Vous avez raté les derniers événements sur la guerre en Ukraine ? 20 Minutes fait le point pour vous tous les soirs. Voici l’essentiel de ce mardi 3 février, au 1.440e jour du conflit.
Le fait du jour
La Russie a lancé pendant la nuit sa « plus puissante » attaque de drones et missiles sur l’Ukraine depuis le début de l’année, laissant des centaines de milliers de personnes sans chauffage par des températures glaciales, à la veille de négociations destinées à mettre fin à quatre ans de guerre.
Selon l’armée de l’air ukrainienne, l’armée russe a tiré 71 missiles et 450 drones d’attaque. Ces frappes ont touché huit régions différentes. Elles ont été menées quelques heures avant l’arrivée à Kiev du secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, qui a estimé que ces dernières attaques russes « ne témoignent pas d’un réel sérieux envers la paix » de la part de Moscou.
Cette nouvelle attaque contre le secteur énergétique ukrainien survient après une accalmie d’une semaine à la demande de Donald Trump. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé une « attaque délibérée contre les infrastructures énergétiques, impliquant un nombre record de missiles balistiques ». Il a aussi accusé Moscou d’avoir simplement profité de la pause pour « accumuler des missiles » et « attendre les jours les plus froids de l’année » pour frapper.
La déclaration du jour
« Tant que les Russes continuent de tuer les Ukrainiens et de politiser le sport, leur drapeau et symboles nationaux n’ont pas de place parmi les gens qui respectent les valeurs comme la justice, l’honnêteté et le fair-play »
Les paroles sont signées du ministre ukrainien des Sports, Matvii Bydnyi. Ce dernier s’est insurgé des propos de Ganni Infantino, patron de la fédération internationale de football (Fifa), estimant que la Russie et ses clubs devraient être réintégrés dans les compétitions sportives internationales. Le ministre a dénoncé des déclarations « irresponsables », voire « infantiles ». « 679 filles et garçons ukrainiens ne pourront jamais jouer au foot, la Russie les a tués », a affirmé pour sa part le chef de la diplomatie ukrainienne Andriy Sybiga.
La sortie de Gianni Infantino a, en revanche, été très bien accueillie côté russe, le Kremlin saluant ces déclarations, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov : « Cela fait vraiment longtemps qu’on aurait dû y penser. »
Le chiffre du jour
62 mètres. C’est la hauteur du « Mère Patrie », un célèbre monument soviétique marquant la victoire sur les nazis endommagé au cours de l’attaque russe sur Kiev dans la nuit de lundi à mardi. « Symbolique et cynique à la fois : l’Etat agresseur frappe un lieu de mémoire consacré à la lutte contre l’agression du XXe siècle, répétant les crimes au XXIe », s’est insurgée la ministre de la Culture, Tetiana Berejna.
L’attaque a touché « le hall de la gloire » du Musée national d’histoire de l’Ukraine dans la Deuxième Guerre mondiale, ont expliqué les autorités. Ce hall se trouve au pied du monument.
« C’est un lieu de mémoire solennel honorant les héros de la Deuxième Guerre mondiale, les vainqueurs du nazisme en Europe », a déclaré le directeur du musée, désignant les piliers de marbre sur lesquels sont gravés en lettres d’or des noms de soldats soviétiques.
La tendance
Emmanuel Macron a affirmé mardi que la reprise du dialogue avec le président russe Vladimir Poutine était « en train de se préparer », tout en affirmant que Moscou ne montre pas de « vraie volonté » de négocier la paix en Ukraine. Questionné à ce sujet lors d’un déplacement en Haute-Saône, le président français a répondu : « Cela se prépare et donc il y a des discussions qui se font au niveau technique ».
Il a précisé que cela se faisait « en transparence et en concertation » avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dont le pays subit l’invasion russe depuis bientôt quatre ans. « Il est important que les Européens, en effet, restaurent leurs propres canaux de discussion », a dit Emmanuel Macron.
Le chef d’Etat n’a toutefois pas avancé de date, et estimé que les récentes attaques russes « intolérables » ne manifestent pas « une vraie volonté de négocier pour la paix ».
La grande majorité des dirigeants européens tiennent le président russe à distance en raison de la guerre en Ukraine. Mais, depuis que Donald Trump s’est rapproché de Vladimir Poutine, la tentation est grande de reprendre contact pour éviter de laisser le président américain seul à la manœuvre.