Le président de la République Emmanuel Macron est allé à la rencontre d’agriculteurs ce mardi 3 février 2026. Il s’est rendu dans une exploitation de Vallerois-le-Bois en Haute-Saône à quelques jours du salon international de l’agriculture à Paris.
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Emmanuel Macron s’est rendu en Haute-Saône ce mardi 3 février. Au programme, rencontre avec les agriculteurs puis de jeunes au lycée des Haberges, à Vesoul pour parler réseaux sociaux. Après une arrivée sur la Base Aérienne 116 de Luxeuil-les-Bains, qu’il connaît bien depuis sa visite en mars 2025, le président s’est rendu au Gaec du Printemps, à Vallerois-le-Bois.
Le président de la République avait rencontré les syndicats agricoles à l’Elysée, à la veille de cette visite de terrain. Un rendez-vous devenu presque habituel avant le Salon de l’Agriculture. Évidemment, ces rencontres interviennent après une mobilisation intense nourrie par la crise de la dermatose nodulaire contagieuse et l’accord commercial entre l’Union Européenne et le Mercosur. L’objectif de cette rencontre avec des agriculteurs de Haute-Saône est de les écouter mais aussi évoquer leurs inquiétudes sur l’avenir.
Au cœur d’un GAEC tenu par deux frères
Le président est arrivé vers 10h40, sans ses lunettes qui ont fait le buzz, sur cette exploitation située non loin de Vesoul. Sur place, l’attendaient des agriculteurs, le maire de Vallerois-le-Bois, les deux députés RN de Haute-Saône, Emeric Salmon et Antoine Villedieu, le président de région Bourgogne-Franche-Comté Jérôme Durain ainsi que le député européen Jérémy Decerle. Après un échange avec les élus, le président a salué les éleveurs du Gaec du Printemps, les deux frères Cédric et Raphaël Py, qui ont 200 têtes. Ils sont installés ici depuis 19 ans.

Emmanuel Macron est accompagné de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.
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Avec un élevage de 64 vaches laitières, et du lait vendu chez Lactalis, il est difficile de ne pas aborder la question du lait. « Le mois de janvier s’est cassé la binette », déplore Cédric Py, chef d’exploitation installé depuis 19 ans. « Lactalis a lâché une paire de producteurs. Peut-être que les prochains qui seront lâchés par Lactalis ça sera nous ? », interroge-t-il, inquiet, avant de se rassurer : « On a un IGP cancoillotte qui protège ».
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3 février 2026
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Dans un échange cordial avec le président, Cédric Py ne mâche pour autant pas ses mots et alerte Emmanuel Macron. « Le monde paysan ça fait un moment que ça ne va pas très bien, tous les syndicats vous le disent. Il ne faut pas lâcher, mais ce n’est pas facile. Le monde agricole est toujours là, c’est celui qui bosse, qui entretient le paysage et c’est aussi la dépendance alimentaire. » Le président de la République revient sur les différents changements que l’agriculture a pris de plein fouet : « On a un problème, ce sont les cours mondiaux qui sont sous pression avec des régions qui bénéficient du changement climatique, qui étaient nos clients et qui sont devenus de gros producteurs. C’est aussi pour cela qu’il faut qu’on adapte la stratégie. » Sans oublier une géopolitique qui a beaucoup bougé ces dernières années.
Après le lait, le sujet des normes et des contrôles vient évidemment sur le tapis, avec la colère qui l’accompagne. « Il ne faut pas oublier qu’on est une Union Européenne et on est 27. Il y a des normes, il faut arrêter d’en foutre plein la gueule des Français et il faut mieux contrôler. Au lieu de mettre trois contrôleurs chez les paysans, mettez-les aux frontières. »

Photo de famille avec l’agriculteur qui reçoit Emmanuel Macron sur son exploitation.
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© Jérémy Chevreuil – France Télévisions
« On a besoin de produire davantage en France, c’est pas un gros mot »
Après un tour de l’exploitation, Emmanuel Macron accompagné de la ministre de l’Agriculture Annie Genvard, s’est entretenu pendant une bonne heure avec d’autres agriculteurs, hors caméras. La presse n’a pas été autorisée à assister et filmer la table ronde qui s’est déroulée avec quatre syndicats d’agriculteurs, FNSEA, Jeunes Agriculteurs, Coordination Rurale, Confédération Paysanne.

Annie Genevard et Emmanuel Macron dans une exploitation agricole de Haute-Saône, le 3 février 2026.
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© SEBASTIEN BOZON / POOL / AFP POOL
À l’issue, le président a pris la parole rappelant que l’agriculture en France traverse une période difficile bousculée par la crise de la dermatose, la signature du Mercosur. Il s’est félicité de la mobilisation contre la DNC, aucun cas de dermatose n’a été détecté en France depuis un mois. Emmanuel Macron, à quelques jours du Salon de l’Agriculture qui se déroulera sans bovins, est venu écouter et répondre à plusieurs préoccupations du monde agricole. Le président de la République assure qu’il faut continuer la mobilisation autour de trois priorités : produire, préserver et protéger. Il estime que le pays doit « produire davantage, ce n’est pas un gros mot ». Cela se joue en « continuant de simplifier, et en rendant la vie plus simple à ceux qui produisent. Ça veut dire défendre cette souveraineté agricole dont on parle ». « Nous ne pouvons pas déléguer notre alimentation à d’autres » a-t-il ajouté.
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3 février 2026
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La préservation est le second pilier : « On ne peut pas dire qu’on va produire, qu’on va installer les jeunes générations — parce que vous le savez, on a la moitié de nos exploitants agricoles qui vont partir à la retraite d’ici 2030 — si on ne préserve pas notre eau, nos sols, notre biodiversité. » Quant à la protection, le chef d’Etat l’assure, « quand on a une règle qu’on impose à nos producteurs, il faut l’imposer à ceux qui viennent et dont on importe les biens. C’est pour ça qu’on s’est opposé au Mercosur », déclare-t-il, avant d’aborder les clauses miroirs et les contrôles.
Il en est persuadé, en maintenant le cap sur ces trois objectifs au niveau français et européen « on a de l’avenir pour notre agriculture, et on en a besoin ». « La vision que nous portons, c’est celle d’une souveraineté agricole. »
Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, un déjeuner avec des lycéens
Dans la foulée de sa rencontre avec les agriculteurs, Emmanuel Macron s’est rendu au lycée des Haberges à Vesoul.

Emmanuel Macron déjeune avec des lycéens à Vesoul pour parler notamment des réseaux sociaux.
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Il a déjeuné avec des élèves et échangé sur le thème des réseaux sociaux et l’usage des téléphones portables après le vote en première lecture à l’Assemblée nationale sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. La proposition de loi Renaissance soutenue par l’exécutif doit désormais être examinée au Sénat, dans les semaines à venir. Les journalistes n’ont pas été conviés à assister à ces échanges.
Le syndicat FSU en Haute-Saône estime que le bilan du président sur le volet de l’éducation est préoccupant. Sur le projet d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, la FSU s’étonne “de cette mise en avant normative tant elle paraît décalée par rapport aux préoccupations réelles des jeunes de plus de 15 ans, que ce soit en matière d’éducation, d’emploi ou d’insertion sociale”. Le syndicat rappelle qu’Emmanuel Macron, “lorsqu’il était ministre de l’Économie, a largement contribué au développement de plateformes numériques américaines en France (par exemple Uber), participant à une véritable colonisation des usages numériques et à un modèle qui valorise des acteurs privés au détriment de l’investissement public.”