Le polyvalent troisième-ligne de Montpellier, impressionnant depuis le début de la saison, sera remplaçant face à l’Irlande et devrait honorer sa troisième cape internationale.
Pur produit de la formation héraultaise
Avant de briller à Montpellier, le solide Lenni Nouchi (1,94 m, 108 kg) a fait ses classes à Béziers, avec qui il a décroché deux titres de champion de France en cadets (Gaudermen en 2018 avec les U15, Alamercery l’année suivante avec les U16). Il intègre ensuite le centre de formation du MHR en 2021, où il s’est rapidement imposé comme un élément incontournable, prolongeant son contrat jusqu’au 2028 malgré l’intérêt de plusieurs clubs, notamment Toulon. «Quand on a discuté avec lui pour sa renégociation, on lui a dit qu’il était la pierre angulaire du projet», a expliqué l’entraîneur héraultais Joan Caudullo à Sud Ouest. À 22 ans, Nouchi est le plus jeune capitaine du Top 14 (devant le Clermontois Baptiste Jauneau pour… une semaine). C’est Patrice Collazo, manager du club lors de la saison galère en 2023-2024 (maintien assuré lors du barrage d’accession/relégation), qui lui avait donné le brassard. «Lenni est un leader né. Partout où il est passé, il s’est imposé comme capitaine, poursuit Joan Caudullo. Du moins, les autres l’ont suivi. Et surtout, il avait été capitaine d’équipes qui avait gagné. Ça, c’était hyper important pour nous.»
Pourquoi Lenni comme prénom ?
C’est un prénom peu commun, d’origine celte, que l’on trouve plutôt dans les pays scandinaves. En France, seulement 15 bébés ont hérité de ce prénom en 2024. Pourquoi, alors, les parents Nouchi ont choisi ce patronyme ? L’intéressé avait raconté le pourquoi du comment à nos confrères d’Actu Rugby : « C’est un clin d’œil à Legi Matiu (on prononce Leni, NDLR) dont mon père est très proche. Je suis né à Agen en 2003 alors qu’ils venaient de se quitter après avoir joué ensemble à Biarritz.» Aujourd’hui, l’amitié entre les deux pères se prolonge avec leurs descendances, puisque Lenni Nouchi est très proche du joueur de l’UBB, Temo Matiu, fils de Legi qui avait été international à deux reprises lors du Tournoi des six nations 2000 (Galles et Angleterre).
Dans les pas de son père rugbyman professionnel
Bon sang ne saurait mentir. Si Lenni Nouchi est un beau bébé, son père Samuel était encore plus impressionnant : un deuxième ligne de 2,02 m pour 114 kg. Si le fiston est fidèle au MHR, le pater familias a, en revanche, porté les couleurs de plusieurs écuries : Toulon (1997-2000), Biarritz (2000-2002), Agen (2002-2004), Montpellier (2004-2006) et Béziers (2006-2010). À l’issue de sa carrière, Samuel Nouchi est devenu entraîneur, il s’occupait récemment des Espoirs de l’AS Béziers, avant de devenir le directeur sportif du Rugby Club Nîmois qui dispute le championnat de Nationale 2, la quatrième division. Un club gardois au sein duquel évolue un certain Luca Nouchi (24 ans), le frère de Lenni qui joue, lui, au poste de pilier droit.
Des débuts en Bleu qui étaient attendus
Un parcours prédestiné vers le XV de France. Lenni Nouchi, avant de découvrir les Bleus, était le capitaine de l’équipe de France des moins de 20 ans sacrée championne du monde en 2023, au terme d’une finale remportée 50-14 face à l’Irlande. Un match au cours duquel le troisième-ligne des Bleuets avait marqué un essai. Dès le Tournoi des six nations 2024, il est appelé dans le groupe de 42 joueurs de Fabien Galthié. Mais, il faudra attendre la tournée du XV de France en Argentine à l’été 2024 pour qu’il honore ses deux premières capes internationales, avec une grosse performance lors du deuxième test (perdu) avec un total de 20 plaquages. À cause de blessures, le Montpelliérain n’a pas pu enchaîner l’été dernier en Nouvelle-Zélande, puis lors de la dernière tournée d’automne. Avant de le mettre dans les meilleures conditions : le MHR l’a préservé lors des quatre matches disputés (et remportés) en Coupe d’Europe cette saison. Ce qu’avait expliqué Joan Caudullo : «Lenni ne jouera pas la Challenge Cup, ce qui va lui offrir une période de développement. On va le confier à nos préparateurs physiques et il va se développer.» Avec 6 essais inscrits en 13 matches cette saison en Top 14 et un abattage colossal, que ce soit en attaque ou en défense, Lenni Nouchi a logiquement été appelé à Marcoussis pour son premier Tournoi des six nations chez les «grands».
Il est «LE troisième-ligne français», selon Bernard Laporte
Depuis le début de la saison, Lenni Nouchi multiplie les performances de premier plan. Bernard Laporte, ancien sélectionneur XV de France désormais le directeur du rugby au MHR, s’est montré plus que laudatif auprès de nos confrères de Midi Libre, évoquant «un gars qui arrive plein pot et pour qui j’ai beaucoup d’affection. La concurrence va être terrible. Je trouve que Lenni est un très, très grand joueur de rugby. Pour moi, c’est LE troisième ligne français, en numéro 8 ou à l’aile, il sait tout faire. En plus, il a compris qu’annoncer les touches était une plus-value. Il s’intéresse à tout et, surtout, il arrive au top au bon moment». Et Sébastien Calvet, son ancien manager chez les U20, d’ajouter dans Sud Ouest : «Il a une palette complète, il est très efficace dans toutes les tâches de combat et il crée du danger quand il porte le ballon. Il n’a pas un superpouvoir mais plusieurs.» Un seul petit bémol soulevé par Joan Caudullo : «Il a encore du boulot pour développer son leadership.» Presque parfait.