Maintenir l’investissement permettant la transformation du territoire, tout en optimisant la gestion des ressources, pour garantir une fiscalité stable et un endettement soutenable. Cela ressemble à un numéro d’équilibriste, dans un contexte politique très instable, imposant de tenir compte d’une politique budgétaire nationale qui restreint les moyens alloués aux collectivités…
Le budget primitif 2026, présenté ce jeudi 5 février au conseil métropolitain du Grand Nancy par Vincent Matheron, vice-président délégué aux finances, est censé concilier tout cela. « Ce budget a été construit avant l’adoption du projet de loi de finances 2026 mais il tient compte, cependant, de la nouvelle ponction de l’État évaluée à 8 millions d’euros qui s’ajoute à celle de l’an dernier, a souligné Vincent Matheron. Malgré un contexte exceptionnel, ce budget reflète notre engagement à concilier rigueur budgétaire et ambition à l’égard de nos services publics. »
Une épargne brute qui régresse
Le budget primitif de la Métropole du Grand Nancy présente à la fois les dépenses et les recettes, de fonctionnement et d’investissement, du budget principal et de huit budgets annexes (eau, assainissement, réseau métropolitain de télécommunications, service public de l’assainissement non collectif, parc de stationnement, congrès-événements, transports, déchets ménagers).
Pour l’exercice 2026, il est prévu une dépense totale de 871,6 M€, tous budgets confondus, dont 701 M€ de dépenses réelles (soit une baisse de – 2,64 %), tandis qu’en recettes (hors emprunts nouveaux), tous budgets confondus, le montant est prévu à hauteur de 765,6 M€, dont 595,1 M€ en recettes réelles. En investissement, 175, 9 M€ sont programmés pour les dépenses d’équipement.
« Le solde de la section de fonctionnement dégage une épargne brute de 88,9 M€ qui régresse de près de 6 % par rapport au budget primitif de 2025 », a détaillé Vincent Matheron.
L’encours de la dette de la Métropole du Grand Nancy, qui était de 668,45 M€ en 2022, est passé à 792,4 M€ (tous budgets confondus) au 1er janvier 2026 et a progressé de 45 M€ par rapport à 2025. « Le remboursement du capital de la dette est fixé à 74,8 M€ en 2026, ce qui permet d’obtenir une épargne nette de 14,1 M€, a tenu à rassurer le vice-président délégué aux finances. L’encours de la dette est sécurisé. »
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L’opposition réagit
Dans l’opposition, Laurent Garcia, représentant le groupe Grand Nancy Perspectives, n’a pas manqué de réagir, en comparant le budget primitif 2026 avec le dernier budget primitif de la mandature précédente. « Entre 2020 et 2026, les dépenses de fonctionnement ont progressé de 22,7 %, soit près de 3,8 % par an », a souligné le maire de Laxou, en notant que « certains postes ont augmenté plus que la moyenne, notamment les frais de personnel (+ 24 %) et les frais financiers (+33 %). »
« Finalement, ce n’est pas très compliqué d’équilibrer un budget, a ironisé Laurent Garcia. Il manque des recettes ? Pas de soucis. À défaut de vouloir s’interroger sur le niveau des dépenses, il reste deux leviers : la fiscalité et l’emprunt. » Une grande partie de la progression de la dette métropolitaine est due au budget transport, où la dette a doublé, passant de 130 M€ à 258 M€, faute d’autofinancement mais aussi de subventions pour les investissements.
Des marges de manœuvre réduites
Vincent Matheron a répondu à Laurent Garcia que « la comparaison avec le budget primitif de 2020 est très fragile ». « Vous avez oublié tous les chocs exogènes que nous avons connus depuis la crise sanitaire, a insisté le vice-président délégué aux finances. Vous avez aussi oublié de dire qu’il y a eu une revalorisation du point d’indice des agents et vous ne précisez pas non plus les choix politiques structurants que nous avons faits pour l’attractivité du territoire alors que l’État n’a cessé d’amoindrir nos marges de manœuvre. »
De son côté, le président, Mathieu Klein, s’est félicité que la Métropole ait « réussi à maintenir un taux de désendettement au même niveau que celui de 2019 », en promettant que les taux d’impôts locaux n’augmenteront pas.
Le budget primitif 2026 a été adopté sans les voix du groupe Grand Nancy Positive qui a voté contre (sauf les vice-présidents).