Grand gagnant de l’été mais forfait cet automne, le Palois a su convaincre dès qu’il a eu une chance. Il est cette fois monté dans la hiérarchie.
Fabien Galthié l’avait promis : la dernière tournée estivale en Nouvelle-Zélande, même si elle a été effectuée avec un groupe largement remanié en raison de l’absence de la grande majorité des cadres, compterait dans l’esprit du staff. Il l’a prouvé à l’automne avec Régis Montagne ou Mickaël Guillard, deux des principales satisfactions de l’été, qui étaient titulaires pour débuter l’épisode de novembre. Une période durant laquelle Théo Attissogbe – troisième grand gagnant de la virée chez les Kiwis – était forfait, touché à un genou. Mais le sélectionneur a de la mémoire, et n’a pas manqué de le rappeler récemment dans L’Equipe : « Théo Attissogbe a fait une tournée extraordinaire dans un contexte très difficile en Nouvelle-Zélande. Il a été ensuite freiné par une blessure. Le peu de fois où on lui a donné la main, il n’y a rien eu à jeter. Il mérite. » Effectivement, depuis ses deux premières sélections en Argentine en juillet 2024 (durant lesquelles il avait inscrit deux essais), le Palois a convaincu dès lors qu’il a eu sa chance. C’est arrivé lors du mois de novembre suivant, quand il avait remplacé Damian Penaud au pied levé contre le Japon. Puis pour l’entame du Tournoi des 6 Nations 2025, contre le Pays de Galles, encore afin de compenser l’absence du Bordelais. Il s’était offert un doublé… Et sa carrière avait réellement basculé en Italie trois semaines plus tard, quand il avait carrément été préféré à Penaud. Un avant-goût de ce qu’il se passe actuellement, l’encadrement considérant qu’Attissogbe apporte à l’instant T plus de garanties que son concurrent. Voilà pourquoi il est aujourd’hui bien plus qu’une solution de recours et qu’il va démarrer contre l’Irlande.
« Grimper les marches »
En ce sens, son statut a véritablement changé en Nouvelle-Zélande, là où il avait un des deux seuls joueurs à être titulaires lors des trois test-matchs. Deux fois à l’aile, une fois à l’arrière, poste auquel il a répondu aux attentes et montré son assurance sous les ballons hauts. la fin de la tournée, il avait accepté de dresser le bilan dans ces colonnes : « J’ai pu évoluer aux deux postes. En comptant le match de l’Angleterre (en préparation, NDLR), j’ai démarré deux matchs à l’arrière et deux matchs à l’aile. Dans mon parcours personnel, c’est quelque chose de bien. J’aime cultiver cette polyvalence, c’est important pour moi, et j’étais content d’être exposé dans ces deux rôles. La confiance accordée me fait plaisir. C’était ma deuxième saison dans le monde professionnel. On m’en avait beaucoup parlé, en me disant que c’était celle de la confirmation. Donc, je suis content de l’avoir réussie. Je suis juste sur mon chemin et j’ai envie de continuer à grimper les marches. Je suis très motivé et je veux croquer tout ce que je peux. […] J’espère que je ressortirai grandi de cette tournée. » Désormais, ce n’est plus un espoir mais une certitude.