En 2025, l’activité touristique de Bordeaux Métropole marque le pas. La fréquentation recule légèrement après trois années hautes, sur fond de contraintes économiques. L’international résiste, le tourisme d’affaires amortit.

Un recul mesuré après trois années de forte activité

La dynamique touristique bordelaise ralentit. Les nuitées marchandes atteignent 6,96 millions en 2025, soit une baisse de 1,8 % par rapport à 2024, d’après les données de l’Office de tourisme et des congrès de Bordeaux Métropole (OTCBM).

Cette inflexion intervient après trois années consécutives à un niveau élevé, dans le sillage de la reprise post-Covid. Les volumes observés restent supérieurs à ceux d’avant la crise sanitaire.

Dans l’hôtellerie, le taux d’occupation s’établit à 63,3 %, en recul de 1,6 point sur un an, selon l’Observatoire de l’hôtellerie de la CCI Bordeaux-Gironde. Le segment haut de gamme limite la baisse, tandis que les établissements économiques enregistrent une diminution plus marquée de leur fréquentation.

Moins de Français, mais des visiteurs lointains plus présents

Le profil des visiteurs évolue. La clientèle française, qui représente environ 70 % des arrivées hôtelières, recule de 4 % sur l’année, selon les données de l’INSEE.

À l’inverse, la fréquentation internationale se maintient globalement. La baisse des clientèles européennes est compensée par la progression des visiteurs long-courriers. Les arrivées nord-américaines augmentent notamment de 20 %.

Ce rééquilibrage s’explique par plusieurs facteurs : inflation persistante, arbitrages budgétaires des ménages, contraintes sur certaines liaisons aériennes, diminution du nombre d’événements professionnels à l’échelle nationale, mais aussi des épisodes de fortes chaleurs, peu favorables aux séjours urbains estivaux.

Des dépenses plus contraintes sur la culture et les loisirs

Le ralentissement se lit également dans les comportements de dépense. Les visiteurs ajustent certains postes, en particulier la restauration et les loisirs.

La fréquentation des musées et lieux culturels recule de 8,5 % en 2025, sur un panel de 13 établissements métropolitains. L’activité œnotouristique diminue de 3 %, mesurée à partir des excursions dans le vignoble et des visites de châteaux.

Ces indicateurs traduisent moins un désintérêt qu’un contexte économique plus contraint. Les séjours tendent à être plus courts et les dépenses annexes plus ciblées.

Centre attractif, périphérie plus exposée, emplois sous tension

Derrière les moyennes métropolitaines, les effets du ralentissement ne sont pas uniformes. La concentration de l’activité touristique dans le centre de Bordeaux continue de capter l’essentiel des flux, tandis que certaines communes périphériques restent plus dépendantes de la clientèle locale et des excursions de courte durée. Dans un contexte de fréquentation en léger recul, ces territoires apparaissent plus exposés aux variations de la demande.

La prudence budgétaire des visiteurs pèse également sur l’emploi saisonnier, très présent dans l’hôtellerie-restauration, la médiation culturelle ou l’œnotourisme. Si aucune donnée chiffrée n’est avancée sur l’évolution de l’emploi en 2025, la baisse de fréquentation des musées et des activités viticoles laisse entrevoir des tensions accrues sur des postes souvent précaires et fortement dépendants de la saisonnalité.

Le tourisme d’affaires amortit le choc

Sur le plan économique, le tourisme d’affaires continue de jouer un rôle stabilisateur. En 2025, Bordeaux Métropole accueille 3 164 événements professionnels, représentant 630 000 journées-congrès, en baisse de 8 % sur un an. Les retombées économiques sont estimées à 240 millions d’euros par l’OTCBM. 

Cette évolution est à relativiser. L’année 2024 avait bénéficié d’un calendrier exceptionnel. En 2025, l’activité se concentre sur quelques périodes clés, notamment en mars, octobre et novembre.

Sur dix ans, la tendance reste néanmoins orientée à la hausse. Entre 2015 et 2025, le nombre de journées-congrès progresse de 25 %, soutenu par les infrastructures, l’arrivée de la LGV, le développement de l’aéroport et l’augmentation de la capacité hôtelière.

Tourisme responsable : un virage structurel

Au-delà des volumes, la métropole poursuit une transformation de son modèle touristique. Une entreprise adhérente sur deux à l’OTCBM est aujourd’hui éco-certifiée. En 2025, près de 80 professionnels du tourisme et de l’événementiel ont été accompagnés dans leur transition environnementale.

278 structures sont désormais identifiées comme partenaires éco-certifiés. Du côté de l’événementiel, 33 manifestations professionnelles ont engagé une démarche responsable, représentant près de 24 000 participants.

Sur le plan social, le dispositif Bordeaux Solid’air a permis à plus de 1 000 habitants en situation de précarité de bénéficier d’activités de loisirs gratuites, grâce à un réseau de partenaires locaux.

2026–2027 : des signaux, pas de promesses

À moyen terme, plusieurs rendez-vous sont déjà inscrits à l’agenda, sans que leur impact réel puisse encore être mesuré. En 2026, Bordeaux doit notamment accueillir les dix ans de la Cité du Vin, la réouverture du musée des Arts décoratifs et du design, celle de la flèche Saint-Michel, ainsi que plusieurs événements sportifs internationaux autour du rugby.

Du côté du tourisme d’affaires, 21 congrès et événements de plus de 1 000 participants sont confirmés d’ici 2027, pour des retombées économiques estimées à 74 millions d’euros. Ces échéances constituent des points d’appui, mais elles s’inscrivent dans un contexte économique encore incertain, où la capacité à transformer ces temps forts en fréquentation durable reste un enjeu central pour l’ensemble du territoire métropolitain.

Chiffres clés – Bordeaux Métropole, 2025

  • 6,96 millions de nuitées marchandes (-1,8 %)
  • Taux d’occupation hôtelier : 63,3 %
  • Clientèle française : -4 %
  • Clientèle nord-américaine : +20 %
  • Fréquentation des musées : -8,5 %
  • Activité œnotouristique : -3 %
  • 3 164 événements d’affaires, 630 000 journées-congrès
  • Retombées économiques : 240 M€