Plus d’un demi-siècle de carrière, c’est bien là la signature
des grandes stars. Véritable icône de l’élégance à la française,
Julien Clerc n’a jamais cessé d »impressionner son public. Au fil
des années, il a tissé un répertoire qui appartient désormais au
patrimoine national. Une aventure exceptionnelle dans le monde de
la musique qui a commencé dans les années 60 avec La
Cavalerie. Grâce à ce titre, il devient instantanément le
porte-voix d’une jeunesse en quête d’émancipation. Par la suite, il
a enchaîné les succès des titres comme Ma préférence,
Ce n’est rien, Cœur du rocker, La Fille aux bas nylon ou
encore Melissa. Mais en plus de marquer les esprits avec
des tubes intemporels, Julien Clerc a également fait des
collaborations prestigieuses. À l’image de celle avec Françoise
Hardy.

Une connexion rare

Au fil des décennies, Julien Clerc et Françoise Hardy ont
collaboré à de nombreuses reprises. Artistes de la même génération,
ils partageaient une connexion rare. Une entente
qui a permis à ces derniers de mettre sur pied des titres comme
Mon ange et Fais-moi une place, qui avait
d’ailleurs remporté le prix de la Chanson de l’année aux Victoires
de la musique 1991. Avec le temps, les deux chanteurs ont créé une
certaine proximité.

Une amitié, tissée de respect mutuel et d’une pudeur
partagée
. Donnant ainsi naissance à des moments de grâce
absolue. C’était donc avec une immense tristesse que Julien Clerc a
appris le décès de Françoise Hardy le 11 juin 2024 à l’âge de 80
ans.
La chanteuse est morte des suites d’un cancer du pharynx
, comme
l’avait confié son fils Thomas Dutronc.

Julien Clerc sans détour sur les derniers instants de Françoise
Hardy

Lorsque l’occasion se présente, Julien Clerc ne manque pas de
faire des confidences sur Françoise Hardy. Comme c’était le cas
lors d’un entretien avec Paris Match. Dans les colonnes de nos
confrères,
le chanteur qui s’est confié sur son ex-compagne
était revenu
sur un épisode marquant. “Après le concert en 1997,
elle n’était pas contente d’elle, comme toujours,
puisqu’elle était de toute façon d’une exigence folle avec
elle-même. Mais en tout cas, elle m’a juré après coup que vraiment
on ne l’y reprendrait plus”, avait-il confié.

Par la suite, Julien Clerc a évoqué l’atmosphère installée par
la chanteuse lorsqu’elle devait enregistrer. “En 2014, en
studio, elle ne voulait absolument pas que je la
voie
. Elle avait mis des paravents dans la cabine, elle
avait fait éteindre toutes les lumières, seule une petite lampe
éclairait le texte. Je savais que le chant était quelque chose de
très intime pour elle, mais je l’ai vu en direct. Et j’ai
été immédiatement saisi par la pureté de sa voix
. Elle
avait déjà 70 ans et c’était exactement la même qu’à ses
débuts”, avait-il révélé.

“J’ai trouvé ça très touchant”

En plus de voir le chant comme une pratique intime, Françoise
Hardy était quelqu’un de perfectionniste. Et pas qu’un peu. En
effet, cette dernière n’était jamais satisfaite du résultat, même
si ce dernier était très bien. “Elle n’était jamais
satisfaite, mais elle était très directe.
Et c’était tout
à son honneur finalement” a révélé le chanteur avec tendresse.
Avant d’ajouter : “Si sur le moment, elle pouvait sembler dure,
au final, on rigolait énormément tous les deux. Je crois
qu’elle aimerait qu’on se souvienne d’elle comme quelqu’un de très
drôle
.”

Lors de cet entretien, Julien Clerc a également parlé des
derniers mois de vie de l’interprète de Tous les garçons et les
filles. D’ailleurs, le septuagénaire est revenu sur un épisode
marquant : “Je me suis permis de lui envoyer une
musique il y a quelques mois
, afin de voir si jamais la
grande autrice qu’elle est, avait envie d’écrire un texte dessus.
Elle m’a répondu qu’elle la trouvait nulle (rires)”, a-t-il
déclaré. Avant de continuer sur un souvenir apaisant : “Quand
Marco (leur attaché de presse commun chez Virgin, ndlr) m’a appelé
pour me dire qu’elle était partie, il m’a raconté qu’elle
s’était éteinte en musique
. Et j’ai trouvé ça très
touchant que dans ses derniers instants elle soit accompagnée par
ce qui a été le moteur de sa vie extraordinaire.”