Le futur établissement nantais a été désigné projet d’intérêt général. Seule la demande d’autorisation environnementale manque encore au dossier, avant les premiers coups de pelle attendus cet automne.

Les retours en majorité négatifs de la consultation publique n’y auront rien changé. Le préfet de Loire-Atlantique, Fabrice Rigoulet-Roze, a signé mercredi 4 février un arrêté désignant comme projet d’intérêt général le futur centre de rétention administrative (CRA) censé voir le jour à Nantes. Cette désignation permettra de garantir la réalisation de cet établissement spécialisé dans l’accueil des immigrés clandestins ou sans-papiers – dont des personnes sous OQTF – présentant des risques de fuite, malgré les conclusions largement négatives de la consultation publique organisée du 1er décembre au 5 janvier.

D’un coût de 39 millions d’euros, le chantier du futur CRA de Nantes avait été annoncé en octobre 2022, après une rencontre organisée sur le thème de l’insécurité entre le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, et la maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland. Doté de 140 places, il s’agira du plus grand établissement de ce type dans le Grand Ouest. Son chantier s’inscrit dans le cadre du cap fixé par le ministère de l’Intérieur visant à construire 3000 places en CRA à l’horizon 2027.


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Opposition de principe de la maire de Nantes

Après avoir longtemps gardé un silence équivoque sur ce projet largement décrié par la gauche et par plusieurs associations, Johanna Rolland avait finalement verbalisé en juillet dernier son «opposition de principe, dans le pays, aux CRA», «comme responsable politique de gauche, comme femme» et «comme citoyenne». Mais pas comme maire de Nantes, faute de manquer de leviers juridiques pour s’opposer au chantier. Réclamée de longue date par le personnel policier nantais, la présence d’un CRA dans l’agglomération permettra notamment de réduire les allers-retours chronophages vers les établissements de Rennes et de Bordeaux.

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La consultation sur la création du CRA avait été mise sur pied à la fin de l’année dernière par la préfecture de Loire-Atlantique, un préalable nécessaire à la désignation du projet comme relevant de l’intérêt général. Le rapport de synthèse de cette consultation a été rendu public le 4 février par la direction de la coordination des politiques publiques et de l’appui territorial. Sur les 1022 contributions reçues par les services de l’État, 961 étaient défavorables. Les motifs d’opposition au projet concernaient en majorité des préoccupations pour les droits des personnes et leurs conditions de rétention, pour les enjeux environnementaux du chantier ainsi que pour son coût financier.

L’opposition de nature environnementale avait gagné en importance à la fin de l’année 2025, après plusieurs mobilisations en faveur de la préservation des zones humides retenues pour le projet. Le terrain retenu, d’une superficie de 4,9 hectares, se trouve sur le secteur de la zone d’aménagement concerté (ZAC) baptisée «Champ de Manœuvre», près de la maison d’arrêt de Nantes-Carquefou. La préfecture s’est engagée à préserver l’espace boisé classé, limitrophe à la parcelle et dont l’avenir faisait l’objet d’inquiétudes. Une demande d’autorisation environnementale du chantier doit encore être délivrée en amont du permis de construire, attendu en juin 2026. L’inauguration du CRA de Nantes n’est pas attendue avant début 2028 au plus tôt.