L’information a peu cir­culé mais l’é­lue d’op­po­si­tion gre­no­bloise Dominique Spini affirme avoir saisi fin novembre 2025, le pro­cu­reur de la République de Grenoble par l’intermédiaire de son avo­cat Me Thierry Aldeguer. Elle informe avoir déposé une plainte pénale « face à des faits
qui peuvent consti­tuer des infrac­tions de prise illé­gale d’intérêt, de favo­ri­tisme ou de
détour­ne­ments de fonds publics. » Et demande ainsi l’ouverture d’une enquête pré­li­mi­naire visant notam­ment Lucille Lheureux, adjointe gre­no­bloise aux cultures.

Les faits sur­ve­nus en 2021 concernent des tran­sac­tions finan­cières que Dominique Spini juge dou­teuses et qui concernent l’ad­jointe, son com­pa­gnon Éric Recoura, ex-employé de la mai­rie, et Odile Barnola, ex-direc­trice de cabi­net d’Éric Piolle. Le tout avec l’a­val du maire. Outre l’ou­ver­ture d’une enquête pré­li­mi­naire, l’é­lue d’op­po­si­tion réclame l’audition de ces quatre prin­ci­paux acteurs.

Dominique SPINI ALIM

Dominique Spini Alim, conseillère muni­ci­pale d’op­po­si­tion et membre de l’équipe de cam­pagne d’Alain Carignon. © Corentin Bemol – Place Gre’net

La pre­mière concer­née, Lucille Lheureux, a accédé à seule­ment 25 ans au poste d’ad­jointe à l’espace public et à la nature en ville à Grenoble, lors du pre­mier man­dat d’Eric Piolle en 2014. Ce après avoir été quelques années ensei­gnante à temps par­tiel d’histoire-géographie en col­lège. Puis cette fidèle parmi les fidèles est deve­nue, en sep­tembre 2020, adjointe aux cultures au sein de la majo­rité reconduite.

Partante pour un nou­veau man­dat mais cette fois à la tête de la Ville, celle-ci s’est por­tée volon­taire durant l’été 2025 pour repré­sen­ter la majo­rité sor­tante aux muni­ci­pales 2026, aux côtés de Margot Belair, Nicolas Beron et Laurence Ruffin. Mais elle s’est fina­le­ment retrou­vée seule face à cette der­nière le 21 sep­tembre, date du vote interne des mili­tants, les deux autres can­di­dats s’é­tant entre temps reti­rés. Le résul­tat a été sans appel : sur 203 votes (dont 10 blancs), seuls 13 se sont pro­non­cés en sa faveur, contre 180 pour sa rivale.

Lucille Lheureux, Margot Belair, Laurence Ruffin et Nicolas Beron Perez, en septembre 2025 alors candidats pour être tête de liste de la majorité pour l’élection municipale de mars 2026

Margot Belair, Laurence Ruffin, Lucille Lheureux et Nicolas Beron Perez, en sep­tembre 2025 alors can­di­dats pour être tête de liste de la majo­rité pour l’élection muni­ci­pale de mars 2026. © Florent Mathieu – Place Gre’net

« Je réfute le pro­ces­sus en cours », avait-elle fait savoir la veille sur son blog en s’indignant d’avoir été invi­tée à par­ti­ci­per à un « grand oral » qui devait l’opposer à Laurence Ruffin, alors qu’elle était en arrêt mala­die. Un arrêt – qui a duré plu­sieurs mois – fai­sant « suite aux inti­mi­da­tions, pres­sions et à une situa­tion dont d’autres (sic) qua­li­fient en leur qua­lité de har­cè­le­ment », expli­quait-elle. Des accu­sa­tions visant direc­te­ment le maire qui aurait clai­re­ment exprimé sa pré­fé­rence pour Laurence Ruffin et tenté de dis­sua­der Lucille Lheureux de main­te­nir sa can­di­da­ture (cf. infra).