Gérard Blanc, Romain Simmarano (Ren.) et Catherine Pila (LR), colistiers de Martine Vassal, hier à Marseille.

/ PHOTO SY.P.

La conférence de presse a été convoquée en urgence à la permanence de Martine Vassal (DVD). Sur la table, le livre Le Système Guérini, de Renaud Muselier, est soigneusement posé en évidence : hier, la droite a joué la carte de la dramatisation après que Blast a révélé que le parquet avait ouvert une enquête sur la Société publique des écoles marseillaises (Spem).

À 40 jours du 1er tour des municipales, Romain Simmarano (Renaissance), porte-parole de Martine Vassal (et directeur de cabinet de Renaud Muselier à la Région) voit « le visage de la campagne changer » avec cette affaire : « Non seulement le Plan écoles a été gâché par la Ville de Marseille, Benoît Payan et la Spem, mais cet article nous démontre que les choses ont été faites de manière illégale. »

« Nous demandons à Benoît Payan de prendre ses responsabilités »

Dans le contexte inflammable d’une campagne municipale dans laquelle Martine Vassal accuse un net retard dans les sondages face à Benoît Payan (DVG) et Franck Allisio (RN), l’occasion était (trop) belle de « cranter » le débat et de viser le candidat de gauche en tant que président de la Spem. « Nous demandons à Benoît Payan de prendre ses responsabilités à titre personnel », attaque Romain Simmarano. Sous-entendu : se retirer. L’injonction ne manque pas de sel alors que Martine Vassal est elle-même visée personnellement par une enquête du parquet pour « détournements de fonds publics ». Les deux situations sont différentes, estime Romain Simmarano : « Benoît Payan doit lui-même respecter la règle qu’il a édictée », c’est-à-dire le retrait des colistiers qui « font l’objet d’une condamnation, d’une mise en examen ou d’une enquête préliminaire ». À ce stade, l’enquête du parquet semble d’abord s’intéresser à la Société des écoles en tant que telle.

« S’agit-il d’une grossière manipulation politique ? »

Du reste, depuis lundi, la quasi-totalité des adversaires de Benoît Payan se sont saisis de cette affaire. « Si ces faits étaient avérés, nul doute que M. Payan serait disqualifié pour être le maire de Marseille. Nous attendons une clarification rapide de la part de la majorité municipale », a commenté Franck Allisio dans un communiqué. Même tonalité chez Sébastien Delogu (LFI), qui y voit sur X l’écho d’un « système Gaudin-Guérini » qui serait « encore bien vivant. Benoît Payan doit s’expliquer ».

À l’origine de l’enquête préliminaire qui vise Martine Vassal et candidat aux municipales, Erwan Davoux (SE) remarque sur X que Georges-François Leclerc, qui a signalé les faits concernant la Spem au parquet, est « l’actuel directeur de cabinet d’Emmanuel Macron alors que la même Martine Vassal est la candidate de l’Élysée ». Et de s’interroger : « S’agit-il d’une grossière manipulation politique de la part d’un préfet qui n’a pas laissé un souvenir impérissable à Marseille (sauf peut-être à Martine Vassal) ? »