Publié : 18h59 par Dolorès CHARLES

TabletteL’impact des tablettes sur la concentration des élèves pose question en France. A Rennes, le collège St Vincent a choisi de retirer la tablette aux 6èmes et aux 5èmes à partir de la rentrée prochaine.

Cet établissement breton fait marche arrière. Dix ans après avoir mis en place cet outil pour les élèves, la direction du collège Saint-Vincent à Rennes a décidé de retirer les tablettes numériques, pour les élèves de 6ème et de 5ème. On pourrait croire à un retour en arrière mais c’est plutôt la santé des jeunes qui a motivé ce choix.

 

« Cela les attire trop … »

 

La mesure sera mise en place en septembre prochain, explique Nadine Marie-Regnault, la Directrice du collège brétilien. « Avec l’étude qu’on a pu faire auprès des élèves, on se rend compte que c’est un outil qui les attire trop. Ils n’arrivent plus à résister. Comme on a aujourd’hui des générations qui sont nées avec des écrans dans les mains, les professeurs nous faisaient remonter que ça les attire, ça les attire trop ! On avait ce problème et c’est pour ça aussi qu’on a mené la réflexion avec les parents et face au bénéfice-risque, on a décidé de ne plus donner de tablettes en 6ème et en 5ème.

Sur nos tablettes, il n’y a pas de réseaux sociaux, mais il y en a qui sont attirés pour aller faire autre chose, pour aller faire un jeu… La concentration est moindre et ça induisait des comportements qui n’étaient pas là il y a une dizaine d’années ! On n’avait pas cette relation entre les jeunes et les écrans avant. »

 

Etablissement Saint-Vincent de Rennes

Malgré tout, de façon ponctuelle, les enseignants pourront utiliser des tablettes pour certains cours, sans que les 6èmes et 5èmes puissent les ramener chez eux.

Nadine Marie-Regnault, directrice du collège Saint-VincentNadine Marie-Regnault, directrice du collège Saint-Vincent

Crédit : Noëlline Garon

Au cœur de cette décision : la question de l’addiction aux écrans. Cette mesure a été prise en concertation avec les parents, qui avaient des craintes quant à l’utilisation dès le début du collège de ces outils comme nous l’explique Bertrand Poincloux, trésorier de l’APEL de l’établissement.

 

Beaucoup de craintes de parents

 

« On avait des parents qui nous faisaient des remontées sur du détournement de tablettes et on transmettait à la direction. Certains élèves parvenaient à contourner, en dehors des heures scolaires, ils arrivaient à contourner l’usage qu’ils auraient dû en faire. Mais les craintes des parents, pour qui c’est zéro écran à la maison, c’était plutôt la perturbation sur le développement cognitif de leur enfant, et la crainte de cette introduction dont je parlais, qui, pour une partie des élèves, se faisait au collège. C’était les premiers écrans qu’ils ramenaient à la maison, ils n’avaient pas d’autres écrans… »

Bertrand Poincloux de l’APELBertrand Poincloux de l’APEL

Crédit : Noëlline Garon

Nadine Marie-Regnault, Benoît de Parscau et Bertrand Poincloux

Nadine Marie-Regnault, Benoît de Parscau et Bertrand Poincloux

Crédit : Noëlline Garon

Face à ces enjeux de gestion des écrans et réseaux sociaux, l’APEL de Saint-Vincent a aussi mis en place une commission numérique.

Un autre établissement fait le même choix de supprimer les tablettes en sixième dès la rentrée, le collège Saint-Joseph La Salle de Questembert.