En 2006,
Jean-Marc Morandini, qui a été condamné pour corruption de
mineurs, était l’invité de l’émission On ne peut pas plaire
à tout le monde animée par Marc-Olivier Fogiel. Il venait
alors présenter son livre Télé vérité – Parents : vos
enfants sont en danger. Un ouvrage consacré à la
place de la télévision dans la vie des plus jeunes. Mais surtout
aux responsabilités parentales face aux images diffusées en prime
time.
Dès le début de la séquence, le débat s’installe sur un terrain
sensible. La violence, le sexe et le voyeurisme à
la télévision. Jean-Marc Morandini alerte sur ce qu’il considère
comme une perte de repères. L’animateur estime que certains
programmes ne devraient pas être regardés par des enfants
de moins de 13 ans, même lorsqu’ils sont accompagnés.
Quand Jean-Marc Morandini critique frontalement des programmes
: ‘‘Est-ce qu’à 12 ans…’’
Au fil de l’échange,
Jean-Marc Morandini, qui fait face à de nouvelles accusations,
dénonce ce qu’il qualifie de ‘‘voyeurisme à l’état pur’’.
Il accuse la télévision commerciale d’aller toujours plus loin pour
capter l’audience. ‘‘Ça ne date pas d’aujourd’hui, ça fait
plusieurs années que c’est comme ça, mais c’est vrai que ça a
tendance à s’amplifier.’’ affirme-t-il sur le
plateau.
Jean-Marc Morandini cite notamment certaines séries diffusées en
début de soirée. ‘‘J’ai regardé The Shield, interdite aux moins
de 12 ans, ça commençait par une scène de viol. Est-ce qu’à
12 ans, on doit mettre un enfant devant une scène de viol
?’’ interroge-t-il, évoquant aussi Les
Experts ou FBI. Pour lui, le problème n’est pas tant
l’existence de ces contenus mais leur horaire de diffusion. Selon
lui, elles sont incompatibles avec un jeune public.

Un débat ancien sur le rôle des parents
et de l’éducation
Face à lui,
Marc-Olivier Fogiel, qui s’est confié sur ses enfants,
relativise. Il rappelle que ce débat existe depuis des décennies.
‘‘On a tout le temps dit ça de la télé.’’ souligne-t-il en
évoquant notamment la notion de catharsis, selon laquelle la
violence vue à l’écran pourrait au contraire canaliser
certaines pulsions. Jean-Marc Morandini s’appuie alors sur
des études pour défendre sa position. Il cite notamment des
chiffres publiés par le magazine Science sur l’impact du
temps passé devant la télévision.
‘‘Quand un gamin de 12 ans voit des viols le soir à
la télévision, dans sa tête, il y a une
banalisation.’’ explique-t-il en insistant sur la
nécessité d’un accompagnement parental plutôt que sur
l’interdiction pure et simple. Pour l’auteur, la solution passe par
l’éducation aux médias. ‘‘On apprend tout aux enfants à
l’école, mais on ne leur apprend pas à regarder la télé.’’
regrette-t-il. L’animateur de CNews estime qu’il faudrait
donner aux jeunes les clés pour comprendre et analyser les
images.