Le sport, c’est la santé. C’est une évidence. Et lorsque la santé fait défaut, il permet de garder un pied dans le monde des vivants. C’est ce que Fabienne, Josse, Clotilde, Christine et Nathalie ont pu vérifier. Elles ne se connaissaient pas il y a quelque mois encore. Compagnes d’infortune, réunies par les aléas de la vie, elles se sont retrouvées lors des cours de danse thérapie dispensés par Mélanie Paolettoni, danseuse et chorégraphe professionnelle. Des leçons nées elles aussi par un concours de circonstances. C’est l’une de ses élèves, Laetitia Padovani, devenue cheffe du service oncologie de l’hôpital de la Timone, convaincue que cette activité physique pourrait avoir des bienfaits sur ses patients, qui a fait germer ce projet.

« On a la vie qui revient »

Mélanie Paolettoni s’inscrit alors à l’Université de Poitiers qui dispense une formation « sport et cancer » pour être qualifiée pour donner des cours de danse adaptés aux pathologies des patientes. Et ça fonctionne. « Quand je suis arrivée à mon premier cours, j’étais très fatiguée, confie Josse, 62 ans. Et, très vite, on se rend compte que même si on est fatiguée, on a la vie qui est là, qui revient. Et puis, on est avec des personnes qui ont le même problème que nous, qui nous comprennent. Parce que même si notre entourage nous soutient, on ne peut vraiment comprendre ce que l’on traverse quand on le vit… En fait, on se rend compte que pendant les cours de danse, on se sent vivante. On rit beaucoup aussi, il y a des chorégraphies, on se trompe, mais on n’est plus malade. »

Ces cours sont proposés en petit comité pour un suivi personnalisé, à l’hôpital La Timone, à celui d’Aix-en-Provence ou encore à l’hôpital Saint-Joseph. Mais la demande est forte, les places limitées et, contexte électoral oblige, il est difficile d’obtenir des subventions.

Le soutien d’Éric Cantona

C’est pourquoi, toutes les cinq ont pris la décision de se retrousser les manches et de s’unir dans un collectif pour lancer une cagnotte en ligne afin de financer leurs cours. « Je n’avais jamais fait de sport avant d’être malade, pose Fabienne. Mon médecin m’a dit que c’était la meilleure réponse contre mes douleurs. On nous enjoint à faire du sport, mais il y a très peu de structures susceptibles de nous accueillir. On nous dit d’y aller comme si c’était naturel pour moi, comme si je savais vers qui me tourner. Comme si c’était une évidence… » Le mot est lâché et le collectif tient désormais son nom : « Des vies dansent ».

« On a choisi ce nom pour tous les jeux de mots qu’il représente, glisse Christine. On a Nathalie qui s’occupe des réseaux sociaux, Clotilde, Fabienne et Josse qui sont dans la diffusion de mails, les rencontres. Moi, j’aime l’encre noire et les pages blanches, alors je suis celle qui parle facilement. » « Pour nous, suivre ces cours, c’est vital, insiste Josse. Mais une fois que vous êtes en rémission, en fin de traitement où il n’y a plus de chimio, la maladie est toujours là, la fatigue est toujours là, mais elle ne se voit plus. » « Et, passé le délai d’un an, où on est pris en charge par de multiples institutions, de multiples hôpitaux ou des associations, il y a une vraie carence, soutient Christine pour expliquer cette mobilisation. Je suis une assidue, tant que je peux, je danse et quand je danse, je vis et pour les filles, c’est pareil. Je préfère mourir vivante, que guérir morte. »

Le collectif a chiffré à 10 000 € la somme nécessaire pour financer un an de cours. Au bout d’une semaine, 1 200 € ont été récoltés. « On essaie tant bien que mal de communiquer autour de nous, auprès de nos réseaux, mais ça reste quand même un peu limité », confient-elles. Ces derniers jours, le collectif a reçu grâce à une connaissance commune le soutien d’Éric Cantona. De quoi redonner un peu de baume au cœur pour continuer à aller de l’avant.

https://helloasso.com/associations/giovanni/collecte/faire-danser-la-vie-par-dela-la-maladie