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Rédaction Paris

Publié le

3 févr. 2026 à 12h32

Il n’échappera pas à son procès. La cour d’appel de Paris a confirmé le renvoi devant une cour criminelle de Brice C., policier accusé d’avoir éborgné Jérôme Rodrigues, figure du mouvement des « gilets jaunes », lors d’une manifestation en 2019 à Paris, a indiqué une source judiciaire lundi 2 février 2026.

« Nous aurons bien une cour criminelle »

« Il résulte des pièces et de l’instruction » des « charges suffisantes » contre le suspect d’avoir « volontairement commis des violences » avec « une grenade de désencerclement » sur Jérôme Rodrigues, provoquant « la perte définitive de l’usage de son œil droit », a précisé la source judiciaire, confirmant une information de BFM.

Ces faits sont notamment aggravés par la profession de Brice C., dépositaire de l’autorité publique : « un gardien de la paix participant à une opération de maintien de l’ordre sur la voie publique », a souligné la même source judiciaire.

« Nous aurons bien une cour criminelle. Cela a pris du temps. Un temps terrible pour Jérôme Rodrigues, pour les gilets jaunes, pour toutes les victimes de violences policières », a réagi auprès de l’AFP l’avocat de Jérôme Rodrigues, Me Arié Alimi.

« Mais nous y sommes arrivés. Malgré l’institution policière, malgré toutes celles et ceux qui n’y croient pas ou n’en veulent pas, malgré les récupérations politiques et électoralistes qui font tant de mal aux victimes à force d’espoirs déçus », a-t-il insisté.

La décision de la chambre de l’instruction est « d’une injustice assez inouïe au regard des preuves factuelles que nous avions apportées de l’innocence de mon client », a réagi lundi son avocat. Le policier, « exemplaire », est « abattu mais nullement battu », a poursuivi Me Gilles-William Goldnadel, avançant que la cour criminelle, elle, « regardera » ces « preuves factuelles ».

La légitime défense écartée

Pour rappel, le 26 janvier 2019, Brice C., membre d’une compagnie d’intervention (CSI), agissait dans le cadre d’une manifestation tendue des « gilets jaunes », place de la Bastille. C’est dans ce contexte que Jérôme Rodrigues avait été blessé à l’œil.

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À l’issue de leur enquête, les juges d’instruction ont écarté la légitime défense, concluant que « le groupe au sein duquel évoluait Jérôme Rodrigues n’était pas violent » d’après leur ordonnance dont l’AFP avait eu connaissance. Mais la défense du policier avait fait appel, invoquant une « riposte » du policier « à des jets de projectiles que son groupe et lui recevaient ».

Ce procès criminel sera parmi les premiers concernant les violences commises par des policiers lors des manifestations des « gilets jaunes » qui ont débuté à l’automne 2018. Vingt-trois éborgnés avaient été recensés par l’AFP lors du mouvement des « gilets jaunes » à l’hiver 2018-2019.

Avec AFP.

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