exposé, toute sa vie. « Je n’envisage aucune carrière de dictateur du JT », conclut-il en souriant.