D’abord, il y a eu les aveux de Mehdi Barbançon. En ce sixième jour du procès Ferreira, aux assises de Saint-Brieuc, l’un des cinq coaccusés parle du corps découpé puis enterré dans la forêt de Collorec, à proximité d’un plan d’eau. À l’heure du déjeuner, dans le seul restaurant de la commune, les habitués ne cachent pas leur étonnement avant de s’interroger sur le lieu précis qu’évoque laconiquement l’accusé. « À part celui qui est un peu plus bas que le bourg, je ne vois pas bien de quel autre plan d’eau il pourrait s’agir », se demande un Collorecois à la retraite. Au bar, trois ouvriers se questionnent aussi sur le lieu décrit par Mehdi Barbançon. « La forêt de Collorec, ce n’est pas la même qu’Huelgoat. On ne peut pas véritablement parler de forêt », lâche l’un d’entre eux.

« Si j’avais dû cacher un corps, ce n’est pas cet endroit que j’aurais choisi »

Pendant que les Collorecois se questionnent sur le lieu précis du drame, un autre coup de théâtre retentit au tribunal de Saint-Brieuc. Un autre accusé, Alwin Neysius, admet avoir participé à la disparition du corps. Ce dernier évoque le canal de Nantes à Brest, à Châteauneuf-du-Faou, près d’un restaurant et d’un chemin de promenade.

Dans le bourg, l’information circule comme une traînée de poudre. « Un corps dans le canal à cet endroit ? Ça paraît bizarre, quand même. Il y a pas mal de maisons autour », soulève le serveur du tabac presse. Sur une terrasse à deux pas de la mairie, deux amis comprennent mieux « les passages répétés des gendarmes dans le coin depuis une heure ». L’un d’eux glisse : « Si j’avais dû cacher un corps, ce n’est pas cet endroit que j’aurais choisi ».