Quelle menace a bien pu peser sur Amine Kessaci ? Le militant écologiste et anti-drogue a été exfiltré jeudi soir par ses gardes du corps lors du meeting de Marc Pena, candidat socialiste à la mairie d’Aix-en-Provence, où il devait intervenir en tant qu’invité « surprise » puisqu’il vit sous haute protection policière, relate La Provence.
Amine Kessaci, dont le frère Mehdi a été assassiné le 13 novembre dans un probable « crime d’intimidation » en représailles à son militantisme, répondait depuis une dizaine de minutes aux journalistes présents au Château de l’Horloge, où se déroulait l’événement. « Il faut combattre le narcotrafic partout. Et je ne saurais vous dire quelle ville n’est pas frappée par ce fléau », a-t-il notamment indiqué.
Jusqu’à ce que son équipe de sécurité intervienne : « Amine, on y va ! », aurait lâché l’un de ses gardes du corps, qui avait le visage dissimulé. Et de préciser : « On ne reviendra pas ! ». « Je suis désolé », s’est excusé Amine Kessaci auprès des journalistes, avant de quitter les lieux en vitesse.
Une « alerte »
« Il y a eu une alerte », a justifié l’entourage du jeune militant, candidat sur la liste du socialiste Benoît Payan pour les municipales à Marseille, sans donner plus de précisions. « C’est horrible. Cela nous donne une idée de ce qu’il vit au quotidien » , commente, auprès de la radio Ici, une source présente lors de l’évacuation.
Les députés de la commission des Lois ont par ailleurs approuvé mercredi une proposition de loi écologiste visant à améliorer la protection des « lanceurs d’alerte » s’impliquant contre le narcotrafic. Le texte a été approuvé malgré les réserves exprimées par les groupes de la coalition gouvernementale et l’opposition du RN.
Amendé par la commission, il prévoit notamment que les services locaux de police et de gendarmerie mettent en place ces mesures de protection, et lorsque « le caractère sérieux de la menace le justifie » un service national. Ces mesures de protection peuvent aller de la simple inscription d’un numéro de téléphone sur une liste prioritaire au fait de pouvoir faire usage d’une identité d’emprunt, en passant par le fait de bénéficier d’une protection rapprochée.