Dans un rapport publié mercredi, l’agence de sécurité sanitaire documente la dangerosité des produits de vapotage. Ils demeurent moins nocifs que le tabac, d’où leur intérêt potentiel en cas de sevrage tabagique difficile.

Publié le 04/02/2026 00:05

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Un homme utilise une cigarette électronique à Strasbourg (Bas-Rhin), le 13 novembre 2025. (THOMAS TOUSSAINT / MAXPPP)

Un homme utilise une cigarette électronique à Strasbourg (Bas-Rhin), le 13 novembre 2025. (THOMAS TOUSSAINT / MAXPPP)

Mieux vaut s’en passer, à moins de s’en servir brièvement pour arrêter le tabac. L’inhalation des substances contenues dans les cigarettes électroniques « présente un risque sanitaire pour le vapoteur », ce qui doit inciter à « éviter toute forme de banalisation », met en garde l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dans un avis publié mercredi 4 février.

Dans ce rapport, l’Anses affirme avoir identifié des effets sanitaires « possibles à moyen et long termes » de ces produits consommés par plus de trois millions de Français chaque jour. Cancers, affections respiratoires et cardiovasculaires, problèmes de développement du fœtus… La liste des risques est longue et la survenue d’effets cardiovasculaires est même jugée « probable » pour les produits contenant de la nicotine, avec à la clé, par exemple, une hausse de la pression artérielle.

Ces risques sont liés à l’inhalation des substances « toxiques » voire « cancérogènes » que l’on retrouve dans les liquides et dans les émissions des cigarettes électroniques, développe l’Anses. L’agence sanitaire appelle à encadrer davantage la composition de ces produits, notamment en interdisant les ingrédients présentant un risque sanitaire. Elle recommande aussi d’éviter « toute incitation à vapoter chez les non-fumeurs et les jeunes », quitte à aller au-delà de l’interdiction actuelle de la publicité et de la vente aux mineurs.

Dans ce rapport, l’Anses reconnaît un seul mérite à l’e-cigarette : sa contribution potentielle à l’arrêt du tabac. Du fait de ses effets sanitaires « moindres que ceux du tabac fumé », qui sont eux « graves, avérés et très documentés », le vapotage peut représenter « une option transitoire » pour les personnes ayant des difficultés à abandonner la cigarette traditionnelle.

« Arrêter de fumer ou de vapofumer reste l’objectif ultime en matière de santé. »

L’Agence nationale de sécurité sanitaire

dans son rapport

Une telle démarche doit être entreprise « en complément des dispositifs d’accompagnement existants » et implique de ne pas continuer à fumer en parallèle de façon pérenne, « même en plus faible quantité », insiste l’Anses. Et pour cause : les effets d’une double exposition, encore méconnus, « pourraient s’avérer être pires que ceux observés avec une exposition unique à la cigarette ou à la cigarette électronique ».

Sur un terrain plus politique, enfin, l’Anses émet des réserves à une éventuelle taxation accrue des cigarettes électroniques. Un tel projet, retiré in extremis du budget 2026, pourrait « dissuader certains consommateurs » mais également comporter « des risques sanitaires supplémentaires », du fait d’un probable report « vers des produits faits maison avec des ingrédients non adaptés » et vers « un marché parallèle » échappant à tout contrôle. L’agence sanitaire souligne que la moitié des vapoteurs ont déjà recours à des e-liquides « maison », « pour des raisons essentiellement économiques », s’exposant notamment à des risques de surdosage.