Pendant le 48ᵉ Festival international du court métrage, jusqu’au 7 février, “Télérama” partage ses coups de cœur. Aujourd’hui, “La Dernière Neige”, film horrifique de Rodolphe Bouquet-Populus, à voir sur notre site jusqu’à samedi soir 7 février.
- Très Bien
Publié le 05 février 2026 à 18h00
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Nuit de tradition et descente aux flambeaux dans la station. Guillaume, skieur solo, s’élance sur les traces de ses amis qui l’auraient devancé sur « la seule piste nocturne » ouverte, croisant la rouge qui finit dans les cailloux. Mais, pendant l’ascension, le télésiège se bloque. La chorégraphie en S dessinée par les lampions des moniteurs ESF se dérègle. Et des cris au loin résonnent…
On l’avait vu venir, mais ça n’ôte rien au plaisir. Gros plan sur les rouages des remontées mécaniques, giclées de sang, souffle funeste dans les oreilles, etc. Le réalisateur Rodolphe Bouquet-Populus ne recule devant aucun effet de genre, entre hommage assumé et vraies bonnes idées. On goûte au jeu les mains moites et un grand sourire aux lèvres, enthousiasmé par une bande-son presque rétro et des plans léchés — une contre-plongée au drone pour le style, une GoPro suggestive pour l’horreur —, métamorphosant la banale station de ski en grand manège hanté. Un cauchemar vivifiant, aussi politique et environnemental, nous rappelle le générique de fin, décidément malin.
Entretien avec le réalisateur, Rodolphe Bouquet-Populus
Rodolphe Bouquet-Populus. Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg
Qui êtes-vous ?
Je m’appelle Rodolphe Bouquet-Populus, j’ai 31 ans et je me suis arrêté à ma première étoile sur les pistes de ski.
Votre parcours avant ce film ?
Après des études de commerce à Lille, j’ai autoproduit et réalisé en 2019 mon premier court métrage, Tinder Surprise, avec Raphaël Quenard, le tout premier comédien à m’avoir fait confiance comme réalisateur. J’ai poursuivi mon parcours en rejoignant ensuite le label de longs métrages de genre Parasomnia Productions en tant que producteur associé. Aujourd’hui, je me consacre pleinement à l’écriture et à la réalisation.
Pourquoi ce court aujourd’hui ?
La Dernière Neige naît de deux envies : réaliser un film de monstre à la montagne — car c’est un univers et un folklore incroyables — et parler de l’avenir de ces stations de ski. Le manque de neige en raison du réchauffement climatique est une problématique de plus en plus prégnante chaque année, des dizaines de milliers d’emplois et la survie de nombreuses stations sont en jeu. Jusqu’où peut-on aller pour sauver son environnement quand celui-ci change inexorablement ? Nous avons voulu poser cette question en creux, derrière l’aspect fantastique. Si le film naît aujourd’hui, c’est aussi grâce à une rencontre avec Basile Vincent, le producteur, qui n’a pas hésité à monter sa propre société de production (Fulguerrant Films) pour qu’on mène à bien cette aventure ensemble.
“Le Règne animal” m’a beaucoup ému.
Citez trois cinéastes ou trois films qui vous ont donné envie de faire du cinéma, qui vous ont influencé ?
Trois films fantastiques m’ont particulièrement influencé ces dernières années. Titane et son changement de ton radical au cours du film, la puissance contenue du jeu de Vincent Lindon et le discours de Julia Ducournau à Cannes. Le Règne animal m’a beaucoup ému, notamment quand Romain Duris se demande s’il a plus peur de retrouver sa femme ou de ne jamais la revoir. Enfin, j’apprécie vraiment le renouveau que Zach Cregger a apporté dans le cinéma d’horreur avec Barbarian et Évanouis.
Quelle est votre profession, court métragiste ?
Je suis auteur-réalisateur de fictions et j’ai la chance aujourd’hui de pouvoir vivre de mon métier.
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Après le court, forcément le long ?
Avec l’équipe du film, nous avons toujours voulu développer La Dernière Neige en long métrage et poursuivre l’aventure ensemble. Le parcours du court en festivals nous a permis de lancer le développement du long et nous sommes actuellement en écriture, je rentre justement d’une semaine en immersion chez les pisteurs-secouristes de la station.
Votre histoire avec Clermont ?
J’ai eu le plaisir de venir deux fois comme spectateur à Clermont et ça me rend d’autant plus heureux de pouvoir y aller avec un film cette année !
Le meilleur court métrage de ces dix dernières années ?
Les comédies d’Adrien Guedra-Degeorges et Maxime Azzopardi (Avant-garde, Les Gendarmes et les Voleurs), qui présentent toujours des situations intelligentes, originales et surtout très drôles.
Le meilleur court métrage de tous les temps ?
On reste dans les dix dernières années, mais Free Fall, d’Emmanuel Tenenbaum, et Fairplay, de Zoel Aeschbacher, m’ont beaucoup marqué.
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