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Entre crachats, agressions physiques et insultes, le procès d’un règlement de comptes sur fond de trafic de stupéfiants a viré à l’affrontement ce mardi. Dans une salle inadaptée à la dangerosité des protagonistes, la justice a dû rendre son verdict sous haute tension, condamnant le tireur à dix ans d’emprisonnement.
Des crachats, deux altercations physiques, des insultes et une peine de 10 ans d’emprisonnement pour tentative de meurtre… Une audience surréaliste, marquée par une violence rare en plein tribunal, s’est déroulée ce mardi 3 février au tribunal correctionnel de Toulouse.
L’affaire remonte à la nuit du 12 février 2024, peu avant minuit. Ilyès, 22 ans, s’effondre devant la station de métro Empalot, blessé par plusieurs projectiles. Touché à cinq reprises par des tirs de calibre 7,62 mm, il survit de peu à ce qui ressemble à une exécution ratée. Sur place, les techniciens de la police scientifique découvrent non seulement les douilles du tireur, mais aussi un revolver Smith & Wesson chargé au pied de la victime : Ilyès Brahim était lui-même armé pour « protéger sa vie ». La division de la criminalité organisée et spécialisée établit rapidement qu’il s’agit d’une lutte pour un point de deal. La victime et sa bande rivale s’échangent coup pour coup depuis des semaines. L’arme utilisée lors de l’agression est retrouvée quarante-huit heures plus tard lors d’une opération « Place Nette », organisée à Empalot. Envoyé au laboratoire, le pistolet permet d’identifier un ADN. Le tireur est interpellé, accompagné par ses complices.
Un an plus tard, l’audience a été organisée dans une petite salle (la numéro 7) ne disposant pas de box pour les prévenus et ne permettant pas d’avoir des débats sécurisés. Malgré la présence de la police autour, le tireur et la victime n’ont cessé de se chercher. « Je suis le tireur. Je suis un enfoiré, je le reconnais. Mais lui là, il est en prison pour avoir tapé sa femme », raconte le suspect numéro 1, âgé de 31 ans, avant de l’insulter. « Votre compagne est-elle présente dans la salle ? », demande un magistrat en s’adressant au trentenaire. « Oui, elle est au fond. Je préviens, si quelqu’un la touche, je vous défonce vous et vos mères », rétorque le prévenu, décidément intenable. Évidemment, la victime en profite pour le provoquer. Elle effectue un bisou en direction de cette femme. Le tireur perd son sang-froid et assène des coups de pied dans l’espoir d’atteindre la partie civile. L’ordinateur de Me Jocelyn Momasso-Momasso tombe au sol. Me Brice Zanin, conseil de l’un des mis en cause, assiste à la scène avec stupéfaction.
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Tout le monde est séparé. Par mesure de sécurité, le délibéré est donné dans une salle qui est, cette fois, équipée d’un box sécurisé. Mais la victime et les prévenus sont tous regroupés dans le même. Au moment du verdict, le juge annonce 10 ans d’emprisonnement pour le tireur et 2 ans pour la victime, qui détenait une arme chargée sur elle lors de la fusillade. Nouveau moment de tension. « Des coups de pied et de poing ont été échangés avant que ces personnes soient acheminées jusqu’à la prison », confie une source.