Grâce aux succès d’audience de France-Irlande et du Crunch, le Tournoi des 6 Nations s’annonce comme une véritable bouffée d’oxygène pour la FFR.

Dans un rapport publié lundi soir, la Cour des comptes a mis en lumière la fragilité persistante des finances de la Fédération Française de Rugby. Une situation encore largement plombée par les conséquences financières de l’organisation de la Coupe du monde 2023. À ce jour, le déficit directement imputable à l’événement est estimé à 20 millions d’euros, auxquels pourrait s’ajouter un redressement fiscal de l’ordre de 7 millions d’euros. Sur ce dernier point, les dirigeants fédéraux ont engagé des discussions avec le ministère de l’Économie, à Bercy, afin de déterminer si l’État, également actionnaire de l’épreuve, pourrait faire preuve de clémence.

Pour autant, le tableau dressé par les magistrats financiers n’est pas uniquement sombre. Le rapport salue également un plan de redressement jugé « de grande qualité », engagé depuis plusieurs mois par le président Florian Grill et son équipe. Une politique de rigueur assumée, qui s’est traduite par une réduction significative des coûts d’exploitation de l’instance, une diminution du train de vie de l’équipe de France, la baisse des frais de déplacement, la suppression des cartes affaires des élus fédéraux et le recours accru au mécénat. L’actuelle gouvernance affiche même un objectif clair : un retour à l’équilibre financier d’ici deux ans. Un horizon ambitieux, d’autant que les dividendes versés par CVC depuis 2021, estimés à plusieurs millions d’euros par an, cesseront en 2026.

9 millions d’euros de bénéfices attendus pour France – Angleterre

Malgré ces incertitudes, les signaux récents sont encourageants. La renégociation du contrat de location du Stade de France avec le nouveau concessionnaire, GL Events, a permis une baisse très significative du coût par match, longtemps figé à 1,2 million d’euros. Cette évolution change profondément l’équation économique des rencontres internationales disputées à Saint-Denis.

La FFR s’attend ainsi à réaliser des marges importantes lors du Tournoi des 6 Nations 2026. Le choc France Angleterre du 14 mars devrait générer 9 millions d’euros de recettes billetterie. En ajoutant les hospitalités et une fois le coût de location déduit, le bénéfice net attendu atteint 8,5 millions d’euros. Le match d’ouverture face à l’Irlande, disputé un jeudi soir, offrira des recettes légèrement inférieures en raison de prix de billets plus accessibles, mais la fédération table malgré tout sur 6 millions d’euros de bénéfice.

La stratégie de délocalisation ponctuelle porte également ses fruits. Le récent France Fidji disputé à Bordeaux, dans un stade de 42 000 places loué à un coût modique, a permis de dégager 2,5 millions d’euros de recettes nettes. Autant de ressources précieuses pour renflouer les caisses, rassurer les partenaires bancaires, soutenir le XV de France et, surtout, apporter des moyens indispensables au rugby amateur. Dans un contexte encore fragile, ces résultats offrent donc à la FFR une bouffée d’oxygène bienvenue.