Charles, Charles ! Est-ce que vous avez fait pression sur la police pour qu’elle enquête sur Andrew ? » La question a surgi de la foule réunie le long de la rue principale du village. Aussitôt, des agents de sécurité viennent entourer l’homme qui l’a lancée tandis que le roi et la reine sont conduits de l’autre côté de la rue. À son tour, un journaliste tente une question au souverain à propos de son frère, rapporte l’agence PA. Le roi ne détourne pas la tête. Le scandale des dossiers Epstein est partout, et l’implication du cadet de Charles III voit de fait la famille royale associée malgré elle à cette affaire sordide. Sauvés par le déluge, qui leur donne un prétexte et permet à Leurs Majestés de s’abriter derrière de grands parapluies, le bain de foule du jour est vite écourté.
Des clichés salaces dispersés dans la rue
Il est à quatre pattes, penché au-dessus d’une jeune femme dont le visage est masqué par un carré noir. Cette image, prise chez Jeffrey Epstein alors qu’Andrew était encore prince, est l’une des dernières pièces dévoilées par le ministère de la justice américain. Or la veille de la visite du roi et de la reine dans cette paisible petite bourgade de Dedham, des copies de ce cliché se sont retrouvées éparpillées dans la rue principale du village, rapporte le quotidien East Anglian Daily Times.
Une initiative qui rappelle les projections orchestrées par un groupe d’activistes sur les murs du château de Windsor, en septembre dernier, au soir de l’arrivée en Angleterre du président Trump pour une visite d’État.
Le sujet des violences conjugales et sexuelles
Ce jeudi, le roi et de la reine venaient rencontrer les « héros locaux », qu’ils œuvrent auprès de l’hospice, dans une association artistique, dans la lutte contre le cancer ou celle contre les violences conjugales. La reine Camilla, comme la duchesse d’Édimbourg, sont en effet toutes deux engagées dans le combat contre les violences sexistes, domestiques, conjugales et sexuelles. Le communiqué publié par le palais royal le 30 octobre, pour annoncer le retrait de tous ses titres et honneurs à Andrew Mountbatten-Windsor, se concluait d’ailleurs par cette phrase : « Leurs Majestés tiennent à préciser que leurs pensées et leur plus profonde sympathie ont été, et resteront toujours, avec les victimes et les survivants de toutes formes d’abus« .
Le roi Charles au Sun Inn, l’incontournable pub-auberge du village. © Arthur Edwards/WPA Pool/Shutterstock/SIPA
Première étape de leur visite : The Sunn Inn, auberge centenaire devenue pub bistronomique. Charles et Camilla y font la rencontre du professeur Christopher Booth, résident de Dedham et ancien pratiquant à l’hôpital de Colchester. Il y a 26 ans il fondait l’association CHAPS, en soutien aux malades du cancer de la prostate, et milite pour une campagne nationale et un grand programme de dépistage.
Parmi d’autres acteurs de la communauté, les souverains rencontrent aussi les femmes qui s’occupent de gérer la boutique caritative de l’hospice. Le roi et la reine font même un passage par les cuisines du pub où ils sont reçus. Le chef propose à Camilla de participer à la préparation des raviolis, elle s’exécute mais précise sans détour : « Je suis plus douée en Martini ! »
La reine des raviolis ? Pas sûr. © Arthur Edwards/WPA Pool/Shutterstock/SIPACamilla et Edward interpellés sur l’affaire Epstein
La veille déjà, Camilla était interpellée par une journaliste d’ITV à son arrivée dans une école du quartier de Camden, où elle venait pour inaugurer une bibliothèque. « La famille royale va-t-elle aider dans l’enquête sur l’affaire Epstein ? Avez-vous un message pour les victimes d’Epstein ? » lui demandait la reporter. Le 3 février, c’est le prince Edward qui était pris à partie au cours d’une table ronde donnée à Dubaï sur le thème de l’éducation. La journaliste de CNN chargée d’animer la discussion lui a demandé comment il vivait toute cette affaire. Désarçonné, le duc d’Édimbourg a éludé la question en rappelant que « l’important est de ne jamais oublier les victimes« .
Dans ce contexte, « Keep calm and carry on » ou encore « Never complain, Never explain” ne sont plus des solutions. Le silence est intenable. Pour éviter qu’il continue à être photographié sur le domaine royal autour du château, Charles III a demandé à Andrew de quitter Windsor et le manoir de Royal Lodge. Ce fut chose faite dans la nuit de lundi 2 au mardi 3, le plus discrètement possible. Andrew est désormais reclus à Wood Farm, dans le Norfolk, en attendant la fin des travaux de rénovation de Marsh Farm, où l’hébergera désormais son frère sur son domaine privé de Sandringham. Un éloignement loin de suffire à éteindre l’incendie.
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