Le réalisateur Sam Raimi est revenu sur les changements opérés dans Doctor Strange in the Multiverse of Madness, et il y en a un qui semble particulièrement dommage.

Seules les vieilles âmes blasées et lessivées par la vie disent que c’était mieux avant. Mais parfois, c’était mieux avant quand même. Par exemple : quand les mots « Sam Raimi » et « super-héros » rimaient avec la trilogie Spider-Man, chez Sony, plutôt que Doctor Strange 2 chez Marvel. La deuxième aventure du sorcier suprême est loin d’être le fond du panier MCU, mais il fallait s’accrocher pour retrouver la patte du réalisateur d’Evil Dead et Mort ou vif, au-delà de quelques plans débullés et zooms appuyés.

Entre les deux super-héros, Sam Raimi a réalisé l’un de ses meilleurs films (Jusqu’en enfer), et l’un de ses pires (Le Monde fantastique d’Oz). Et le voilà de retour avec Send Help, qui penche heureusement du bon côté puisque c’est encore une fois un cauchemar qu’il aborde avec une grosse dose de comédie réjouissante et ridicule.

Send Help donne d’ailleurs une nouvelle raison de pardonner les limites Doctor Strange in the Multiverse of Madness : c’est là que Sam Raimi a rencontré l’actrice Rachel McAdams, qu’il a réengagée pour son film d’après. Il est revenu sur son tour de force dans le film Marvel, lâchant au passage qu’un morceau conséquent de Doctor Strange 2 a été coupé.

Rachel McAdams dans Send Help

N’oublie jamais (que je peux te buter)RAIMI SANS FAMILLE

C’est chez The Playlist que Sam Raimi a chanté les louanges de Rachel McAdams, comme il se doit. Car c’est bien en la voyant travailler sur Doctor Strange 2 qu’il a remarqué à quel point elle était talentueuse et impliquée :

« J’ai découvert qui il était et ce dont elle est capable. […] Dans le multivers, elle ne jouait pas seulement le personnage qu’elle avait créé dans Doctor Strange, elle jouait aussi trois versions dans le multivers, qui avaient une histoire légèrement différente. Et je l’ai vue manifester le même personnage avec des changements subliminaux, qui étaient le résultat de ces légers changements dans son histoire. Et je me suis dit : elle est fascinante. »

Le cinéaste en remet une couche, ce qui est d’autant plus remarquable que l’actrice n’avait pas grand-chose à faire dans le blockbuster dédié à Stephen Strange et Scarlet Witch :

« Durant les reshoots qu’on fait sur un Marvel parfois, le scénariste Michael Waldron a créé un autre univers. Donc elle avait une autre histoire. Je l’ai vue intégrer les notes du scénario et recréer le personnage encore une fois, avec un réajustement précis fondé sur cette nouvelle histoire, et sur la manière dont il se refléterait dans l’époque contemporaine.

Et là, je me suis dit : bon sang, personne ne sait ce qu’elle est en train de faire à part moi, et c’est incroyablement riche et complexe. »

Rachel McAdams doctor  strange in the multiverse of madness

Le multivers des perruques

Et c’est là que Sam Raimi a lâché une intéressante petite info :

« Peut-être que je m’en rends compte uniquement parce que l’une de ses performances, et un de ces univers, ont finalement été coupés.« 

Et cet autre recoin du multivers impliquait une baston entre Christine et des démons :

« Pour ces reshoots, j’ai ajouté quelques combats un peu kitsch, comme j’adore faire. Donc sur le plateau, j’ai dû lui dire : “C’est là que les démons surgissent. Et ils te frappent en pleine mâchoire.” Et moi, je me dis qu’elle va penser : “Ça a l’air nul.” Je lui dis : “Ensuite, tu tombes en arrière sur cette chaise longue. Et là, un démon te saute dessus. Tu l’attrapes avec les jambes, comme sur un trapèze volant, juste un instant. Et tu le projettes au loin !” […]

Mais elle a écouté mes instructions un peu nazes, elle m’a regardé un instant, et elle a dit : “Tu veux que j’approche du canapé de quelle manière, et à quelle vitesse, une fois que le fantôme m’a frappée ?’ ». […]

C’était un peu nul. Mais son attitude, c’était : faisons en sorte que ce soit réaliste, et super. […] Quand je l’ai vue faire ça, je me suis dit : il faut que je retravaille avec cette actrice. »

doctor strange 2« Et là, tu fais comme si le scénario n’avait pas été réécrit ce matin »

Rachel McAdams a passé une tête dans les films Doctor Strange, mais son rôle chez Marvel est plus que limité. Mieux vaut donc se souvenir de son travail dans Désobéissance, la saison 2 de True Detective, Game Night ou encore Passion de Brian De Palma. Et si quelqu’un avait le moindre doute sur son talent, sa performance géniale dans Send Help, en salles le 11 février, devrait régler la question.