La voie royale pour le XV de France ? Le Tournoi des Six nations 2026 débute jeudi 5 février avec la venue de l’Irlande au stade de France pour y affronter les hommes de Fabien Galthié. Vainqueur l’an passé, les Bleus ont naturellement l’ambition de conserver leur titre avec le retour en sélection d’Antoine Dupont et disposent d’un calendrier favorable.
Mais attention tout de même aux Anglais, qui rêvent d’une finale à Paris le 14 mars prochain. Comme chaque édition, la lutte promet d’être féroce, malgré des écarts de niveau assez clairement établis avant la compétition. À moins de deux ans du Mondial en Australie, dont les groupes sont déjà connus (France, Samoa, États-Unis, Japon), les sélections européennes rêvent de monter en puissance. RTL vous liste les forces et faiblesses de chaque équipe.
France : un doublé souhaité avec Dupont et un calendrier favorable
Tenant du titre, le XV de France aborde le Tournoi dans la peau du favori et peut légitimement viser un doublé, ce qui ne lui est plus arrivé depuis 2006-2007. En raison de son calendrier favorable avec trois réceptions, dont celles de l’Irlande jeudi et de l’Angleterre, la sélection tricolore peut même ambitionner un Grand Chelem, d’autant qu’elle a retrouvé la plupart de ses cadres. Blessé depuis mars 2025, Antoine Dupont est de retour à la mêlée, alors qu’il avait beaucoup manqué, que ce soit lors de la tournée d’été avec trois revers en Nouvelle-Zélande ou durant les matchs de novembre marqués par la défaite contre l’Afrique du Sud à Saint-Denis.
« Les Français sont favoris. Parce que notre match contre eux aura lieu au Stade de France. Parce qu’Antoine Dupont, le meilleur joueur du monde, est là. Parce que la France est une très bonne équipe depuis un moment », a résumé le sélectionneur anglais Steve Borthwick lors de l’évènement de lancement du Tournoi. Attention toutefois, à ce que le groupe amputé d’Uini Atonio, qui a mis un terme à sa carrière pour raisons médicales, et dont ont été écartés Damian Penaud, Gaël Fickou et Grégory Alldritt, ne cède à la pression. Car tout autre résultat qu’une victoire serait vu comme un grand pas en arrière.
Angleterre : une dynamique de feu et la perspective d’une finale au stade de France
L’Angleterre semble la mieux armée pour défier les Bleus. Les hommes de Steve Borthwick sont sur une série de 11 victoires, qui a commencé avec celle contre la France (26-25) lors du Tournoi 2025 et qui comprend aussi un succès de prestige contre la Nouvelle-Zélande (33-19). Les Anglais sont redevenus sûrs de leur force, que ce soit leur ouvreur George Ford ou encore le troisième ligne Henry Pollock, survoltés à chaque apparition sur le terrain.
Et quoi de mieux comme programme que de gâcher la fête des rivaux héréditaires en remportant ce qui pourrait s’apparenter à une finale au stade de France lors de la dernière journée, le 14 mars ? Ben Earls, Ellis Genge ou encore Freedie Steward sont autant d’éléments pouvant apporter une certaine expérience au XV de la Rose, mais celui-ci peut aussi compter sur de jeunes pousses prometteuses : l’autre pépite de Northampton, Tommy Freeman, capable de jouer ailier ou au centre, sera à particulièrement surveiller durant les prochaines semaines.
Irlande : un collectif vieillissant pour jouer les poils à gratter
Le XV du Trèfle n’est plus celui de 2023 et 2024, où il écrasait presque tout sur son passage. Il s’avance cette fois diminué, avec un effectif vieillissant et une jeune garde qui peine encore à convaincre. Sortie du Top 3 mondial pour la première fois depuis trois ans après ses revers contre la Nouvelle-Zélande (13-26) et l’Afrique du Sud (13-24), l’Irlande manque d’ailleurs de sang neuf au poste de pilier gauche. Néanmoins, un bon résultat contre la France pourrait réveiller les ouailles d’Andy Farrell, qui a repris les rênes de la sélection après avoir laissé l’intérim à son adjoint Simon Easterby l’an passé.
Le jeune ouvreur du Leinster Sam Prendergast conduira le jeu irlandais jeudi, avec la lourde tâche d’occuper la place de la légende Jonathan Sexton dont le successeur peine à émerger trois ans après sa retraite. Tandis que James Lowe est absent à l’aile, le troisième ligne Caelan Doris doit lui encore s’affirmer comme capitaine, alors que de nombreux titulaires habituels seront absents, à l’instar de Bundee Aki suspendu pour raison disciplinaire.
Écosse : une irrégularité coupable à combattre
Son atout ? Sa capacité à hisser son niveau à la hauteur du rendez-vous. Son défaut ? Sa terrible inconstance. L’Écosse est une équipe qui souffle le chaud et le froid ces derniers mois, entre véritable potentiel à l’image de son match accroché contre les Blacks (défaite 17-25) et moments d’absence coupables comme devant les Argentins, vainqueurs malgré 21 points de retard (24-33).
Avec Blair Kinghorn et Finn Russell en chefs de file, le sélectionneur Gregor Townsend – qui fêtera sa 100e – va pourtant devoir retrouver une forme de régularité durant ce Tournoi avec le pire des calendriers (trois déplacements et la réception des deux gros poissons que sont la France et l’Angleterre à Murrayfield). Son groupe pourra toutefois compter sur un retour important : celui de son capitaine Sione Tuipulotu, absent en 2025 et dont les qualités athlétiques permettent de donner de l’air aux siens. Pour preuve, il le fait déjà avec son club de Glasgow qui brille en Champions Cup.
Italie : l’heure de l’affirmation des ambitions ?
Quand le sélectionneur sud-africain Rassie Erasmus vous voit comme le futur « deuxième ou troisième » du Tournoi, selon ses termes au sortir de leur affrontement en novembre (courte défaite italienne 32-14), il devient de plus en plus difficile de se cacher. La Squadra Azzurra est l’équipe qui progresse le mieux ces dernières années et l’enthousiasme qui la porte depuis le raté du Mondial 2023 ne doit pas être dilapidé par le forfait du Toulousain Ange Capuozzo, pour le début des hostilités a minima.
Cinquièmes devant l’Italie ces deux dernières saisons, les Transalpins produisent un jeu offensif chatoyant incarné par son sélectionneur argentin Gonzalo Quesada. En témoigne sa victoire contre l’Australie il y a trois mois (26-19). De quoi potentiellement croire à une grosse performance contre un cador de ce Six nations pour égaler sa meilleure performance (4e en 2007 et 2013).
Galles : la cuillère de bois semble promise
Le pays de Galles est toujours malade et il faudrait un sacré concours de circonstances pour voir le XV du Poireau décrocher sa première victoire dans le Tournoi depuis 2023 (victoire en Italie 29-17). Certes un nouveau sélectionneur est arrivé à l’été, en la personne de Steve Tandy, qui a permis aux hommes en rouge de stopper une série de 18 défaites consécutives grâce à deux succès contre le Japon. Mais les corrections contre l’Afrique du Sud (73-0), la Nouvelle-Zélande (52-28) et l’Argentine (52-26) prises à l’automne ne semblent pas encore attester d’un renouveau.
Pour ne rien arranger, le seul Gallois à encore se faire une place dans le groupe des Lions britanniques – l’habituel capitaine Jac Morgan – est blessé et manque donc à l’appel. Si bien qu’il faudra que plusieurs joueurs se révèlent au sein d’une sélection plombée par la disparition prochaine disparition des
Ospreys, l’un des quatre clubs professionnels gallois, pour sortir le rugby national d’une morosité, qui lui colle à la peau.
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