Longtemps reléguée au second plan, la marche s’impose aujourd’hui comme un véritable levier des politiques de mobilité. Portée par de nombreuses études scientifiques et par des initiatives urbaines en plein essor, elle apparaît comme une alternative crédible à l’usage quotidien de la voiture. Elle est bénéfique à la fois pour notre santé, notre cadre de vie et l’environnement.

On ne le répétera jamais assez, mais la marche est bonne pour la santé, quel que soit l’âge. Reconnue comme une activité physique, accessible pour sa gratuité et bénéfique pour le corps, la marche réduit considérablement les risques de maladie cardiovasculaire, de diabète et d’obésité, tout en améliorant la santé mentale. Qui dit marche dit également baisse de la pollution de l’air et des nuisances sonores. Dans cette optique, la voiture est principalement visée afin de réduire son utilisation quotidienne pour une pratique plus douce. Pour rappel, sept Français sur dix déclarent conduire chaque jour un véhicule motorisé.

Des études qui confirment un potentiel réel

Intégrer la marche dans les déplacements quotidiens est souvent plus impactant que la stricte promotion du sport, comme l’évoquent les autorités. De nombreuses recherches indiquent qu’une proportion importante des déplacements quotidiens en voiture concerne de très courtes distances. En milieu urbain dense, les trajets inférieurs à 1,5 ou 2 kilomètres – soit 15 à 20 minutes de marche – pourraient souvent être effectués à pied. Les études de mobilité montrent que ces trajets courts représentent une part non négligeable des usages automobiles, notamment pour les courses, l’accompagnement scolaire ou certains déplacements domicile-travail.

Quand les villes redonnent la priorité aux piétons

Plusieurs villes européennes illustrent concrètement ce changement de modèle. À Pontevedra, en Espagne, la piétonnisation massive du centre a entraîné une chute spectaculaire du trafic automobile et une explosion des déplacements à pied. Ljubljana, en Slovénie, a transformé son centre-ville en vaste zone piétonne, améliorant l’attractivité et la qualité de l’espace public.

D’autres villes comme Vienne (Autriche), Groningen (Pays-Bas) ou Paris (France) misent sur une combinaison de zones à trafic limité, de réduction du stationnement et de proximité des services ; parfois regroupée sous le concept de « ville du quart d’heure ». Ces expériences montrent que la marche ne remplace pas totalement la voiture, mais qu’elle peut devenir le mode dominant pour de nombreux trajets urbains.

publié le 6 février à 07h00, Thibaut Simon, Media365

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