THOMAS SAMSON / AFP
Marine Le Pen inéligible pour 2027 ? Ces réquisitions sont mauvais signe pour la candidate
Le parquet général a requis ce mardi 3 février une peine de 4 ans de prison dont 1 ferme (avec possibilité d’aménager cette partie sous bracelet électronique), assortie d’une inéligibilité pour 5 ans à l’encontre de Marine Le Pen lors du procès, en appel, de l’affaire dite des assistants parlementaires du FN. Soit une réquisition légèrement inférieure à la condamnation en première instance.
Le parquet général a surtout demandé à la cour d’appel « de ne pas assortir les peines complémentaires d’inéligibilité » de l’« exécution provisoire », c’est-à-dire immédiate, dans le procès du RN et de Marine Le Pen. « L’objectif d’efficacité peut être atteint sans qu’il soit nécessaire de recourir à l’exécution provisoire », ont estimé les deux représentants de l’accusation, dont les réquisitions ont commencé à 13 h 00. Mais cette question sera en toute hypothèse sans objet car la Cour de cassation, si elle est saisie par Marine Le Pen en cas de condamnation, devrait rendre sa décision avant la présidentielle.
« Le seul point que je vois aujourd’hui extrêmement positif aujourd’hui, dans ces réquisitions, c’est qu’il a été dit qu’une ligne de défense n’était plus une criminalisation et un risque de récidive pour le client », a commenté son avocat Rodolphe Bossault à la sortie du tribunal. « Manifestement le parquet général est dans la droite ligne du parquet en première instance », a de son côté réagi Marine Le Pen auprès de BFMTV.
Pour rappel, celle qui joue son avenir politique ce printemps, a été reconnue coupable de détournement de fonds publics en mars dernier et condamnée à quatre ans de prison dont deux fermes, 100 000 euros d’amende, et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.
« Une affaire particulièrement grave »
Avant de prononcer ses réquisitions, l’avocat général a une nouvelle fois évoqué une « affaire ni anodine ni banale. Mais particulièrement grave. » Il est reproché à Marine Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres le paiement entre 2004 et 2016 de salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.
Il a également dénoncé « la stratégie de délégitimation des contre-pouvoirs, et ici de la justice, dont l’objectif serait d’empêcher l’accession d’une cheffe de parti aux plus hautes fonctions de l’exécutif », en rappelant, en outre, que « les fonctions électives ne sont pas un refuge contre la loi, mais un sommet d’exigence. »
Reste désormais à savoir si la Cour d’appel suivra les réquisitions du parquet. Ce qui est loin d’être automatique. La réponse est attendue « à l’été. »