Le sélectionneur du XV de France a annoncé mardi matin le nom des 23 joueurs qui affronteront l’Irlande jeudi soir en ouverture du Tournoi. Avec des choix forts et l’envie de démarrer par un succès de prestige face aux Irlandais.

Fabien Galthié l’assure : « vous avez devant vous la meilleure équipe de France possible ». Le sélectionneur du XV de France a détaillé devant la presse ses choix à un peu plus de 48h du match d’ouverture du Tournoi. Il en convient, « tout ne sera pas parfait » face à l’Irlande mais Galthié attend beaucoup de ses joueurs. « Je ressens et j’attend cette flamme qu’on a réussi à allumer en 2020 et qu’on a réussi à entretenir. C’est cette flamme qui a permis à nos supporters de croire en cette équipe de France et qui nous a permis de gagner des matchs. » Le sélectionneur a passé en revue ses choix.

Jalibert titulaire à l’ouverture

« Ça fait dix jours qu’on travaille avec un objectif simple : performer collectivement. Ce sont les retour d’Antoine Dupont et Matthieu Jalibert. Ce sont deux gros potentiels qu’on est heureux d’associer. Ça fait sept ans qu’il fait partie des trois ouvreurs qui jouent régulièrement avec nous, il a une bonne expérience collective avec l’équipe de France. Il a vécu des très bons matchs, a vécu des réussites.

Ce que j’attend de la charnière, c’est ce que j’ai vu pendant dix jours : cette complicité, cette concentration, cette capacité à associer les forces autour d’eux notamment le travail des avants sur la ligne d’avantage, la manière dont on va sortir les ballons pour les jouer sur les extérieurs. Et puis défensivement, ces positions stratégiques qu’ils vont avoir autour des phases de combat, loin du ballon, loin du jeu pour essayer d’être les animateurs mais pas que. Ils font partie d’un groupe de 15 joueurs qui composent notre articulation défensive et offensive. Je ne mettrai pas un sujet spécifique sur la charnière. La charnière, c’est un sujet romantique en France, on adore en parler. Elle est souvent responsable de beaucoup de choses. ce que j’en attends, c’est qu’ils continuent à faire ce qu’ils font avec nous, qu’ils apportent leur énergie, leur talent et leur joie d’être parmi nous. Pas plus. »

Aldegheri préféré à Montagne au poste de pilier droit

« On a mis en place une compétition à droite. C’est Dorian qui sera titulaire, il dégage une maitrise du poste, une expérience. Il joue dans un club avec qui il performe, avec qui il joue des matchs très importants, il connait cette atmosphère, cette ambiance. Il va être accompagné de Régis qui se développe. Quand on l’a appelé la première fois, il jouait à Grenoble en ProD2. On compte sur Régis, on le suit. Son club de Clermont l’aide à grandir. C’est plus cohérent de terminer le match avec un 5 de devant différent pour continuer le travail collectif. »

Fabien Galthié a préféré Dorian Aldegheri plutôt que Régis Montagne pour débuter au poste de pilier droit face à l'Irlande.

Fabien Galthié a préféré Dorian Aldegheri plutôt que Régis Montagne pour débuter au poste de pilier droit face à l’Irlande.
Icon Sport – Sandra Ruhaut

Sur la pénurie de piliers gauches irlandais : « Ils ont des blessés bien sûr, Porter notamment et McCarthy. Mais deux piliers qu’ils alignent, on les connait car ils jouent dans les plus grandes provinces européennes. Je ne suis pas sur qu’on puisse les qualifier comme ça. Ils ont deux très bons piliers gauches, qu’on ne connait pas peut-être car ils ont moins de capes que les précédents. C’est une équipe qui est très organisée. »

La titularisation d’Attissogbe à l’aile

« Il a dix capes, il a commencé avec nous en argentine. J’avais dit qu’il y avait des pépites dans cette équipe. Théo en faisait partie. Malheureusement ou heureusement pour lui, il s’est blessé. Parfois les joueurs se régénèrent et arrivent avec beaucoup de fraîcheur. C’est son cas. En club ou lors de la tournée très difficile en Nouvelle-Zélande, il avait répondu à nos attentes. Il évoluait à un poste très exposé, sous pression, car on l’avait mis à l’arrière. Pour le moment, il répond à nos attentes. Mais ces jeunes joueurs qui rentrent dans l’équipe doivent avoir la possibilité de ne pas tout bien faire, il ne faut pas être trop exigeants avec eux. Ils sont très motivés et ambitieux, ils ont le droit aussi à des marges d’erreurs conséquentes. L’important est qu’on soit tous satisfaits à la fin. »

L’indiscipline des Bleus

« On a constaté qu’on est l’équipe la plus sanctionnée sur la ligne de hors-jeu. Je ne l’ai pas caché. Cela a été un axe de travail pour le staff, la partie rugby mais aussi la partie performance et préparation mentale. Tout le monde a œuvré autour de ça. Réponse jeudi mais on ne cherche pas du jour au lendemain des bons réflexes. J’imagine que tout ne sera pas parfait. Mais on verra si cela fonctionne, nous a donné une structure forte pour maintenir les irlandais hors de nos 22 mètres sur leurs possessions. Ça a demandé beaucoup d’engagement de la part des joueurs pour changer des éléments techniques sur les phases de plaquage, comment on aborde cette phase. Cela a demandé beaucoup d’engagement de la part des joueurs. Changer des réflexes acquis n’est pas évident mais ils ont vraiment répondu présent. »

Le choix du banc en 6-2

« On a choisi un banc en 6-2 avec un cinq de devant très identifié et complémentaire. Il y a des joueurs en développement comme Rodrigue Neti que l’ont a sélectionné pour la première fois il y a 6 ans et qui a pris une belle dimension avec Toulouse. Un équilibre entre la force, la puissance et la jeunesse. Il y a beaucoup plus de jeunesse que d’expérience. Cela fait écho à la flamme que l’on avait réussi à allumer en 2020.

On a des joueurs polyvalents derrière, Kalvin Gourgues couvre tous les postes à partir du 10. Lenni Nouchy peut couvrir tous les postes de la 3e ligne. Charles Ollivon peut glisser en 3e ligne, Oscar Jegou peut glisser au centre, Thomas Ramos peut passer en 10, Matthieu Jalibert et Théo Attissogbé peuvent passer à l’arrière. On a des options qu’on a identifiées. On sait très bien que dans ce type de matchs il peut y avoir des blessures donc on doit être en capacité de réagir. C’était le cas du match en Irlande l’an dernier. Ce scénario avait permis de tester notre feuille de match avec un banc en 7-1 qui avait formidablement répondu à nos attentes. On avait été très satisfait du travail fait en amont, j’espère que jeudi ce sera la même chose. »