Ce samedi 31 janvier 2026, peu avant 11 h, près de 200 personnes se sont réunies devant la préfecture de Rennes à l’appel du syndicat Alliance Police nationale. Policiers venus de toute la Bretagne, mais aussi plusieurs civils, ont répondu présent pour dénoncer un manque de moyens jugé de plus en plus criant face à l’évolution de la délinquance.
« Ce rassemblement n’est pas une grève ni une manifestation revendicative classique. L’objectif est surtout d’interpeller la population sur nos conditions de travail », explique Anthony Grelet, secrétaire départemental adjoint d’Alliance Police nationale en Ille-et-Vilaine. Selon lui, les policiers souhaitent avant tout faire passer un message d’alerte, dans un mouvement d’ampleur nationale, organisé simultanément dans 24 villes en France.
Rennes, chef-lieu de la Bretagne, avait vocation à rassembler des fonctionnaires de police de l’ensemble de la région. « Il était important de se retrouver nombreux, visibles, et unis », confie un policier venu de Lorient.
Près de 200 policiers bretons et sympathisants se sont réunis devant la préfecture de Rennes ce samedi 31 janvier à 11 h. (Le Télégramme/Alexis Kergus)
Départs à la retraite et inquiétudes sur les effectifs
Parmi les sujets d’inquiétude, la question des effectifs revient avec insistance. Frédéric Gallet, secrétaire départemental du syndicat Alliance 35, alerte sur l’avenir proche : « En 2026, une cinquantaine de départs à la retraite sont prévus dans le département d’Ille-et-Vilaine, sans garantie qu’ils soient remplacés ». Une situation qu’il dit tenter de signaler régulièrement aux autorités, malgré une instabilité préfectorale qui complique le dialogue.
À midi, une délégation a été reçue par le préfet d’Ille-et-Vilaine, Frank Robine, pour un temps d’échange. « Il a pris note de nos constats et indiqué les partager », rapporte Frédéric Gallet, tout en précisant qu’aucune réponse concrète n’a été apportée. Les remontées doivent désormais être transmises au niveau national.
Le rassemblement a également attiré des soutiens civils. Jean-Luc, venu spontanément, estime que « tout se dégrade » et que « les policiers ne sont plus reconnus comme les protecteurs de la nation ».
Un rassemblement d’extrême gauche à quelque pas
En parallèle, un kilomètre à côté, une contre-manifestation réunissant des militants d’extrême gauche et des Antifa s’est tenue place Sainte-Anne. Une interpellation a eu lieu et plusieurs plaintes ont été déposées, notamment après des dégradations sur le stand d’un libraire présent sur le marché.
Une petite centaine de manifestants d’extrême gauche se sont rassemblés à 11 h place Sainte-Anne, en parallèle du mouvement Alliance Police. (Le Télégramme/Alexis Kergus)
Les manifestants ont déambulé autour de la place Sainte-Anne et du marché place des Lices pour se faire entendre avec des chants contre la police et l’état. « À Rennes, ce type de contre-mobilisation n’est pas surprenant », commente Frédéric Gallet. « Certains n’aiment pas la police, mais ils en auront besoin un jour comme tout le monde », conclut-il.