En 2024, Paris intra-muros comptait 2,1 millions d’habitants. Il y a 100 ans, après la saignée de la Grande Guerre et de la grippe espagnole, la capitale accueillait 40 % d’habitants en plus ! C’est en effet en 1921 qu’elle atteint un record jamais dépassé avec 2,89 millions de Parisiens. En se penchant sur trois recensements pionniers de l’entre-deux-guerres, en 1926, 1931 et 1936, le musée Carnavalet dresse le portrait-robot d’une population bigarrée, où le chanteur de rue côtoie le mécanicien, où les menuisiers (18 652) sont plus nombreux que les boulangers (15 188), mais où les couturières sont les championnes toutes catégories (52 984 !) devant une profession montante, les sténodactylos (22 941). Alors que l’emploi féminin est en pleine croissance, que l’on prend goût au confort moderne (les programmes d’habitations à bon marché) et que l’on s’encanaille au bal Tabarin ou à Magic City, les prémices du second conflit mondial sont posées : arrivée massive de réfugiés d’Europe centrale et d’Espagne, qui commencent à être fichés en 1924 par la préfecture… Mais Paris reste un creuset unique : Kertész est hongrois, le coiffeur Antoine polonais, Joséphine Baker américaine, Paolo Fratellini italien. Il faut tout un monde pour faire Paris !
« Les gens de Paris, 1926-1936 » au musée Carnavalet, jusqu’au 8 février.
carnavalet.paris.fr

Brassaï, « Gyula Halász, dit Brassaï, Kiki et ses amies Thérèse Treize de Caro et Lily », 1932.
© Succession Brassaï / Philippe Ribeyrolles.