Peter Mandelson dans le viseur de la police de Londres. Scotland Yard a ouvert une enquête criminelle visant l’ex-ministre à la suite de la publication de documents selon lesquelles il aurait transmis à Jeffrey Epstein des informations sensibles pour les marchés financiers, rapportent ce mardi plusieurs médias britanniques, dont le Guardian. La police n’a pas immédiatement confirmé cette information à l’Agence France-Presse (AFP).

Selon des documents des dossiers Epstein publiés vendredi, Peter Mandelson aurait confié ces données au financier et prédateur sexuel américain, notamment lorsqu’il était ministre au sein du gouvernement travailliste de Gordon Brown, de 2008 à 2010.

Il lui aurait ainsi fait suivre un mail interne destiné au Premier ministre en 2009. Des relevés bancaires montrent également que Jeffrey Epstein aurait transféré un total de 75 000 dollars (63 200 euros) en trois virements sur des comptes liés à Mandelson, alors député, en 2003 et 2004.

Peter Mandelson a déclaré dimanche n’avoir aucun souvenir de ces virements, et ne pas savoir si ces relevés étaient authentiques, quelques heures avant d’annoncer qu’il quittait le Labour pour ne pas lui « causer davantage d’embarras ». Peter Mandelson apparaît également en caleçon et tee-shirt sur une photo non datée aux côtés d’une femme, dont le visage a été caviardé. Il a dit ne « pas parvenir à situer le lieu, ni à identifier la femme ».

VidéoAffaire Epstein : photos de personnalités et documents caviardés

Une source d’embarras

Plus tôt mardi, l’ancien ambassadeur avait annoncé quitter son siège à la Chambre des Lords britannique. « Le greffier du Parlement a reçu (ce mardi) un message de Lord Mandelson, l’informant de son intention de quitter la Chambre à compter du 4 février », a annoncé le président de la chambre haute, Michael Forsyth.

Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, avait estimé nécessaire d’« agir rapidement », ordonnant la préparation d’une loi pour retirer à Peter Mandelson son titre de Lord, une mesure qui n’a pas été prise depuis plus d’un siècle au Royaume-Uni.

Le septuagénaire siégeait à la chambre depuis 2008, mais s’était mis en congé fin janvier 2025 après sa nomination à Washington. Il avait été limogé de son poste d’ambassadeur en septembre, déjà à cause de révélations sur ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.

L’affaire Mandelson est une source d’embarras pour Keir Starmer, déjà impopulaire et critiqué au sein même du camp travailliste : c’est lui qui avait fin 2024 pris la décision de nommer cet homme politique influent pour représenter le Royaume-Uni à Washington, avant le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

De son côté, la Commission européenne a annoncé ce mardi qu’elle allait « examiner » si Peter Mandelson, qui a été commissaire européen au Commerce entre 2004 et 2008, avait enfreint certaines règles.

La vie politique américaine éclaboussée par l’affaire Epstein

L’affaire, qui empoisonne la vie politique américaine depuis des années, n’en finit plus d’éclabousser de hautes personnalités partout dans le monde.

L’association caritative de Sarah Ferguson, ex-femme du prince déchu Andrew, lui-même mis en cause dans ces documents, a annoncé qu’elle allait fermer après la révélation d’e-mails compromettants entre Jeffrey Epstein et l’ancienne duchesse d’York.

Ce mardi, la pression a fini par convaincre l’ancien président Bill et son épouse Hillary Clinton de témoigner devant une commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Epstein.

Des élus républicains exigeaient de les entendre, menaçant d’engager des poursuites à l’encontre du démocrate et l’ancienne cheffe de la diplomatie, qui refusaient jusque-là de comparaître devant le Congrès.