Cinquante ans après son ouverture au public, « aucun investissement n’avait été réalisé pour entretenir le lieu », rappelle Didier Jeanjean. À la veille de l’inauguration de cette réhabilitation, jeudi 5 février, l’adjoint au maire en charge de la ville apaisée souligne « ici l’illustration concrète » d’une volonté politique d’aménagements des parcs et jardins, dont le budget aura été multiplié par deux durant la mandature, pour atteindre les 60 millions d’euros. Et dont 4,84 millions ont été consacrés à ce site.
Renouer avec l’esprit d’origine
Redessinée, l’esplanade, voulue pour être le poumon vert de ce quartier de 2,5 ha érigé dans les années 1960, n’a pas totalement perdu de son esprit originel. Quand bien même il a fallu adapter aux usages du moment la « vision de la forêt landaise » voulue par son créateur Jacques Sgard. Une atmosphère de côte Atlantique que la Ville a souhaité accentuer en dotant le bassin de la préfecture d’un deck pour profiter du soleil, et d’assises larges invitant à la paresse, quand d’autres bancs sont parés de bleu.

Les ganivelles délimitant les espaces revégétalisés au pied des arbres seront amenées à disparaître, une fois les plantations développées.
GUILLAUME BONNAUD / SO
Mais la question du retour du grand bassin, comblé depuis déjà trente ans a définitivement été tranchée. N’en déplaise à son concepteur qui le plébiscitait « au regard du propos environnemental ». Son armature en béton, détruite au printemps dernier a permis l’aménagement de terrasses de pelouses en espaliers, au sommet desquelles une placette éclairée de 200 mètres carrés a vu le jour. Où la Ville, qui procédera ici à l’inauguration, entrevoit le développement d’animations pour « cette dalle sous-fréquentée », note Didier Jeanjean. Alors que le quartier compte un petit millier de résidents et est surtout fréquenté quotidiennement par près de 20 000 personnes.
« Jusqu’en 2020, seul le parc de l’hôtel de ville était accessible aux personnes à mobilité réduite »
“ Éclairage intelligent ”
Il importait donc pour Olivier Escots que ce programme de réhabilitation intègre l’Agenda d’accessibilité programmée (Ad’AP), qui vise à mettre en conformité avec la loi Handicap de 2005, les espaces recevant du public. Parmi lesquels figurent aussi les 69 parcs et jardins de la ville, dont l’adjoint au maire chargé du handicap relève que « jusqu’en 2020, seul celui de l’hôtel de ville était accessible ».

L’esprit « côte landaise » voulu par le concepteur de l’esplanade dans les années 1970, est accentué par le choix d’un mobilier de couleur bleue.
GUILLAUME BONNAUD / SO
Malgré un important dénivelé entre le cours d’Albret et la préfecture, tous les cheminements de l’esplanade ont été retravaillés en pentes douces, là où « des volées de marches s’enchaînaient ». La pose d’un revêtement dit « stabilisé renforcé », aplanissant les voies de circulation, offre désormais une circulation sécurisée aux personnes à mobilité réduites comme aux poussettes, tout en permettant une relative perméabilité des sols. Une mise en conformité qui pèse pour près de la moitié de la facture globale de la rénovation de l’esplanade.
Cette dernière devrait aussi gagner en sécurité, longtemps pointée du doigt, avec la reprise totale de l’éclairage. Qualifié « d’intelligent et indépendant », il est la nuit de faible intensité pour préserver la biodiversité, mais peut voir l’intensité de ses LED modulée, en fonction des usages. Les esthètes noteront que le dessin des appliques suspendues se veut un rappel des différentes formes de croix, figure imposée du projet architectural de Willerval et Lagarde. Quant à la tranquillité d’un public se plaignant des divagations de chiens, Didier Jeanjean veut croire qu’elle sera retrouvée, avec l’implantation d’un caniparc. Le dispositif permettant dès lors de verbaliser les propriétaires de toutous non tenus en laisse sur les pelouses. Et de rappeler, à l’attention des opposants à cet équipement, que « le caniparc est en phase expérimentale pour une durée d’un an ».
Échéance au terme de laquelle le réaménagement du site achèvera son ultime phase, au sud, avec l’extension de l’aire de jeux proposant des espaces et des infrastructures dédiés selon les âges.