Publié le 03/02/2026 23:04

Mis à jour le 03/02/2026 23:04

Temps de lecture : 2min – vidéo : 2min

Le patineur français Kévin Aymoz s’apprête à disputer ses deuxièmes jeux après Pékin en 2022. Son ambition est claire : viser une première médaille olympique. Figure incontournable de l’athlète, le triple axel, qui consiste à réaliser trois tours et demi sur soi-même en une seconde. Un geste d’une précision extrême dont il a accepté de nous livrer les secrets.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

À peine le temps de prononcer son nom, qu’il est déjà passé : le triple axel, figure imposée du patinage artistique. Avant de partir aux Jeux olympiques d’hiver, Kévin Aymoz nous explique le travail de précision qui fera la beauté du geste. À l’origine de cette figure, un certain Axel Paulsen, patineur norvégien inventif. L’axel est né, le triple axel suivra, c’est le seul saut vers l’avant de la discipline.

Tout commence par une bonne accélération en dos arrière, à 18 km/h environ. Et d’un coup, le patineur se retourne, dérape et pousse sur sa jambe gauche. On appelle cela l’armement, une phase cruciale. « On ne dirait pas comme ça, mais tout se joue au centimètre, millimètre près. Et vraiment, ça fait comme un effet domino, donc s’il y a quelque chose qui part un peu tordu, en l’air, ça va entraîner des conséquences catastrophiques. Donc on va se retrouver sur des axes à n’en plus finir. Et après, c’est là qu’on peut chuter à l’arrivée », explique Kévin Aymoz, septuple champion de France de patinage artistique.

Il décolle pour trois tours et demi, les bras le long du corps et les jambes serrées pour diminuer la friction avec l’air et donc augmenter la vitesse de rotation. Vu de l’intérieur, le mouvement est assez brutal. « Je pense qu’on pourrait dire qu’on est dans le cœur du cyclone. Faut pas se laisser emporter. Moi, en l’air, je ne vois quasi rien. Ce sont des sensations de lumière et d’espace que j’ai, de géométrie dans l’espace, si on peut appeler ça comme ça », précise Kévin Aymoz. Durée du vol, 66 centièmes de seconde, et tant de choses à penser. « C’est un peu étrange, j’ai l’air un peu d’un mathématicien fou. Retiens les bras, monte la jambe, serre, sois droit… Il y a énormément d’informations un peu folles qui viennent dans un quart de seconde », résume le champion.

Pendant un court instant, il culmine à 53 centimètres au-dessus de la glace. L’atterrissage sur un patin est un choc pour le genou et la cheville. Kévin encaisse huit fois le poids de son corps. Toujours impressionnant à voir, le triple axel est presque devenu banal dans le très haut niveau. Et aujourd’hui, seul un patineur américain a réussi en compétition le quadruple axel, quatre tours et demi.