C’est une première en Normandie. A Rouen, le Centre de lutte contre le cancer Henri Becquerel a récemment équipé l’un de ses scanners d’intelligence artificielle (IA). Le 29 janvier, cette technologie, connue sous le nom d’Ethos, a permis pour la première fois à un patient souffrant d’un cancer de la prostate de recevoir une séance de radiothérapie adaptée grâce à l’intelligence artificielle. « L’IA permet de choisir le meilleur compromis entre la dose délivrée à la tumeur et ce qu’on va préserver des tissus sains », souligne Anne Gasnier, physicienne médicale. Cette avancée thérapeutique permet également de s’adapter à l’anatomie du patient au jour le jour. « Avant, c’était le patient qui devait s’adapter à la machine avec une préparation bien spécifique (concernant le cancer de la prostate), explique-t-elle. La vessie devait être remplie à une certaine hauteur et le rectum devait être vide. » Maintenant, bien qu’il ait toujours une préparation de base, c’est la machine, le logiciel et la dosimétrie qui s’adaptent au patient.

Valentin Jorel et Clémentine Roussel Terrier positionnent et échangent avec le patient durant la séance. Ils vérifient les zones délimitées par l'IA qui vont être traitées, et lancent le traitement après l'accord du médecin.Valentin Jorel et Clémentine Roussel Terrier positionnent et échangent avec le patient durant la séance. Ils vérifient les zones délimitées par l’IA qui vont être traitées, et lancent le traitement après l’accord du médecin.

Une formation d'un an a été suivie par une vingtaine de personnes de l'équipe médicale, physique et paramédicale. A chaque séance, il est impératif que deux manipulateurs, un médecin et un physicien soient présents.Une formation d’un an a été suivie par une vingtaine de personnes de l’équipe médicale, physique et paramédicale. A chaque séance, il est impératif que deux manipulateurs, un médecin et un physicien soient présents.

Améliorer la qualité de vie des patients

« L’objectif est de faire des traitements plus courts, avec moins de séances et avec une dose un peu plus élevée à chaque fois, pour diminuer les risques indésirables que peuvent provoquer les séances, comme des inflammations de la vessie », explique Pascquale Vitucci, onco-radiothérapeute au centre Becquerel.

Anne Gasnier, physicienne médicale, assure la distribution quotidienne de rayons X au patient pendant les séances. Pascquale Vitucci, médecin, autorise le traitement tout en vérifiant qu'il n'affecte pas les autres organes.Anne Gasnier, physicienne médicale, assure la distribution quotidienne de rayons X au patient pendant les séances. Pascquale Vitucci, médecin, autorise le traitement tout en vérifiant qu’il n’affecte pas les autres organes.

Cette avancée a nécessité un investissement matériel de 4,5 millions d'euros. Cette innovation existe déjà dans d'autres villes comme à l'hôpital Tenon à Paris, l'ICM de Montpellier ou encore au Centre Sainte-Catherine à Avignon.Cette avancée a nécessité un investissement matériel de 4,5 millions d’euros. Cette innovation existe déjà dans d’autres villes comme à l’hôpital Tenon à Paris, l’ICM de Montpellier ou encore au Centre Sainte-Catherine à Avignon.