Washington et La Havane ne voient pas la gestion de leur bras de fer de la même manière. Cuba et les Etats-Unis ont des « échanges » diplomatiques, mais il n’y a pas d’espace de « dialogue » formel, a ainsi tenu à faire savoir lundi le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio. Selon lui, « il n’existe pas de dialogue à proprement parler en ce moment, mais il y a bien eu des échanges de messages ».
Donald Trump avait pourtant assuré dimanche que les Etats-Unis avaient engagé un dialogue avec le gouvernement cubain et avait dit entrevoir « un accord » avec l’île communiste. « Nous sommes en train de négocier avec les dirigeants cubains en ce moment », a-t-il insisté à nouveau lundi lors d’un échange avec la presse dans le Bureau ovale, sans donner plus de détails.
Déjà un démenti contre Trump en janvier
Surtout, ce n’est pas la première fois que les avis divergent. Le président américain avait déjà indiqué à la mi-janvier que des discussions étaient en cours entre les deux pays, ce qu’avait formellement démenti le président cubain, Miguel Diaz-Canel.
Le locataire de la Maison-Blanche a multiplié ces dernières semaines les menaces contre Cuba. Après avoir déjà tari les livraisons de pétrole vénézuélien à destination de l’île depuis la capture de Nicolas Maduro, il a signé la semaine dernière un décret stipulant que les Etats-Unis pourraient frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à La Havane.
Le Mexique sous la pression américaine
Lundi, Donald Trump a ainsi assuré que le Mexique, qui envoie du pétrole à l’île depuis 2023, allait cesser de lui en fournir. Cuba « est une nation ratée. Le Mexique va arrêter de leur envoyer du pétrole », a-t-il assuré. Dimanche, la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a par contre annoncé son intention d’envoyer de l’aide humanitaire sur l’île et a dit travailler à un moyen de continuer à lui envoyer du pétrole.
Pour justifier sa politique de pression, Washington invoque une « menace exceptionnelle » que ferait peser Cuba, île caribéenne située à seulement 150 km des côtes de la Floride, sur la sécurité nationale américaine. De son côté, La Havane accuse Donald Trump de vouloir « asphyxier » l’économie de l’île où les coupures électriques quotidiennes s’accentuent et les files d’attente devant les stations-service ne cessent de s’allonger.
Interrogé sur la probabilité d’une crise humanitaire à Cuba, sous embargo américain et déjà affaiblie par une sévère crise économique, Carlos Fernandez de Cossio a reconnu que les pressions de Washington vont « nous obliger à traverser une période très difficile » et « pour laquelle nous nous préparons, et pas seulement depuis aujourd’hui ».