Les danseurs sur glace à l’entraînement avant les Jeux olympiques de Milan-Cortina, à la Milano Ice Skating Arena, le 2 février 2026. FABRIZIO BENSCH / REUTERS
Strass et paillettes, Lycra et velours. Les patineuses et patineurs artistiques qui prennent leurs marques depuis quelques jours déjà, sur la glace de la Milano Ice Skating Arena, site des compétitions de patinage artistique des Jeux olympiques (JO) de Milan-Cortina, s’apprêtent à revêtir leurs habits de lumière et à relever le gant. Les dix meilleures nations au classement mondial ouvrent le bal avec l’épreuve par équipes, du vendredi 6 au dimanche 8 février. Et toutes – Etats-Unis, Japon, Italie, Canada, Géorgie, France, Royaume-Uni, Corée du Sud, Chine et Pologne – espèrent concourir dans une atmosphère plus sereine que celle qui présidait lors de la dernière édition, à Pékin, en 2022.
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Introduit au programme en 2014, à Sotchi (Russie), par la volonté conjointe du Comité international olympique (CIO) et de l’Union internationale de patinage (ISU) de rajeunir la plus vieille discipline des Jeux d’hiver et de lui conférer davantage de visibilité, ce rendez-vous avait viré au cauchemar dans la capitale chinoise.
Largement vainqueure grâce, notamment, à la performance de Kamila Valieva, 15 ans, première femme à réussir deux quadruples sauts aux JO – « salchow » et « boucle piqué » –, la Russie avait été rattrapée par l’annonce du contrôle positif à la trimétazidine de sa jeune star, survenu lors des championnats de Russie quelques semaines plus tôt.
La remise des médailles avait été gelée sine die pour « raisons juridiques », laissant l’attribution du titre en suspens durant deux ans et demi. Le litige une fois réglé, les Etats-Unis, initialement deuxièmes, ont finalement récupéré le titre en… août 2024, au pied de la tour Eiffel, lors des Jeux d’été à Paris. Une distinction chèrement acquise qu’ils défendront bec et ongles à Milan-Cortina, dans un contexte sportif et géopolitique radicalement différent.
Les Etats-Unis s’avancent en favoris
La Russie a été suspendue par le CIO en raison de l’invasion de l’Ukraine par les troupes du Kremlin quatre jours après la cérémonie de clôture de Pékin 2022. Les équipes du pays restent mises au ban, mais certains de ses athlètes peuvent en revanche concourir à titre individuel, sous bannière neutre, sans hymne ni drapeau. Ce sera le cas de la triple championne nationale, Adelia Petrosian, 18 ans, et de Petr Gumennik, 23 ans et champion de Russie en titre.
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L’absence du pays, poids lourd du patinage artistique, rebat les cartes au point que, pour la première fois depuis douze ans, la course au titre par équipes semble réellement ouverte. Le Canada, longtemps pilier de l’épreuve avec une victoire à Pyeongchang (Corée du Sud) en 2018, se présente avec un effectif expérimenté mais moins dominant. Les Etats-Unis, emmenés par Ilia Malinin, le « roi du quadruple axel », et les champions du monde de danse Madison Chock et Evan Bates, abordent la compétition en favoris.
Ils devront néanmoins compter avec le Japon – finalement 2e à Pékin après la rétrogradation de la Russie –, en quête d’un premier sacre collectif grâce à de solides prétendants en individuel et en couples. Portée par sa triple championne du monde Kaori Sakamoto, le vice-champion olympique 2022, Yuma Kagiyama, et le duo Riku Miura et Ryuichi Kihara, vice-champion olympique en 2022 et champion du monde en 2023 et 2025, la sélection nippone vise le podium dans plusieurs catégories.
La France veut rattraper le temps perdu
Pays hôte, l’Italie compte sur son public et son équipe homogène pour s’offrir une médaille, tandis que la France effectue dans l’épreuve un retour ambitieux. Sixième à Sotchi en 2014, puis dixième à Pyeongchang en 2018, il y a quatre ans, la sélection tricolore avait été écartée à Pékin, faute d’avoir obtenu des quotas dans les catégories femmes et couples – le règlement exige d’être représenté dans au moins trois des quatre catégories pour être éligible. Elle aborde donc ce rendez-vous avide de rattraper le temps perdu.
Elle s’appuie cette fois sur une sélection complète composée de Lorine Schild chez les femmes, Kevin Aymoz et Adam Siao Him Fa – respectivement 5e et 4e aux championnats du monde 2025 – chez les hommes, Camille et Pavel Kovalev dans la catégorie couples, ainsi que les duos formés par Evgeniia Lopareva et Geoffrey Brissaud, mais aussi Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron pour la danse sur glace.
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Champion olympique en 2022 et quintuple champion du monde (2015, 2016, 2018, 2019, 2022) avec Gabriella Papadakis aujourd’hui retirée de la compétition, Guillaume Cizeron s’aligne à Milan au côté de sa nouvelle partenaire canadienne naturalisée, Laurence Fournier Beaudry. Ensemble, ils ont été sacrés champions d’Europe en janvier. Si le tandem ne fait pas l’impasse sur cette épreuve – afin de se préserver pour la compétition individuelle où il brigue le titre –, il pourrait permettre à la France de viser la finale, pour laquelle seules les cinq nations cumulant les meilleurs scores à l’issue des programmes courts seront qualifiées. Voire mieux encore.