Le budget 2026 vient d’être définitivement adopté après plusieurs longs mois de débats. Alors qu’il devait initialement réduire certines aides et avantages par mesure d’économie, il comporte finalement plusieurs bonnes nouvelles pour vos finances personnelles.
L’année dernière, l’adoption du budget 2025 avait été particulièrement compliquée, marquée notamment par la censure du gouvernement Barnier. Cette année il était difficile d’imaginer pouvoir faire plus chaotique, et pourtant on n’en est pas loin.
Ce lundi 2 février le budget 2026 a été définitivement adopté suite au rejet de deux motions de censure à l’Assemblée nationale, mettant fin à plus de six mois de discussions. Car si les débats parlementaires n’ont commencé qu’en octobre, on parle de ce budget depuis le 15 juillet 2025, date à laquelle François Bayrou avait présenté sa feuille de route budgétaire pour l’année 2026.
L’ancien Premier ministre prévoyait de ramener le déficit à 4,6% du produit intérieur brut (PIB) en trouvant 40 milliards d’euros d’économies. Finalement, les dépenses publiques augmenteront de 38 milliards d’euros. En effet la plupart des mesures qui figuraient dans les textes initiaux (budget et budget de la sécurité sociale) et prévoyaient de réduire plusieurs aides et avantages fiscaux ont été supprimées.
Quelques unes ont tout de même bien été maintenues. Tandis que d’autres, à l’avantage des consommateurs, ont été ajoutées. Résultat, on se retrouve avec un budget comportant à la fois des bonnes et des mauvaises nouvelles pour votre budget. En voici l’inventaire.
• APL, RSA, allocations familiales… Les aides sociales finalement bien augmentées
Dans son texte initial, le budget 2026 prévoyait une « année blanche ». Concrètement une telle mesure aurait induit un gel de l’ensemble des prestations sociales, alors qu’elles sont censées être augmentées chaque année à hauteur de l’inflation.
Finalement il n’en sera rien: début décembre les députés ont largement rejeté cette mesure. Tous les minima sociaux, mais aussi par exemple les pensions de retraite du régime général seront revalorisées d’environ 1%. Pour la majorité des aides de la CAF, cette augmentation aura lieu le 1er avril.
À noter que pour une de ces aides, à savoir la prime d’activité, la hausse sera encore supérieure pour certains foyers. Un coup de pouce de cette prestation en faveur des travailleurs modestes a été voté: il prévoit une augmentation d’en moyenne 50 euros pour les foyers touchant entre 1 et 1,4 SMIC.
• Le barème de l’impôt sur le revenu lui aussi revalorisé
Côté fiscalité, l’année blanche aurait également induit un gel du barème de l’impôt sur le revenu. Chaque année il est revalorisé à hauteur de l’inflation pour permettre aux foyers ayant vu leurs revenus progresser mécaniquement de ne pas voir leur impôt augmenter. Un gel aurait non seulement augmenté le montant dû pour des millions de contribuables, mais également rendu imposables 200.000 foyers qui ne l’étaient pas auparavant.
Là encore il n’en sera finalement rien: le budget 2026 a finalement acté une revalorisation de 0,9% de chaque tranche du barème de l’impôt. Grâce à cette revalorisation, il ne faudra pas gagner plus de 1.662,50 euros nets par mois pour éviter l’imposition cette année, comme RMC Conso vous l’explique dans cet article.
• L’abattement fiscal des retraités préservé
Les retraités sont probablement les grands gagnants de ce budget 2026. Aucune des annonces qui visaient à les mettre à contribution n’a survécu aux débats. Leurs pensions du régime général vont être revalorisées. Mais surtout l’abattement fiscal de 10% dont ils bénéficient au même titre que les salariés (alors que de fait, ils ne travaillent pas) a été conservé.
Le gouvernement souhaitait le remplacer par un abattement forfaitaire de 2.000 euros par retraité. Ce qui aurait augmenté l’imposition de la plupart d’entre eux, mais également fait quelques gagnants. Rien de tout ça finalement. Toutefois il se pourrait que cela ne soit qu’un sursis: d’après Franceinfo, le gouvernement regrette de ne pas avoir pu supprimer cet abattement cette année. Et compte déjà retenter de faire adopter cette mesure dans le budget 2027.
• Jeanbrun: un nouvel avantage fiscal pour l’investissement locatif
Alors que le gouvernement a lancé un « grand plan de relance » visant à produire 2 millions de logements d’ici 2030, il a mis en place via ce budget un dispositif censé aider à atteindre cet objectif: le Jeanbrun. Concrètement il s’agit d’un avantage fiscal destiné aux personnes qui investissent dans l’immobilier locatif. Il remplace donc le Pinel, qui avait cette vocation jusqu’en 2025.
Dans cet article, RMC Conso vous détaillait le fonctionnement légèrement complexe de ce dispositif. Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il a un champ d’action plus large que le Pinel, et qu’il peut vous permettre de déduire jusqu’à 12.000 euros de votre revenu imposable.
• La prise en charge du permis de conduire par le CPF restreinte
Le permis de conduire est actuellement la formation la plus financée par les comptes personnels de formation (CPF): 23% d’entre elles en 2023, selon la Dares. Mais cela va changer puisque le budget 2026 prévoit de réserver un tel financement aux seuls demandeurs d’emploi.
Pour les salariés, ce ne sera donc plus possible. Une mesure regrettable pour eux qui sont les premiers concernés, et devront payer plein pot (1.500 à 2.000 euros en moyenne). Mais les auto-écoles regrettent aussi fortement cette décision puisque près d’un quart des candidats au permis B ont financé leur formation avec un CPF.
• Épargne: flat tax de 31,4% pour certains placements et fiscalité du PER durcie
Le budget de la sécurité sociale contient une mesure prévoyant d’augmenter la CSG (contribution sociale généralisée) sur les revenus du capital. Plusieurs placements seront ainsi prélevés à 18,6% au lieu de 17,2%. Ce qui fait un total de 31,4% (au lieu de 30%) si on ajoute le prélèvement forfaitaire de 12,8% au titre de l’impôt sur le revenu.
Sont concernés par cette mesure les dividendes (sur un PEA ou un CTO), les plus-values de cession de valeurs immobilières, les comptes à terme, les produits de l’épargne salariale ou encore les rentes de PER (plan épargne retraite).
Pour le PER, c’est même la double peine puisque les avantages fiscaux attachés aux versements effectués à compter de 70 ans ont été supprimés. Jusque-là les sommes versées passé cet âge étaient déductibles du revenu imposable.
• MaPrimeRénov reconduite malgré un certain flou
Faute de budget, MaPrimeRénov est suspendue depuis le 1er janvier. Heureusement grâce à l’adoption de ce dernier, le principal dispositif d’aide à la rénovation énergétique va pouvoir repartir d’ici quelques jours. Mais dans quelles conditions?
Le budget de cette aide a été maintenu à hauteur de 3,5 milliards d’euros, soit autant que l’année dernière (même si le coût pour l’État sera réduit grâce au recours aux certificats d’économie d’énergie). Cette enveloppe doit permettre de financer 120.000 rénovations.
Mais 83.000 dossiers qui n’ont pas pu être traités l’année dernière sont déjà sur la table. MaPrimeRénov est donc saturée, et la question du nombre de nouveaux dossiers qui seront acceptés est en suspens.