Tom Félix à son arrivée à l’aéroport de Roissy - Charles-de-Gaulle, le 5 février 2026. Tom Félix à son arrivée à l’aéroport de Roissy – Charles-de-Gaulle, le 5 février 2026. GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

C’est la fin du calvaire pour le Français Tom Félix. L’homme de 34 ans a atterri jeudi 5 février vers 6 h 30 du matin à l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle, après plus de neuf cents jours de détention en Malaisie, a constaté un vidéaste de l’Agence France-Presse (AFP).

Le visage marqué par la fatigue, mais souriant, veste kaki sur le dos par-dessus un sweat à capuche rouge, Tom Félix est tombé dans les bras de ses proches, qui l’attendaient dans le hall des arrivées de l’aéroport parisien. « La Malaisie m’a volé neuf cents jours de ma vie », a-t-il déclaré aux journalistes présents. « La cour criminelle de Alor Setar m’a acquitté (…) dans un jugement clair, sans ambiguïté, sans réserve. Je n’ai jamais trafiqué de drogue. »

Cet ancien cadre au sein du groupe français Veolia, diplômé en aquaculture et biologie marine, avait été arrêté le 9 août 2023 alors qu’il s’apprêtait à ouvrir un restaurant à Langkawi, une île du nord-ouest de la Malaisie. Dans la maison où il était hébergé par son associé malaisien, la police avait trouvé plusieurs centaines de grammes de cannabis dans les pièces communes.

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S’il avait été reconnu coupable de possession et de trafic de drogue, Tom Félix aurait encouru soit la peine de mort, soit cent quatre années de détention cumulées.

« Punis de la pire des manières »

Alors qu’il a toujours contesté les accusations le visant, Tom Félix a été acquitté par la Haute Cour criminelle d’Alor Setar, ville située à 500 kilomètres au nord-ouest de Kuala Lumpur. « Dans cette affaire, le tribunal n’a pas réussi à établir la preuve de la culpabilité…, l’accusé est donc acquitté et libéré », a ainsi annoncé la juge, mardi.

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« Depuis le 9 août 2023, j’ai été maltraité dans les locaux des gardes à vue, dans une prison où croupissent des détenus qui sont punis au quotidien de la pire des manières. J’ai tenu, j’ai résisté, et je pense aux autres qui sont toujours là-bas », a ajouté Tom Félix, qui s’est dit « très fatigué ».

« Il a attendu un procès pendant plus de trois ans. Les audiences ont été longues, espacées, reportées, mais à la fin de l’audience on a su qu’il était innocenté. Il a été acquitté parce qu’il n’y avait aucun élément de preuve contre lui. C’est une merveille pour nous que son innocence soit enfin reconnue », a déclaré à l’AFP, à l’aéroport, Blandine Gentil, l’une de ses avocates.

Tom Felix aux côtés d’agents des services de l’immigration malaisiens après qu’il a été acquitté par la justice, à Alor Setar, le 3 février 2026. Tom Felix aux côtés d’agents des services de l’immigration malaisiens après qu’il a été acquitté par la justice, à Alor Setar, le 3 février 2026. HAKIM MUSTAPHA/AFP

Accompagné de ses parents, Tom Félix avait décollé de l’aéroport de Kuala Lumpur mercredi à 23 h 45, heure locale (16 h 45 mardi à Paris), à bord d’un vol Malaysian Airlines.

« Il va falloir qu’on le soigne, qu’on le requinque et puis qu’on prenne le temps de panser ses blessures. J’espère qu’il va avoir la force de continuer de vivre avec ses blessures. On va l’aider à les panser, à se reconstruire », a déclaré sa mère, Sylvie Félix, à son arrivée à Paris.

Le Monde avec AFP