« On peut rire de tout mais pas forcément avec n’importe qui » disait Pierre Desproges. Parce qu’il est le fils de survivants de l’Holocauste, le comédien Éric Feldman s’autorise tout sur le sujet, sur le ton de la blague dans On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie. Son seul en scène rappelle ainsi avec humour – et de manière tout aussi efficace qu’un documentaire ou un livre sérieux – une vérité toujours bonne à rappeler alors que grandit l’antisémitisme en France et ailleurs : l’extermination systématique et organisée de 6 millions de juifs par l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale. Et comment ce crime de masse marque sur plusieurs générations les descendants des survivants, et au-delà de la communauté juive, le monde contemporain dans son ensemble « malade des camps », selon le psychanalyste Gérard Haddad.
Un cours de yoga en direct
Éric Feldman prend son temps avant d’entrer dans le vif du sujet : le seul en scène commence par un cours de yoga détourné, auquel les spectateurs sont invités à participer. Un peu timide, Feldman décide de mener son « stand-up » assis dans un fauteuil pour ne pas faire comme tout le monde, et c’est en jongleur de mots qu’il …