Dans le cabinet, ce Boomer retraité de 67 ans est tombé des
nues. « Donc vous êtes en train de me dire que le fait d »être épuisé
tous les jours à 15 heures ne fait pas simplement partie du fait de
vieillir ? », raconte-t-il au site Geediting. Pour lui, comme pour
beaucoup de quinquas et sexagénaires, cette fatigue semblait aussi
normale que les cheveux blancs.

Depuis plus de dix ans, il s’était habitué aux genoux qui
grincent, au brouillard dans la tête, aux nuits hachées, sans
jamais imaginer un vieillissement réversible après 50
ans
. Son médecin lui a pourtant expliqué que la majorité
de ces signes venait surtout des habitudes de vie et du stress, pas
uniquement de l’âge. Et que même l’âge biologique
du corps pouvait, en partie, remonter le courant. Ce que ce
retraité aurait voulu entendre clairement dès ses 50 ans.

Quand la science parle de vieillissement réversible

Les chercheurs distinguent l’âge sur la carte d’identité et un
âge biologique, lié à l’horloge épigénétique et à la méthylation de
l’ADN, décrite par le généticien Steve Horvath, aujourd’hui au
centre Altos Labs. Une étude de Harvard University et Duke
University, publiée le 2 mai 2023 dans la revue Cell
Metabolism, a suivi des patients opérés en urgence : leur âge
biologique augmentait en 24 heures, puis revenait à son niveau
initial environ une semaine après la fin du stress chirurgical.

Les mêmes chercheurs ont observé un effet comparable lors de
formes sévères de Covid-19 en réanimation, avec une hausse
d’environ 25 % de l’âge biologique, puis une baisse partielle après
la sortie, accélérée par certains traitements comme le tocilizumab,
là où l’hydroxychloroquine ou le remdesivir ne changeaient rien.
Pendant la grossesse aussi, l’âge biologique montait entre le
premier et le troisième trimestre, puis redescendait six semaines
après l’accouchement. « Cette étude montre que l’âge biologique
n’est pas statique et qu’il n’augmente pas de façon régulière, mais
peut au contraire subir des changements réversibles sur des
périodes de temps relativement courts », concluent les auteurs,
cités par Sciences et Avenir. Sur un autre front, à l’Inserm,
Jean-Marc Lemaître, codirecteur de l’Institut de médecine
régénérative et de biothérapie de Montpellier et auteur de
Guérir la vieillesse et Décider de son âge, a
montré en 2011 que des cellules de centenaires pouvaient être
reprogrammées puis rajeunies, inspiré par les travaux de Shinya
Yamanaka, avant d’obtenir chez la souris une vie prolongée
d’environ 30 %.

Fatigue, brouillard, douleurs : des “signes de l’âge” recadrés
par le médecin

Ce retraité avait mis sur le compte des années son coup de barre
quotidien à 15 heures. Son médecin lui a parlé muscles : la vraie
raison tient surtout à la perte musculaire liée à la sédentarité
après la retraite. En reprenant un renforcement léger quelques fois
par semaine et la marche, ses après-midis se sont transformés. Pour
son cerveau embrumé, la question a été beaucoup plus simple.
« Quelle quantité d’eau buvez-vous chaque jour ? », lui a demandé la
généraliste. En comptant, il n’atteignait même pas trois verres. En
augmentant progressivement jusqu’à environ 1 à 1,5 litre, sa clarté
mentale est revenue en quelques jours.

Côté nuits, sa phrase fétiche était devenue : « Je n’ai pas dormi
une nuit complète depuis des années, » avouait-il. La réponse du
médecin l’a surpris : « À quoi ressemble votre hygiène de sommeil ? »
Pas d’heure de coucher fixe, des écrans jusqu’au lit, du café après
le déjeuner… En éteignant les écrans une heure avant de dormir, en
gardant une chambre fraîche et en limitant la caféine après 14
heures, il a retrouvé six à sept heures d’affilée la plupart des
nuits. Ses articulations, elles, se sont assouplies avec une marche
quotidienne et une vingtaine de minutes d’étirements doux : le
corps, visiblement, n’avait pas oublié comment bouger.

À 50 ans, ce qu’il aurait voulu
entendre sur le vieillissement réversible

À 50 ans, ce Boomer aurait aimé qu’un médecin lui résume
clairement ceci :

  • Ton muscle est un capital : si tu le protèges par un peu de
    renforcement et de marche régulière, ton métabolisme ralentira
    moins et tu garderas ton énergie.
  • Ton sommeil est un traitement anti-âge silencieux : en le
    respectant, ton corps répare chaque nuit une partie des dégâts du
    jour.
  • Le stress chronique marque ton âge biologique, mais une partie
    de ces marques s’efface quand tu allèges vraiment ta charge mentale
    et physique.
  • Ton alimentation et ton hydratation parlent à ton épigénome :
    moins d’ultra-transformés, plus de végétal et d’eau, et tes
    cellules se comportent comme si elles étaient un peu plus
    jeunes.
  • Même si tout n’est pas réversible, la science montre que la
    pente n’est pas figée, et qu’à 50, 60 ou 70 ans, chaque petit
    ajustement compte encore.