À l’occasion de la journée mondiale contre le cancer, le directeur de la recherche de l’institut Gustave-Roussy, Fabrice André, et la professeure d’immunologie Karin Tarte, appellent sur France Inter à financer la recherche.
Publié le 04/02/2026 11:00
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La professeure d’immunologie, Karin Tarte et le directeur de la recherche de l’institut Gustave-Roussy, Fabrice André, sur France Inter le 4 février 2026 sur France Inter. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)
« Des progrès ont été faits » dans la lutte contre le cancer, mais « on est très loin de l’objectif », soulignent mercredi 4 février s France Inter le directeur de la recherche de l’institut Gustave-Roussy, Fabrice André, et la professeure d’immunologie Karin Tarte, à l’occasion de la journée mondiale contre le cancer. Pour continuer à faire avancer la recherche, ils appellent à financer la science fondamentale, c’est-à-dire à enrichir les connaissances sur le fonctionnement notamment du corps humain.
Aujourd’hui, « des progrès ont été faits, la mortalité par cancer a diminué », souligne Fabrice André. « Pour autant, on est très de l’objectif », dit-il, prenant l’exemple de la mortalité du cancer chez les hommes, qui est encore aujourd’hui de 110 pour 100 000 hommes. « Il y a une tendance positive mais on est très loin du but. »
Plusieurs nouveaux outils et nouveaux traitements sont d’ores et déjà mis en place pour mieux lutter contre les cancers. Les thérapies cellulaires, par exemple, ont « révolutionné la prise en charge des patients en hématologie », explique Karin Tarte, cheffe du service d’immunologie au CHU de Rennes et présidente du Comité d’orientation de la recherche de la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer. Il s’agit de « prendre des cellules immunitaires saines dans le sang du patient et de les modifier pour les rendre capables de reconnaître et de détruire la tumeur », poursuit la professeure. « On les adresse comme des petits missiles vers la tumeur. » Aujourd’hui, l’enjeu est d’arriver à utiliser ce type de stratégie pour soigner d’autres tumeurs.
Les vaccins sont aussi une source d’espoir pour lutter contre les cancers. « Leur intérêt est immense », souligne Karin Tarte. « L’idée, c’est d’utiliser les vaccins comme on le fait en vaccination anti-infectieuse, mais cette fois-ci avec un vaccin curatif, pas préventif », explique-t-elle. En la matière, le vaccin à ARN messager, dont le développement a explosé ces dernières années à la faveur de la lutte contre le Covid, présente un grand intérêt puisqu’il permet de « stimuler une réponse immunitaire chez les patients ». « C’est fascinant et c’est vraiment un espoir important, notamment dans les tumeurs solides aujourd’hui », affirme la professeure.
Mais pour parvenir à développer ces traitements, la recherche a besoin de financements, soulignent Karin Tarte et Fabrice André. « On pense qu’avec l’état de la connaissance actuelle, on doit pouvoir arriver à plus de 80% de guérison » des cancers à l’horizon « 15-20 ans », estime l’oncologue. Mais « il y a des choses qu’on ne connaît pas aujourd’hui et il va falloir générer la connaissance, donc il va falloir soutenir ce qu’on appelle la science fondamentale pour créer la connaissance », dit-il. « Il ne faut pas laisser penser qu’avec les données qu’on a actuellement, on va guérir tous les cancers dans un horizon court. »
Les financements pour la recherche contre le cancer en France sont « insuffisants », confirme Karin Tarte. Aujourd’hui, « 40% de la recherche est financée par les dons, par les associations caritatives, comme la Fondation ARC, la Ligue contre le cancer » et « il est évident qu’il faut des investissements supplémentaires ».