Ikea continue de fasciner les Français avec ses
meubles et sa décoration accessibles. En 2024, plus de 57,8
millions de visiteurs ont parcouru ses magasins, confirmant sa
place d’enseigne favorite selon le classement annuel
d’EY-Parthenon. Avec quarante magasins déjà
ouverts, le premier ayant vu le jour dans les années 80 en
Seine-Saint-Denis, Ikea attire toujours autant les amateurs de
design pratique et tendance. Le groupe suédois ne compte pas
s’arrêter là : il prévoiyait d’ouvrir plus de vingt nouveaux
magasins d’ici à 2030. Aujourd’hui, Ikea emploie plus de 11
875 salariés en France, répartis sur 36 magasins et six
ateliers de conception et de commande, consolidant ainsi sa
présence et son influence dans l’ameublement et la décoration à
travers tout le pays… Cependant, toutes les histoires, aussi
belles soient-elles, ont une fin…
Ikea résiste et innove malgré un marché du meuble
difficile
Il y a deux ans, le marché du meuble a traversé
une période délicate, mais Ikea a mieux tenu que ses concurrents.
Sur les six premiers mois, ses ventes ont reculé de 3,6 %, contre 5
% pour le secteur, et son chiffre d’affaires est passé de 3,8 à 3,7
milliards d’euros, selon BFMTV. Malgré ce léger recul, l’enseigne
continue d’attirer les foules : près de 58 millions de visiteurs
ont franchi ses portes en un an, un record historique. Ikea
séduit aussi grâce à sa restauration, avec une hausse de 5
% des ventes entre hot-dogs abordables et plats typiquement
suédois. Parallèlement, le groupe prévoit d’ouvrir 20 nouveaux
magasins en France d’ici 2030 et a investi 200 millions d’euros
pour réduire le prix de 2 000 références, dont l’incontournable
étagère Billy.
La transformation digitale joue un rôle clé dans ce succès. En
un an, les ventes en ligne ont bondi de 10 %,
représentant désormais 27 % du chiffre d’affaires national. Ce
virage numérique compense la baisse du panier moyen en magasin et
s’adapte aux nouvelles habitudes des consommateurs, confirmant que
Ikea sait allier tradition et modernité pour garder sa place de
leader sur le marché français.
Ikea frappe par la crise
Le ralentissement économique en Chine affecte durement
la grande distribution, et Ikea n’y échappe
pas. Dès le 2 février, sept magasins sur 41
fermeront leurs portes, frappés notamment par la crise
immobilière qui persiste dans le pays. À Tianjin, un magasin ouvert
en 2019 se vide progressivement. Les rayons sont presque déserts et
seuls quelques employés restent pour assurer les dernières ventes.
L’un d’eux confie : « Je dois trouver un nouvel emploi et je
suis toujours en recherche. Il n »y a pas de postes disponibles dans
d’autres Ikea. Si des annonces sont publiées, je
postulerai. »
Pour les clients, la situation reflète le contexte économique
actuel. Comme l’explique un père de famille à Franceinfo,
la baisse des ventes immobilières réduit la demande de meubles. Il
raconte : « Tout cela est lié à la situation actuelle du marché
immobilier. Moins de personnes achètent des logements, ce qui
réduit en conséquence la demande en matière d’achat de meubles. Et
puis aujourd’hui, avec la baisse de la consommation, il est rare
que les gens renouvellent leurs meubles. Leurs revenus ont été
affectés. Mon business a également été touché. »
L’enseigne suédoise subit ainsi de plein fouet
l’impact de la conjoncture, avec un mélange de défis humains et
économiques.
L’enseigne suédoise face aux défis
démographiques en Chine
Par ailleurs, la baisse de la natalité et du
nombre de mariages en Chine complique la stratégie d’Ikea. Une
étudiante le résume ainsi : « Pourquoi devrais-je acheter une
maison si je ne veux pas me marier ni avoir d’enfants ? Le mariage
est désormais un choix, pas une nécessité. » Cette évolution
des modes de vie réduit la demande traditionnelle en meubles et
force l’enseigne à repenser son approche. Parallèlement,
l’explosion des ventes en ligne a laissé Ikea à la
traîne. Une cliente explique : « De nombreux produits
similaires sont disponibles en ligne, des matériaux comparables
mais avec des prix inférieurs, ce qui incite beaucoup de gens à
opter pour les achats sur internet. Par exemple, un panier de
rangement en bambou coûte environ 12 euros à Ikea, alors que je
peux en avoir trois en ligne pour le même prix, ce qui crée une
pression concurrentielle. »
Pour s’adapter, Ikea mise désormais sur des magasins de
proximité dans les centres-villes chinois. Cette stratégie reflète
les difficultés du groupe : parmi les sept
magasins qui vont fermer, celui de Baoshan à
Shanghai, autrefois le plus grand magasin Ikea d’Asie,
n’est plus rentable. La marque suédoise cherche ainsi à concilier
adaptation aux nouveaux modes de consommation et maintien de sa
présence physique, dans un contexte où démographie et numérique
redessinent le marché.