Fatigue de fin d’hiver : et si ce n’était pas l’âge ?

Février, réveils lourds, jambes molles, moral en berne :
beaucoup de femmes et d’hommes de 45 à 70 ans se reconnaissent. On
incrimine l’âge, le stress, la grisaille. La scène se répète chaque
année. Et si la vraie cause se cachait ailleurs, dans un déficit
bien identifié et saisonnier.

Le raccourcissement des jours chamboule l’horloge biologique :
la sérotonine baisse, la mélatonine augmente, d’où somnolence
matinale et motivation en retrait. Le froid incite à rester dedans,
l’activité recule, l’alimentation se charge. Ce cocktail pèse sur
le moral et entretient la lassitude. Dans ce décor, février
concentre le problème.

Février, mois critique : de novembre à mars, la vitamine D
chute

Selon l’Académie de Médecine, sous nos latitudes, de
novembre à mars, l’angle du soleil est trop bas
pour permettre la synthèse cutanée de vitamine D.
En clair, le corps ne la fabrique quasiment plus. Les stocks
constitués l’été s’épuisent progressivement. En
février, ils touchent souvent le plancher.

La vitamine D agit comme une hormone qui facilite l’entrée du
calcium dans les cellules. Sans elle, les muscles manquent de
tonus, les os ne tirent pas pleinement profit du calcium
alimentaire, l’immunité devient plus vulnérable. Résultat très
concret : jambes lourdes, faiblesse musculaire, épuisement au
réveil, moral à plat. Une mécanique qui éclaire la fatigue
de fin d’hiver
.

Les signes qui trahissent le manque et les +60 ans en première
ligne

Chez les plus de 60 ans, la peau synthétise
moins bien la vitamine D et les sorties s’espacent. Des signaux
doivent alerter : sommeil peu réparateur, difficultés de
concentration, baisse de motivation, douleurs diffuses, faiblesse
musculaire, perte d’intérêt social, appétit qui change. Ces
manifestations passent parfois pour “normales” avec l’âge, alors
qu’un déséquilibre saisonnier est en cause.

La photographie nationale est parlante : selon l’étude Esteban
de Santé publique France, près de 80 % des adultes
présentent une insuffisance en vitamine D en fin d’hiver. Un dosage
de 25(OH)D met fréquemment en évidence un niveau inférieur à
20 ng/mL à cette période. Une correction adaptée
suffit souvent à retrouver de l’énergie en quelques semaines,
scénario classique observé en pratique.

Vitamine D, lumière, assiette : comment
la recharger en fin d’hiver ?

Avant toute supplémentation, miser sur l’assiette fait la
différence. L’huile de foie de morue, les poissons gras (hareng,
sardine, maquereau) deux fois par semaine, et les jaunes d’œufs
plutôt coulants apportent naturellement de la vitamine D. Comme
elle est liposoluble, consommez ces aliments avec
un peu de gras au repas (huile d’olive, avocat, noix) pour une
meilleure absorption. La lumière aide à recaler l’horloge : sortie
matinale ou luminothérapie encadrée.

Quand la fatigue persiste, un bilan médical s’impose. Le médecin
peut demander un dosage et décider, si besoin, d’une correction
encadrée, car des prises fortes et à l’aveugle exposent à un
surdosage toxique. Les gestes quotidiens complètent le tableau :
horaires réguliers de sommeil, activité physique modérée,
hydratation et exposition à la lumière. Chez les seniors, cet
ajustement change souvent la donne.