Détectée chez des patients de plusieurs pays européens dont la France, cette infection bactérienne a coûté la vie à quatre personnes ayant séjourné dans les établissements d’un même groupe hôtelier entre août et novembre 2025.

Le Cap-Vert serait-il face à une nouvelle épidémie incontrôlée de shigellose ? Entre août et novembre 2025, quatre ressortissants britanniques sont décédés après un séjour dans cet archipel situé en Afrique de l’Ouest où ils ont subi diverses complications médicales, rapporte le Sunday Times, qui a publié une longue enquête sur le sujet samedi dernier.

Si aucun lien n’a été établi entre ces différentes personnes pour le moment, tous séjournaient dans un hôtel du groupe hôtelier espagnol Riu, qui possède six antennes au Cap-Vert, lorsqu’ils sont tombés malades pour la première fois. Ils avaient également quasiment le même âge, entre cinquante et soixante ans, et présentaient des problèmes de santé préexistants mais stabilisés.


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La première, Elena Walsh, a succombé à une insuffisance cardiaque quelques jours après avoir attrapé une gastro-entérite. Karen Pooley, Mark Ashley et David Smith connaîtront le même sort à quelques semaines d’intervalle après des complications similaires. De quoi interroger les familles sur la sécurité de cette destination de plus en plus prisée par les touristes ces deux dernières décennies.

Une réunion d’urgence le 18 décembre

Selon le Sunday Times, l’archipel a été touché par deux épidémies successives de shigellose, une infection intestinale aiguë très contagieuse qui constitue la première cause de diarrhée sanglante dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé. La première a été identifiée fin 2022, la seconde à l’automne 2025.

En décembre dernier, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a signalé des cas aux Pays-Bas, en Suède, en Irlande et en France. De son côté, l’Agence britannique de sécurité sanitaire a enregistré 137 cas entre octobre et décembre, dont 80% étaient récemment revenus du Cap-Vert. Une situation qui, couplé aux décès des quatre ressortissants britanniques, a poussé les autorités à organiser une réunion d’urgence le 18 décembre. Un représentant de Riu Hôtels était présent.

«Les autorités locales et les chefs d’entreprise ont identifié les domaines critiques nécessitant une action immédiate, notamment l’élimination des sources d’eau stagnante et la mise en œuvre de plans intensifs de lutte contre les nuisibles afin de combattre la prolifération des mouches et des moustiques», a déclaré à la suite de cette réunion une porte-parole du groupe hôtelier.

Une prise en charge défaillante dans les hôpitaux locaux

Malgré cette situation critique, les clients présents sur place n’auraient pas été informés du risque sanitaire auquel ils étaient soumis. Pire encore, le tour-opérateur Tui, principal vendeur de séjours vers le Cap-Vert, a continué à commercialiser des séjours après la réunion d’urgence, d’après le Sunday Times. Le journal britannique a également fait état d’une prise en charge défaillante dans les hôpitaux locaux, certains témoins allant jusqu’à parler de «zone de guerre».


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De son côté, le ministère français des Affaires étrangères indique que le Cap-Vert possède des capacités médicales «faibles » ainsi qu’un accès aux médicaments «réduit». Concernant les cas de shigellose, «la prévention repose principalement sur le respect strict des règles d’hygiène», conclut-il dans ses conseils aux voyageurs.

Pour rappel, la shigellose, endémique dans de nombreux pays en développement et régions tropicales, se transmet via des excréments contaminés présents dans l’eau, les aliments ou de personne à personne. Dans la plupart des cas, les victimes peuvent guérir sans recourir à des soins, à moins d’avoir des antécédents médicaux. Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis, elle cause 600.000 décès chaque année, la majorité chez des enfants.