Malgré des carrières brillantes et des classements ATP enviables, Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils, Richard Gasquet et Gilles Simon n’ont jamais réussi à décrocher un titre en Grand Chelem. Ils ont ainsi laissé leur empreinte sur le circuit tout en subissant les critiques des médias français. Entre attentes et adversité redoutable, retour sur le parcours d’une génération talentueuse souvent perçue à travers le prisme de l’échec.

Les Quatre Mousquetaires : la génération dorée du tennis français incomprise à cause du traitement des médias ?

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Adrien Guyot

16 min de lecture

Le tennis français a placé quatre de ses meilleurs joueurs des vingt dernières années dans le top 10 du classement ATP. Dans la même période, Tsonga, Monfils, Gasquet et Simon faisaient partie des joueurs les plus réguliers du circuit. Toutefois, ils n’ont jamais su remporter de titres en Majeur, faisant souvent l’objet de moqueries en France pour cette raison.

Entre joueurs prodiges ayant eu la pression très jeunes et génération impossible à destituer, le groupe des Quatre Mousquetaires a souffert, pendant la majeure partie de leur carrière, d’une réputation dite de “losers”, notamment dans les médias. Les quatre joueurs ont eu de très belles carrières qui n’ont probablement pas toujours été jugées à leur juste valeur.

GASQUET ET LA UNE DE TENNIS MAGAZINE : DES ATTENTES LOURDES À PORTER

Considéré comme le futur talent du tennis français dès sa plus tendre enfance, Richard Gasquet n’a pas été épargné par les médias. En janvier 1996, alors qu’il n’est âgé de 9 ans, il fait déjà la Une de Tennis Magazine : « Richard G, 9 ans : le champion que la France attend ? ».

Une intuition qui s’est confirmée quelques années plus tard, lorsqu’il devient le plus jeune vainqueur des Petits As, compétition internationale organisée chaque année à Tarbes réservée aux meilleurs joueurs de moins de 14 ans. En 1999, il devient le joueur le plus précoce à remporter ce tournoi, à seulement 12 ans.

Gasquet fait tomber deux fois Nadal à l’adolescence

Sur son parcours, il bat notamment un certain Rafael Nadal en demi-finales (6-7, 6-3, 6-4). Une victoire qu’il avait ensuite confirmée en finale contre l’Américain Brian Baker. Le jeune Gasquet ne le savait pas encore, mais il allait rencontrer l’Espagnol bon nombre de fois sur le circuit professionnel au cours de sa carrière.

D’abord, ils se croisent au Challenger de St Jean de Luz en 2003, alors qu’ils ne sont âgés que de 17 ans. Tous deux nés en 1986, les deux hommes, qui vont avoir un destin lié tout au long de leur carrière, s’affrontent à nouveau. Le Français triomphe pour la deuxième fois, sur abandon de son adversaire après le gain de la première manche.

C’est ensuite sur la plus grande scène du tennis international que Gasquet et Nadal vont continuer à se retrouver lors des compétitions du circuit ATP. À 18 reprises, très précisément.

Pour autant de succès du Majorquin entre 2004 et 2022. Durant toutes ces rencontres, le Biterrois ne parvient à inscrire que quatre sets. Les treize derniers succès de Nadal contre celui-ci l’ont été sans concéder la moindre manche.

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« Cette attente des médias et du public, c’était surréaliste »

Alors, comment expliquer que Gasquet ait réussi à dominer une future légende du tennis lors de leurs deux premières confrontations, puis plus jamais en dix-huit autres occasions ? Le principal intéressé est revenu en mai 2025, à l’aube du dernier tournoi de sa carrière à Roland-Garros, sur la pression des médias dès son plus jeune âge.

« L’histoire que j’ai pu avoir, cette attente-là qu’il y avait de la part des médias et du public, c’était surréaliste. C’est une histoire particulière. Est-ce que ça a été un fardeau, un poids ? Oui, c’est clair », assurait d’abord Gasquet à cette période pour l’Équipe.

Ce dernier a continué son propos : « Forcément, ça n’a pas été facile. Tu as envie de grandir dans l’anonymat à cet âge-là, avec moins de pression sur les épaules, parce que c’est là où tu te développes mentalement et physiquement.

J’ai pu manquer des gens autour de moi qui avaient cette connaissance de la médiatisation. Cela n’est jamais trop arrivé par le passé que quelqu’un soit aussi précoce, médiatisé aussi jeune. C’était nouveau et les gens ont parfois appris avec moi », regrettait ainsi l’ancien 7e mondial à son meilleur classement.

« On parlait dix fois plus de moi, mais je n’étais pas dix fois plus fort que Nadal »

En ce qui concerne la Une de Tennis Magazine, Gasquet évoque l’engouement qu’il suscitait dans ses jeunes années, qui était souvent plus important que celui accordé à Nadal dans les catégories de jeunes. Il évoque ses souvenirs de l’époque.

« On parlait dix fois plus de moi, mais je n’étais pas dix fois plus fort. Sans m’exonérer de rien, j’aurais bien aimé être à la place de Nadal, vivre Sérignan (son fief dans l’Hérault) comme il a vécu Majorque, continuer de me nourrir de choses simples, dans des rapports normaux », estimait Gasquet fin 2024 pour Sud Ouest.

Dans sa carrière, le Français a remporté 16 titres (sur 33 finales jouées) et disputé trois demi-finales de Grand Chelem (Wimbledon 2007 contre Federer, US Open 2013 contre Nadal et Wimbledon 2015 contre Djokovic). C’est donc chacun des membres du fameux Big 3 qui a mis fin à son parcours à chaque fois.

Comme indiqué plus haut, le sort de Gasquet a souvent été lié à celui de Nadal, et cela jusqu’au bout. Hasard du destin, les deux joueurs ont choisi d’annoncer leur retraite sportive le même jour, à quelques heures d’intervalle.

Le 10 octobre 2024, l’Espagnol annonçait la fin de sa carrière pour la Coupe Davis prévue quelques semaines plus tard, tandis que Gasquet prévoyait son dernier tournoi à Roland-Garros l’année suivante.

MONFILS, FINALISTE EN MASTERS 1000 ET ANCIEN TOP 6

Richard Gasquet n’a toutefois pas été le seul joueur de sa génération à avoir été barré par le redoutable Big 3 (voire Big 4 à une certaine époque). D’autres joueurs français tout aussi talentueux auraient pu espérer remporter des titres importants sans la domination écrasante de Nadal, Djokovic, Federer et Murray dans les Grands Chelems et les Masters 1000.

Gaël Monfils appartient assurément à cette catégorie. Athlète hors pair et showman apprécié de tous, le Français a également fait partie des joueurs ayant été de solides membres du top 10. Mais s’il a eu de très bons résultats tout au long de sa carrière, il lui a manqué un petit quelque chose pour s’offrir des titres prestigieux.

Monfils et l’énorme concurrence du Big 3

Dans sa carrière, Gaël Monfils a remporté 13 titres sur 35 finales disputées. À l’instar de Gasquet, le natif de Paris a disputé des demi-finales en Grand Chelem (Roland-Garros 2008 contre Federer et US Open 2016 face à Djokovic).

Comme le Biterrois, Monfils n’a jamais pu passer ce stade et s’est systématiquement incliné contre le Big 3, comme beaucoup d’autres joueurs dans les années 2000 et 2010.

Dans un podcast sur sa chaîne YouTube où il avait reçu son ami Jo-Wilfried Tsonga en décembre 2024, Monfils avait développé les raisons qui ont fait qu’il n’a pu remporter de grand titre. Pour rappel, il a également disputé la finale du Masters 1000 de Monte-Carlo en 2016 contre Nadal et celle du Masters 1000 de Paris-Bercy en 2009 (Djokovic) et 2010 (Söderling).

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« On nous a toujours reproché le fait que l’on n’avait pas de mental »

À la question : “D’après toi, pourquoi n’as-tu jamais remporté de Grand Chelem”, Monfils s’est montré très lucide face à la caméra : « Quand on répond à la question et qu’on dit qu’on n’a pas été assez bon, les gens n’apprécient pas cette réponse qui est pourtant simple et honnête.

Généralement, dans notre génération, on se prend toujours beaucoup de critiques. On nous a toujours reproché le fait que l’on n’avait pas de mental », a-t-il d’abord lancé. « Je pense simplement que les quatre, parce que moi je mets les quatre (il fait référence à Djokovic, Federer, Nadal et Murray), étaient meilleurs que nous.

On n’a pas été assez bon pour en battre un, deux et trois. Tu peux peut-être en battre un, mais déjà au deuxième c’est compliqué, même si tu peux t’en sortir dans une très grande semaine. Et encore, à chaque fois c’est au meilleur des cinq, donc c’est très difficile », analyse-t-il.

« Nadal a gagné plus de fois Roland-Garros que j’ai gagné de titres »

Monfils, qui est conscient que les observateurs du tennis banalisent de plus en plus les exploits de la nouvelle génération par rapport à ce qu’a accompli le Big 3 pendant vingt ans, veut remettre l’église au milieu du village.

« Ce que je vais dire est peut-être très dur. Mais on parle des légendes de notre sport ! On parle des “Monsieur Tennis”. On ne parle pas seulement de champions, mais de titans en ce qui concerne le Big 3.

Dans notre génération, il y a trois joueurs monstrueux qui ont gagné des Grands Chelems : Stan (Wawrinka), Cilic et Del Potro. Quand Stan a gagné ces tournois, il était en état de grâce. Il jouait à un niveau exceptionnel, pareil pour Cilic et Del Potro.

Et quand on voit que Stan a réussi à en gagner trois, respectez son nom. On l’appelle “Stan the Man”, ce n’est pas pour rien. Ces trois mecs-là étaient plus forts que nous au final », assure-t-il.

« On parle quand même de gagner des Grands Chelems quand il y a trois gars qui ont tous 20 Grands Chelems ou plus, c’est juste hallucinant. Rafael Nadal a gagné plus de fois Roland-Garros (14) que j’ai gagné de titres (13). Et tu me demandes de gagner Roland-Garros ?

Pete Sampras était la légende de notre sport. Il a gagné 14 tournois du Grand Chelem, et Nadal 14 fois Roland-Garros ! Et après on dit : “Mais pourquoi les Français ne gagnent pas Roland-Garros ?”

Je suis simplement moins fort. Federer, légende de notre sport et qui était bien au-dessus de nous, ne l’a gagné qu’une seule fois », a développé Monfils.

Le nombre de Grands Chelems : un facteur déterminant pour juger la carrière d’un joueur ?

Pour conclure son argumentaire, Monfils a également évoqué la question du sacre obligatoire en Grand Chelem. Ce qu’il a constaté durant sa carrière, c’est que l’opinion publique juge essentiellement la carrière des joueurs par rapport au nombre de Grands Chelems qu’ils remportent sans se soucier du reste.

« Les gens pensent que gagner un Grand Chelem détermine si tu as réussi ta carrière ou pas. Et moi je tente de leur expliquer que, forcément, ta carrière sera encore plus belle si tu y parviens, mais qu’elle l’est déjà même sans en gagner un.

Ce qui veut dire que si on part de ce point de vue, dans notre génération, personne n’a eu de belle carrière ! Quand je dis ça, je ne réduis pas à Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet, Gilles Simon, Gaël Monfils. Cela concernerait tous les autres joueurs du top 100 sauf Stan Wawrinka, Marin Cilic et Juan Martin Del Potro », a-t-il conclu.

POUR SIMON, LES MÉDIAS NE JOUENT PAS ASSEZ LEUR RÔLE

Gilles Simon a gagné 14 titres dans sa carrière. Ancien 6e mondial et quart de finaliste à l’Open d’Australie et à Wimbledon, le Niçois a également disputé deux finales en Masters 1000.

Mais comme beaucoup d’autres, le Français a été l’une des victimes collatérales du Big 4 (défaite en finale contre Murray à Madrid en 2008 et face à Federer à Shanghai en 2014).

Fin tacticien et capable de poser des problèmes aux meilleurs joueurs du monde à l’époque où il était joueur, Simon regrette que les médias ne parlent pas assez du jeu en lui-même lorsqu’ils parlent aux joueurs. Ce qui constitue une grande différence par rapport à d’autres sports selon lui.

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« Pour Madison Keys, on dit que les planètes étaient alignées »

« Un journaliste viendra toujours interroger un entraîneur de foot sur sa tactique. Au tennis, ce n’est jamais le cas. J’aimerais demander à Magnus Norman comment Söderling est passé de ça à ça, comment on est passé du Stan (Wawrinka) qu’on avait et qui est devenu celui qui a gagné trois Grands Chelems », démarrait ainsi Simon dans le podcast de Gaël Monfils en avril 2025.

« Pour cela, il faudrait parler tactique, mais on est dans un sport où on ne le fait pas. On parle d’autre chose : d’énergie, d’état d’esprit, de trucs qu’on ne connaît pas. Madison Keys a gagné l’Open d’Australie, tout le monde est heureux pour elle, mais on ne saura jamais pourquoi. On dit que les planètes étaient alignées et on continue comme ça. »

« Ils vont te dire que tu n’es pas assez fort mentalement »

« Quand ils te voient frapper ton coup droit, ils se disent : “Si Gaël (Monfils), tu avais frappé ton coup droit comme ça tout le temps, tu aurais gagné tous tes Grands Chelems.

Sauf qu’ils n’arrivent pas à comprendre pourquoi tu as frappé ton coup droit comme ça à ce moment-là et pas à d’autres. Ils racontent des histoires mais on ne parle pas de tennis », poursuit-il.

« Qu’est-ce qu’ils font dans ces cas-là ? Ils te disent que tu n’es pas assez fort mentalement. Murray a gagné trois Grands Chelems en ne frappant jamais un coup droit au bon moment. Pourtant, il a eu une super carrière. Mais j’imagine qu’avec lui, on l’a moins fait chier avec ça », dénonce Simon.

« Souvent, la raison est purement tennistique »

« Et là, tu dis : “Ouais, ça ne marche pas, mais vous ne seriez pas capable d’expliquer pourquoi.” C’est ça la différence. Autrement que par l’état d’esprit, l’envie, la motivation…

Des trucs totalement invisibles dans lesquels on peut mettre ce que l’on veut, alors que souvent, la raison est purement tennistique », constate le joueur à la retraite depuis 2022.

« Combien de fois tu te sens mal contre un joueur, tout d’un coup tu trouves un plan de jeu qui tient, et puis bizarrement, mentalement, ça va mieux ? Quand t’as la solution dans le jeu, c’est plus facile de se concentrer.

Quand t’as l’impression que tu n’as pas d’issue, forcément tu paniques, tu t’énerves… Et là le mec dit : “Là, il n’y était pas aujourd’hui.” J’étais un joueur, on me disait toujours que je faisais déjouer mes adversaires.

Mais ça veut dire quoi, “faire déjouer” ? T’as une baguette magique et l’autre ne sait plus faire un coup droit ou un revers ? C’est simplement appuyer un endroit où tu n’es pas à l’aise.

Il faut essayer de bloquer le mec pour qu’il tente des choses un peu plus farfelues, et c’est là qu’il commence à se perdre. C’est à cet instant qu’on dit : “Il l’a fait déjouer.” Mais c’est du tennis ! Et je trouve qu’on ne parle pas assez de ces choses-là », conclut ainsi Simon.

TSONGA : UN TOP 5 AU PALMARÈS FOURNI PASSÉ PROCHE DU GRAAL

Dans cette génération des Quatre Mousquetaires, celui qui est passé le plus près de remporter un Grand Chelem, c’est Jo-Wilfried Tsonga. Finaliste de l’Open d’Australie en 2008 après avoir éliminé Andy Murray et Rafael Nadal, le Français avait ensuite cédé en quatre manches contre un certain Novak Djokovic, vainqueur de son premier Majeur ce jour-là.

Seul joueur tricolore de sa génération à avoir atteint le top 5, le Manceau compte deux Masters 1000 à son palmarès : Paris-Bercy 2008 et Toronto 2014. Au Canada, il avait battu Djokovic, Murray, Dimitrov et Federer en finale pour s’offrir une semaine d’anthologie. Mais là-aussi, son image en France n’a pas toujours été au beau fixe.

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Le clash entre Tsonga et Mouratoglou

Début 2026, Patrick Mouratoglou, entraîneur français ayant notamment coaché Serena Williams, a répondu à Tsonga sur un sujet précis. Ce dernier avait estimé que les joueurs présents dans le top 10 il y a dix ans étaient meilleurs qu’actuellement, et que Sinner et Alcaraz manquaient cruellement de concurrence dans les tournois du Grand Chelem.

« Je ne suis pas d’accord avec ce qu’a dit Jo (Tsonga). Je ne crois pas du tout que ces mecs dont nous parlons, c’est-à-dire Draper, Rune, De Minaur, Fritz, Shelton et Auger-Aliassime, ne sont pas très forts ou dangereux.

Ce sont des joueurs de premier plan. Je suis désolé Jo, mais je ne suis pas certain que tu les aurais tous battus régulièrement. Il fait référence à Wawrinka et à Del Potro, qui sont des joueurs incroyables, sans aucun doute.

Mais à 29 ans, Wawrinka était un bon joueur, rien de plus. Lorsqu’il avait 31 ans, il était un triple vainqueur en Grand Chelem. N’oubliez pas non plus que Sinner et Alcaraz ont dû battre un Djokovic qui avait 23 Grands Chelems pour gagner leurs premiers Majeurs.

Quand Novak (Djokovic) a gagné trois des quatre Grands Chelems (en 2023) tout en atteignant la finale du quatrième, il a perdu contre Alcaraz (à Wimbledon).

Je ne peux pas croire que dire que ces deux gars gagnent les tournois en raison du niveau des autres joueurs du top 10 leur rende justice, leur niveau est incroyable », avait assuré Mouratoglou, qui avait également affirmé que Tsonga n’avait connu qu’une véritable saison à son prime, au début de l’année 2026.

L’annonce de retraite moquée par les Français sur les réseaux sociaux

En avril 2022, après plusieurs mois de galères liés aux blessures, Jo-Wilfried Tsonga annonce sa retraite auprès de l’Équipe : « C’est avec beaucoup d’émotion que j’annonce aujourd’hui ma décision d’arrêter ma carrière professionnelle, lors du prochain tournoi de Roland-Garros. Mon corps n’est plus à la hauteur », avait ainsi assuré le Manceau pour justifier son choix.

Une décision qui a ensuite été l’objet de moqueries et de railleries de la part de certains Français sur les réseaux sociaux : des messages comme “Il n’a jamais été à la hauteur”, “Où va aller le tennis sans lui” (ironique), “Il n’a qu’à s’enfiler des Kinder Buenos” ou encore “Quelques étincelles par moments, mais rien de bien flatteur” ont fleuri sur X (anciennement Twitter) et Facebook.

De leur côté, les Anglophones gardent un souvenir d’un joueur combatif qui aurait même pu avoir encore plus de titres : “Tu vas nous manquer”, “Cette carrière aurait mérité un Grand Chelem”, “L’un de mes joueurs préférés” ou “C’était un plaisir de te voir jouer.”

Dans sa carrière, Tsonga a remporté 18 titres ATP et est le troisième joueur à avoir le plus battu le Big 3 (16 victoires : 6 contre Federer, 6 contre Djokovic et 4 contre Nadal), derrière Juan Martin Del Potro (17) et Andy Murray (29).

Moutet prend la défense des Quatre Mousquetaires

Corentin Moutet a grandi en regardant ces quatre joueurs à la télévision. Dans une interview accordée à The Elevate House en janvier 2026, le Français, connu pour son franc-parler sur le court, n’avait pas hésité à sortir l’artillerie lourde pour défendre le bilan de ses compatriotes.

Excédé par les critiques formulées envers Monfils, Tsonga, Gasquet et Simon durant leurs carrières, le gaucher, présent dans le top 40 début février 2026, ne s’est pas montré tendre envers les médias. Il estime que ces derniers ne défendent pas assez leurs sportifs toutes disciplines confondues, mais surtout au tennis.

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Moutet sur les médias français : « Ça va trop vite dans un sens comme dans l’autre »

« Je me suis rendu compte que quand tu as une étiquette des médias ou des gens, c’est très dur de s’en détacher parce que ça revient tout le temps, peu importe tes actes. Mais je pense que cela vient plutôt des médias.

Les gens consomment le média et c’est comme ça qu’ils se font un avis, ce n’est pas l’inverse. Dans le tennis français, les médias sont très critiques envers les joueurs », constate Moutet.

« Il y a une culture de l’instant assez présente, et c’est dommage. Je le ressens beaucoup sur la génération d’avant. Gasquet, Tsonga, Monfils, Simon et d’autres, mais surtout ceux-là qui ont fait une carrière exceptionnelle dont beaucoup rêveraient. On l’oublie parfois.

Les médias n’ont cessé de dire qu’ils n’ont pas eu une belle carrière parce qu’ils n’ont pas gagné de Grand Chelem. Et du coup, les gens y croient. Quand je prends le taxi ou que je parle avec des gens à des repas, ils me disent : « Mais comment ça se fait que les Français ne gagnent pas ? »

Je dis : « Mais c’est parce que vous ne regardez pas ! Ils gagnent. » Les médias français ne donnent pas assez de crédit et ne soutiennent pas assez leurs sportifs. Ça va trop vite dans un sens comme dans l’autre.

Parfois, je me sens gêné. J’ai juste gagné un match de tennis, et je sais que dans deux semaines, je serai peut-être un clown. Il faut doser dans un sens comme dans l’autre », a assuré Moutet.

Les Quatre Mousquetaires : une carrière exceptionnelle malgré l’absence de grands titres

Tsonga, Monfils, Gasquet et Simon ont marqué leur époque par leur talent indéniable et leur constance au plus haut niveau, mais leur héritage est souvent contesté en raison de l’absence de titres en Grand Chelem.

Ces joueurs, parfois soumis à une pression médiatique pesante dès leur jeunesse, ont dû évoluer dans un environnement où la réussite est souvent mesurée aux sacres en Majeur. Pourtant, ces quatre joueurs se sont construit un palmarès non négligeable, une place dans le top 10 voire dans le top 5 et le respect de leurs pairs pour leur longévité.

Malgré la pression des médias et la domination écrasante du Big 3 à la même époque, ils ont chacun laissé une trace indélébile dans l’histoire du tennis français. Ils ont également inspiré la génération suivante, incarnée par Corentin Moutet, très critique envers les médias dans son pays.

Sources

TennisTemple : « Les Quatre Mousquetaires : la génération dorée du tennis français incomprise à cause du traitement des médias ? »