Appels improbables, brûlure des fesses et des parties génitales, ou objets incongrus dans le rectum… Aux urgences de Toulouse, comme ailleurs, on ne compte plus les patients pris en charge pour des problèmes atypiques. Liste non-exhaustive.

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Après qu’un patient a été reçu à l’hôpital de Rangueil avec un obus de la Première Guerre Mondiale inséré dans le rectum, nous est venue l’idée de recenser les anecdotes improbables des urgences de Toulouse. « Des histoires invraisemblables, on en a plein », nous assure Vincent Bounes, patron du Samu 31.

Parmi ces récits, un coup de fil au Samu un peu particulier : « J’appelle pour un ami… », lance la personne à l’autre bout du fil. À la question de l’opérateur « Qu’est ce qu’il lui arrive ? », l’individu, un peu gêné, de rétorquer : « Comment, vous dire… Eh bien il a un œuf coincé dans l’anus ». L’histoire ne dit pas s’il était dur. « Vous n’avez pas idée de ce que certains peuvent se mettre dans le rectum », nous admet-on.

Les appels pour des objets coincés dans le rectum sont finalement plutôt courants.

Les appels pour des objets coincés dans le rectum sont finalement plutôt courants.

© THIERRY BORDAS / MAXPPP

« Il y a trois grandes catégories d’objets, précise Vincent Bounes. Les aliments, souvent des fruits ou légumes. Les sextoys qui, mal utilisés peuvent parfois rester coincés. Et enfin les objets du quotidien, de type canette, bouteille, ou flacon de laque. Dans ce dernier cas on est souvent obligé d’opérer, car il peut y avoir un risque d’explosion, dû à la pression du gaz dans le flacon. »

"On est là pour les soigner", rappelle Vincent Bounes, patron du SAMU 31.

« On est là pour les soigner », rappelle Vincent Bounes, patron du SAMU 31.

© MICHEL VIALA / MAXPPP

Dans la grande majorité des cas, les patients sont des hommes. « La plupart assume l’aspect intentionnel. Mais certains tardent à venir aux urgences, par peur, et se présentent au bout de plusieurs jours avec une occlusion intestinale. Pourtant nous on est pas là pour les juger, mais pour les soigner », rappelle le médecin. L’homme venu aux urgences du CHU de Toulouse avait, selon nos informations, l’obus dans le rectum depuis deux jours…

Mais au delà des objets divers et variés coincés dans des zones sensibles, les services des urgences ont aussi été confrontés à plusieurs blessures improbables, souvent liées à la bêtise humaine. « Je me souviens d’un homme d’une cinquantaine d’années qui voulait allumer un feu de broussailles en plein été. Mais ça ne prenait pas, alors il a lancé un bol d’alcool à brûler. Mais au dernier moment il s’est dit qu’il avait peut-être fait une connerie. Il s’est retourné pour plonger alors que le feu jaillissait. Il s’est retrouvé avec les fesses et l’arrière des testicules brûlées. Je n’avais jamais vu de brûlure à cet endroit précis, se souvient Vincent Bounes. C’est la première fois que je transportait un patient à plat-ventre. Il a fallut lui faire une greffe de peau. »

Les histoires insolites se transmettent dans le service. Comme la fois où une personne, témoin d’un arrêt cardiaque a attendu 2 heures avant d’appeler les secours, parce qu’elle n’avait « presque plus de forfait ». Ou ce mari prévenant, qui contacte le SAMU car sa femme enceinte a du mal à respirer. « Est-elle suivie pour des problèmes de santé ? » « -Je sais pas je ne la connais pas bien ». Aïe, pas si prévenant.

Mais les professionnels de santé eux aussi, font parfois des gaffes, comme ce médecin à qui on demande de se rendre à Carbonne pour constater le décès d’un individu. « Il ne peut pas se déplacer à mon cabinet ? », répond le médecin. « Ça ne va pas être possible docteur, il est décédé. »

Ou encore cet ambulancier pas très alerte sur la physiologie féminine : « La patiente a des diarrhées, vomissement, et elle est à jour de ses mensualités » « -Vous parlez des menstruations ? » répond le médecin. « -Oui c’est ça je connais rien à vos trucs de femme ! »